Le nouveau beau livre de Manon Labrie s'intitule Portrait de Québec (GID).
Le nouveau beau livre de Manon Labrie s'intitule Portrait de Québec (GID).

Salon international du livre: Québec, ville inspirante

En plus d'être l'un des plus beaux endroits en Amérique du Nord, Québec est une ville inspirante. C'est ce que m'ont répondu plusieurs écrivains d'ici. Non seulement Québec est une ville inspirante, ont-ils dit, mais c'est aussi une ville de littérature.
Professeur de littérature au Cégep de Sainte-Foy, Jacques Côté signe <em>Le sang des prairies</em> (Alire).
<p>La psychiatre Lyne Vanier a reçu le prix de création littéraire de la Ville de Québec pour le roman <em>Cassée</em> (Porte-Bonheur).</p>
Q Comment la ville de Québec vous inspire-t-elle?
R Marie-Ève Sévigny Elle m'inspire par sa nature et sa vie culturelle, qui dialoguent si harmonieusement. Ainsi que par sa bulle de quiétude qui m'assure un silence nécessaire à la concentration de l'écriture.
R Lyne Vanier J'aime le faubourg Saint-Jean-Baptiste avec ses rues étroites, ses immeubles se soutenant comme des amis qui ont trop fêté, ses clochers et les minuscules parcs qui surgissent au coin de rue quand on attend du béton ou de la brique, et qu'un arbre tout vert nous salue.
R Jacques Côté Elle est au centre de mes projets littéraires, c'est l'espace où je lâche mes créatures. J'y trouve la peinture et les tonalités nécessaires pour mes histoires; du chic et du glauque selon les circonstances. J'aime aussi marcher et courir dans cette ville.
R Manon Labrie C'est en la parcourant inlassablement à pied, en soirée, que cette ville m'inspire. J'observe tout ce qui m'entoure: les rues, les lieux, les monuments, le fleuve, les gens... La ville n'est plus seulement un décor, elle devient un personnage.
R Anique Poitras Québec, c'est une histoire d'amour entre une romancière et un journaliste, entre une mère et son fils, entre une femme et une ville. Une ville enchantée où il fait bon créer des liens et des oeuvres.
Originaire de l'Épiphanie, Anique Poitras est tombée en amour avec Québec et elle s'y est installée. Elle y a écrit<em> La lumière blanche </em>(Québec Amérique).
Animatrice de <em>La promenade des écrivains</em>, à Québec, Marie-Ève Sévigny publie <em>Intimité</em> (Triptyque).
Q Voyez-vous Québec comme une ville de littérature?
R MES Québec est une ville jouissant d'une forte quantité de librairies et de bibliothèques, qui animent la vie de quartier et la vie littéraire. Plusieurs festivals donnent à expérimenter différents genres littéraires. Si l'on ajoute à cela des éditeurs renommés, on conviendra que Québec soit une capitale littéraire dont la Maison de la littérature deviendra bientôt l'épicentre.
R LV À Québec, je retrouve un air chargé de mystère. Il y a de l'histoire. On le sent. Chaque pas résonne de tant d'échos. Québec me séduit surtout par le fait que ce passé a su être mis en valeur et qu'il enrichit notre vie d'aujourd'hui. Québec n'est pas une ville musée, mais une ville dans laquelle on peut toucher l'histoire. Elle est une magnifique ville de littérature.
R JC Oui, elle a un riche passé littéraire, pensons à l'Institut canadien qui a 164 ans. Nous avons des auteurs qui sont reconnus, un réseau de bibliothèques dynamiques, de bonnes maisons d'édition, des directeurs littéraires chevronnés. Il faut aussi mentionner cette école du roman policier à Québec qui fait sa marque avec les Brouillette, Pelletier et Michaud.
R ML Je rêve qu'un jour la littérature fasse partie intégrante du paysage urbain et culturel pour affirmer que Québec est une ville de littérature où les citoyens et les touristes perçoivent son influence.
R AP Québec, c'est accorder une entrevue à un journaliste pour un portrait d'auteure et y trouver un cadre de vie. C'est penser m'inscrire à un cours à l'Université Laval et, au même moment, recevoir la demande d'en donner un.
