Série noire

Saison d'hiver à la télé: l'heure est au bilan

Entre une Voix encore plus puissante, de Beaux malaises qui font du bien, des fins de soirée En mode Salvail, des Jeunes loups forts en gueule et une Série noire au comble de l'absurde, il faut faire des choix. On reste? On abandonne? Le temps est au bilan.
Les beaux malaises
9/10
Les malaises de Martin Matte me font drôlement du bien, même quand il va (presque) trop loin. Et il arrive à nous toucher, comme dans l'épisode où il rend visite à un jeune malade. Incapable de regarder mon grille-pain sans penser au sien, et à son obsession maladive à le faire réparer. Tout marche dans cette série : le couple et leurs enfants, les comédiens, tous justes, les textes, vraiment drôles, la réalisation de Francis Leclerc, très soignée pour une comédie. Mon chouchou de la classe. À TVA.
La voix
8,5/10
Déjà de qualité l'an dernier, l'émission de Charles Lafortune est encore meilleure cette année. On ne pouvait rêver d'un meilleur quatuor de coachs, et comme plusieurs, j'ai une préférence pour Louis-Jean Cormier, qui remplit sa tâche avec un aplomb étonnant et toujours audacieux dans ses choix et dans ses commentaires. On a douté, à tort, des capacités d'Éric Lapointe, qui donne un show divertissant. Un peu moins de misère humaine, un peu plus de voix, et tout le monde est content. À TVA.
En mode Salvail
8,5/10
Je ne vais plus dormir sans avoir vu le talk-show d'Éric Salvail, qui surprend chaque soir. Drôle et parfaitement dans son élément, l'animateur prend un plaisir contagieux à arracher des confidences à ses invités, tous visiblement ravis d'être là, malgré les fauteuils peu confortables. Et ça donne des entrevues aussi imprévisibles qu'avec Guy Jodoin et François Morency, déchaînés tous les deux. Salvail obtient même des scoops de ses invités, un bon moyen de faire jaser. Espérons que V aura la patience de lui donner le temps de créer l'habitude. À V.
Série noire
8,5/10
Oui, j'ai adhéré au Marc Arcand World. Impossible de décrire avec justesse cet ovni de notre télé, qui ne ressemble à rien de ce qu'on a pu voir. On a hélas parlé davantage des faibles cotes d'écoute (une moyenne de 564 000 fidèles) que de la qualité de l'oeuvre, de ses revirements complètement fous, mais dont les personnages secondaires volent la vedette aux principaux. Anne-Élisabeth Bossé est irrésistible en Charlène, Louise Bombardier et Guy Nadon, tous deux impayables, et bien entendu Marc Beaupré, puissant en Marc Arcand, un personnage qui transcende toute vraisemblance mais qu'on croit. Une solide direction d'acteurs, et les auteurs passent de l'absurde à la violence avec une aisance hallucinante. Prions pour qu'il y ait une suite. À ICI Radio-Canada Télé.
<p><em>Les Beaux Malaises</em></p>
Fort Boyard
8/10
La nouvelle formule du tournoi entre les deux animateurs a vivifié le concept sans le dénaturer. Surpris par l'aisance de Dave Morissette, qui sort de sa zone de confort. Bon dosage entre de nouvelles épreuves et celles qu'on souhaitait revoir. Seule déception : pourquoi avoir sorti le père Fouras de sa lumineuse tour pour l'enfermer dans une pièce sombre et lugubre? Disons que la haute définition ne convient pas très bien à son magnifique teint. L'épisode où Guy Jodoin concourait avec sa conjointe avant leur séparation - l'émission a été tournée l'été dernier - comportait forcément quelques malaises, notamment lorsque l'ex y est allée de cette blague à Dave Morissette : «Tu veux pas déjà qu'on divorce!» À TVA.
Ces gars-là
8/10
Il manquait de comédies comme Ces gars-là dans notre télé. Sugar Sammy et Simon-Olivier Fecteau, qui m'avaient fait crouler de rire aux Olivier, ont trouvé le ton juste, assez acerbe, absurde mais jamais trop loin de la réalité. Le duo dit tout haut ce qui ne se dit pas. Les parents de Sam sont truculents, et l'épisode dans lequel Simon pourchasse un internaute qui l'a insulté sur Facebook est savoureux. Ces gars-là, je les adopte pour les 10 prochaines semaines. Début lundi à 20h sur V.
Ma vie après le sport
7,5/10
Il y a quelque chose de triste de voir de grands athlètes retourner dans l'anonymat après leur courte carrière, et cette série nous permet de savoir où ils en sont. Les Annie Pelletier, Sylvie Bernier, Stéphane Richer se confient avec franchise et générosité, et on saisit l'ampleur du parcours qu'ils ont traversé. Autre vision d'athlète qui valait le détour, à Super Écran celle-là, le documentaire The Crash Reel : l'histoire de Kevin Pearce, sur l'obstination de l'ex-champion de surf des neiges américain. Une oeuvre-choc qui ébranle, à voir à Télé-Québec.
