Gad Elmaleh offre un stand-up dans la pure tradition, sans décor à l'exception d'une chaise et d'une table ronde.

Sans tambour de Gad Elmaleh: les Québécois, une cible de prédilection

«On taquine ceux qu'on aime», dit l'expression. Eh bien, Gad Elmaleh nous porte une affection particulière! Celui qui a habité au Québec plusieurs années s'est moqué sans retenue de nos petits défauts, nous a «niaisés» sans gêne et on y a pris un immense plaisir. Un spectacle où on a ri de bon coeur du début à la fin.
Dans Sans tambour, Gad Elmaleh offre un stand-up dans la pure tradition, sans décor à l'exception d'une chaise et d'une table ronde. L'humoriste d'origine marocaine mise donc essentiellement sur les textes de ses blagues, qui sont à point.
Le spectacle n'est pas statique pour autant, Elmaleh se déplaçant constamment sur scène, s'appuyant quelques fois sur des mimiques pour faire rire et s'adonnant à l'occasion à des pas de danse tout en souplesse.
Pour sa première visite à Québec,  Elmaleh nous a véritablement enchantés. Le spectacle affichait complet peu de temps après la mise en vente des billets. C'est dire à quel point il était attendu. Oui, la salle était conquise d'avance (plusieurs Marocains étaient d'ailleurs de la partie), mais Gad Elmaleh ne s'est pas assis sur sa réputation pour autant, même s'il a 20 ans de carrière derrière lui. Il tourne avec son spectacle Sans tambour depuis 2013 et a offert hier une prestation sans faille.
Plusieurs sujets ont été la cible de l'humoriste : les classiques différences hommes-femmes, les hauts et les bas de la notoriété - il en a profité pour démentir la rumeur voulant qu'il soit séparé de sa compagne Charlotte Casiraghi -, la complexité de la langue française et bien sûr les Québécois.
Il nous a taquinés sur notre accent - entre autres notre façon de dire «souplâ» au lieu de s'il vous plaît -, mais aussi sur le fait que le Québec veuille se séparer du Canada, que Québec n'aime pas Montréal et qu'on n'aime pas trop entendre parler anglais. À ce sujet, il a fait un clin d'oeil à Pierre Karl Péladeau qui avait crié lors d'un spectacle du groupe Groenland : «En français svp!» Elmaleh a fait référence plusieurs fois dans la soirée au nouveau chef du PQ.
Rire des religions
Son numéro le plus costaud a été celui sur les religions, un thème toujours délicat à aborder. Elmaleh a parlé de sa quête de spiritualité et de sa rencontre avec le dalaï-lama. «Qu'y aura-t-il après ma mort?» l'a questionné Elmaleh. «Un coffret DVD et une émission spéciale sur Michel Drucker», lui aurait répondu «M. Lama».
Il a aussi évoqué les différences entre les religions, comme le fait que les musulmans enlèvent leurs souliers dans leur lieu de culte, alors que les juifs doivent porter un bout de tissu sur la tête et que les catholiques ne veulent «qu'un p'tit coup à boire et des chips». Un long numéro sur un sujet pas facile qu'il a réussi haut la main, amenant même le public à entonner des chants religieux.
Sa facilité d'improvisation est ce qui charme le plus chez Gad Elmaleh. Il a une aptitude à attraper au vol les répliques des spectateurs et à les transformer en blagues. Ce faisant, il perd parfois le fil du spectacle, mais se ressaisit rapidement.
En rappel, il est revenu sur scène avec un chapeau aux couleurs du Québec et une guitare. Il a fait monter une certaine Marguerite pour chanter Petit oiseau. Une belle finale!
Notre seul souhait à la fin du spectacle d'hier est que Gad Elmaleh n'attendra pas un autre 20 ans pour revenir nous voir.
Olivier Martineau nerveux
C'est à Olivier Martineau que revenait la tâche de réchauffer la foule. Après avoir fait les premières parties de Jerry Seinfeld, Jamel Debbouze et Anthony Kavanagh, l'humoriste pourra ajouter celle de Gad Elmaleh à sa feuille de route. Il a bien fait rire avec ses blagues sur son statut de célibataire et sa minceur, mais il paraissait nerveux, utilisant même des cartes en appui.