Le nombre de visites à l'urgence, la durée d'hospitalisation et le nombre de tests médicaux diminuent si les professionnels de la santé communiquent davantage entre eux.

Santé: collaborer plus, soigner mieux

Pour rehausser les soins de santé, les pharmaciens, infirmières et médecins doivent travailler ensemble. C'est ce qu'ont énoncé l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIIQ), le Collège des médecins et l'Ordre des pharmaciens d'une voix commune lundi. Leur sortie a été appuyée par de nombreux autres professionnels de la santé, tels les physiothérapeutes, les nutritionnistes et les travailleurs sociaux.
«Il faut davantage utiliser les compétences, les connaissances et l'expertise de chacun des membres de l'équipe si on veut pouvoir prendre en charge les problèmes de santé de plus en plus complexes des Québécois», croit Lucie Tremblay, présidente de l'OIIQ. 
La collaboration interprofessionnelle a fait ses preuves, souligne-t-elle, ajoutant que le nombre de visites à l'urgence, la durée d'hospitalisation et le nombre de tests médicaux diminuent si les professionnels de la santé communiquent davantage entre eux. Pour les malades chroniques, le dialogue infirmières-pharmaciens-médecins permet un meilleur suivi des patients, que ce soit à domicile, dans des établissements de longue durée ou à l'hôpital. 
Vers la communauté
Cette sortie publique veut «réaffirmer une collaboration qui existe déjà. Il y a déjà un travail d'équipe qui se faisait, mais plus en établissements, dans les centres hospitaliers. Mais là, ça s'étend plus vers la communauté», précise Dr Charles Bernard, président et directeur général du Collège des médecins. 
«Il y a toutes sortes de situations où on pourrait améliorer les soins, juste en se parlant, au moins en sachant qui sont les autres personnes dans l'équipe de soins d'un patient», souligne Bertrand Bolduc, président de l'Ordre des pharmaciens. «Il faut que la puck circule entre les joueurs.» 
Pour le moment, explique-t-il, un pharmacien, s'il connaît le nom du médecin qui s'occupe du patient, ne saura pas nécessairement s'il est suivi par une infirmière, un physiothérapeute ou un autre professionnel de la santé. En collaborant avec les professionnels responsables de la santé d'un patient, le pharmacien peut aider à simplifier le traitement d'un patient, dit-il.
«Si on utilise pleinement le champ d'exercice de chacun d'entre nous, ça veut dire que les patients vont avoir accès à des soins plus rapidement. Pendant qu'une infirmière s'occupe des malades chroniques, le médecin peut s'occuper de malades qui autrement, auraient de la difficulté à avoir des soins», explique Lucie Tremblay. «Dans tous les cas, le patient en sort gagnant», conclut-elle.