<p><em>Fort Boyard</em></p>
C'est ma toune
7/10
Il règne une ambiance du tonnerre sur ce plateau, qui rappelle l'euphorie de La fureur. Plus posés que Gregory Charles au Choc des générations, Marie-Ève Janvier et Jean-François Breau forment un beau duo d'animateurs, n'hésitent jamais et sont franchement sympathiques. J'adore le jeu du lipsync. Dommage toutefois qu'on demande aux invités de raccourcir leurs chansons pour donner plus de temps au jeu. À ICI Radio-Canada Télé.
Les jeunes loups
6/10
Écris ce que tu penses, mais pense avant d'écrire, m'aurait dit Claudie St-Laurent. Tout le monde a son opinion sur cette série suivie en moyenne par rien de moins que 1 632 000 téléspectateurs. Une oeuvre qui ne fait pas dans la subtilité mais qui va droit au but à coups de phrases-chocs, une bonne dose de sexe et des personnages pour la plupart caricaturaux. Plusieurs acteurs surjouent, mais pas Luc Picard, qui rend son personnage d'alcoolo presque attachant. «On passe tous pour une gang de bandits», se plaint à un moment la mère du jeune Toussaint, qui n'a pas su si bien dire, les ethnies étant souvent montrées comme les méchants de la série. La note n'est pas très élevée, mais l'auteur Réjean Tremblay l'a dit : il n'écrit pas pour les journalistes. À TVA.
<p><em>La voix</em></p>
Unité 9
9,5/10
Les femmes de Lietteville font les pires conneries, mais on ne peut s'empêcher de les aimer. Leur révolte de l'hiver a ébranlé la direction et le personnel, enfermés dans des méthodes qui n'atteignent visiblement pas leur but. On se méfiait du nouveau psy (Luc Guérin), mais on se rend compte qu'il voit mieux à travers les détenues que bien de ses collègues. J'aimerais voir davantage Shandy, Élise et Jeanne, des personnages sous-exploités. À ICI Radio-Canada Télé.
30 vies
8,5/10
Ce n'est pas parce qu'on voit souvent Benoît Brière en comédie qu'il est incapable de jouer du drame, et on en a une belle preuve ici. Son Michel Marcotte est attachant, donne envie d'apprendre et sert d'inspiration. Mention spéciale au jeune acteur Théodore Chouinard-Pellerin, touchant et convaincant dans le rôle de Sammy, et dont on n'a certainement pas fini d'entendre parler. À ICI Radio-Canada Télé.
<p>Ma vie après le sport</p>
Deux hommes en or
7,5/10
Le numéro d'ouverture ne déborde pas de naturel, mais les entrevues nous en apprennent très souvent sur des personnalités qu'on a pourtant déjà vues partout. Bonne nouvelle : l'émission sera prolongée au printemps. À Télé-Québec.
Les gars des vues
7,5/10
Toujours impressionnant ce que ces Satiriques arrivent à faire. Rien à dire sur leurs effets spéciaux, chaque fois spectaculaires, mais moins certain du premier segment, où les fausses réunions de production manquent franchement de naturel. Beaucoup aimé l'épisode avec Jean-Luc Mongrain, qui a joué le jeu à fond et fait un acteur pas si mal, tout compte fait. À Télé-Québec.
<p><em>Deux hommes en or</em></p>
Sotchi 2014 - Jeux olympiques d'hiver
7,5/10
L'équipe d'ICI Radio-Canada Télé accomplit dans l'ensemble un travail impeccable, même si le vocabulaire de plusieurs des nouveaux analystes laisse sérieusement à désirer. On nous promet moins de pubs à la cérémonie de clôture, espérons qu'on tiendra parole.
Mémoires vives
8/10
Les fans de Providence sont servis par les liens tordus qui se multiplient, du pur Chantal Cadieux, pour qui le mot impossible n'existe pas. Quand vous pensez avoir trouvé la clé, c'est que l'auteure vous a joué un sale tour. J'ai la certitude que Laurie ne peut pas être morte, mais qui sait ce que nous réserve l'auteure? À ICI Radio-Canada Télé.
<p><em>Unité 9</em></p>
SNL Québec
7,5/10
Coup de coeur pour les comédiennes de notre version bien à nous du mythique Saturday Night Live, particulièrement pour Katherine Levac, la révélation du groupe, hilarante en Paidge Beaulieu, anglophone spécialiste de l'amour, dans les Nouvelles SNL. Il y aurait un effort à mettre sur les textes, le «maillon faible» de l'émission, mais dans l'ensemble une première qui promet un bel avenir. À Télé-Québec.
Scandale
8,5/10
Je comprends l'engouement pour cette série américaine, qui suit le quotidien d'Olivia Pope et de son équipe de spécialistes en gestion de crise. Attention, ça rend accro. À Séries+.