Q Québec est-il un endroit où il fait bon vivre en tant qu'écrivain?
R MES Quelques mots de Québec utilisés par l'écrivain: fleuve, vent, montagnes, île, infini, traversier, voilier, écluse, cargo, quai, falaise, cap, haute et basse ville, escaliers, côtes, portes, canons, fortifications, citadelle, pierres, monastères, château, terrasse, chapelles, clochers, cimetières, plaines, chevaux, pavés, portes-cochères, mansardes, lucarnes, oriels, ruelles, escaliers, funiculaires, rivière, parcs, jardins, rocailles, ormes, érables, cafés, terrasses, librairies, bibliothèques, galeries d'art, musées, orchestres...
R LV C'est un endroit extraordinaire pour qui aime écrire. Il suffit d'un rayon de soleil sur une boîte à fleurs, une fenêtre ouverte qui laisse échapper des notes de musique, l'odeur du pain frais et du café qui flotte autour d'un petit bistrot, des amoureux qui se tiennent par la main.
R JC Et comment! On y retrouve l'une des meilleures qualités de vie au monde. Je vis juché sur le coteau Sainte-Geneviève dans une rue cul-de-sac. C'est aérien, splendide! Y a même un épervier de Cooper qui vient de temps à autre derrière ma maison.
R ML J'aime Québec parce que les gens que j'y côtoie, les discours que je lis et que j'entends, les événements culturels auxquels j'assiste utilisent la langue qui m'anime, m'inspire et m'émeut. Le caractère exceptionnel de cette ville nourrit mes écrits.
R AP C'est inventer une chanson par soir à mon fils pendant neuf ans. Faites le calcul! Certaines ont mené à un livre.
Q L'avenir de la littérature pour Québec?
R MES Quand je vois la quantité de jeunes auteurs qui animent les scènes poétiques, publient dans des revues ou dans des maisons d'édition reconnues, reçoivent des prix, quand je vois l'essor qu'a donné le programme Première ovation, je me dis que cet avenir ne fait que commencer.
R LV Québec inspirera toujours les écrivains mais certains tirent le diable par la queue... Ils doivent travailler de longues heures dans des emplois sans lien avec la littérature parce que les revenus provenant de leur création sont insuffisants. Et quand leur livre sort en librairie, il ne reste que quelques semaines sur les tablettes. Il faut toujours faire de la place aux nouveautés.
R JC Je suis optimiste. Notre Salon du livre est une belle vitrine. Nous avons des organismes engagés dans la promotion de la littérature. L'Institut canadien multiplie les activités et le programme Première Ovation permet aux jeunes écrivains d'être parrainés. La Maison des écrivains sera un atout.
R ML Je suis persuadée que Québec ne cessera d'inspirer les auteurs. C'est une ville qui évolue et qui se modernise tout en conservant sa richesse historique. Cette synergie stimule la création.
R AP Je suis encore trop jeune et pas assez sage pour me prononcer. Avec les médias sociaux, les gens n'ont jamais autant écrit et lu, mais est-ce au détriment des oeuvres littéraires?
Q Votre livre fétiche?
R MES Douze contes vagabonds de Gabriel Garcia Marquez.
R LV L'iguane de Denis Thériault.
R JC Le voyage au bout de la nuit de Louis-Ferdinand Céline.
R ML Carnets de naufrage de Guillaume Vigneault.
R AP Femmes qui courent avec les loups de Clarissa Pinkola Estés.
Séances de dédicaces
Marie-Ève Sévigny: jeudi de 15h à 16h et dimanche de 13h30 à 14h30, stand 419
Lyne Vanier: samedi, de 15h à 17h et dimanche, de 14h à 16h
Jacques Côté: mercredi de 13h30 à 15h et de 19h à 20h30, jeudi de 18h30 à 20h, vendredi de 19h30 à 21h, samedi de 10h à 11h et de 14h à 15h et dimanche de 10h à 11h et de 14h à 15h30, stand 638
Manon Labrie: vendredi de 17h à 18h, samedi de 11h à 12h et dimanche de 10h à 11h, stand 125
Anique Poitras: mercredi de 11h à 12h et dimanche de 11h à 12h, stand 305