Spectacle fort apprécié au dernier Carrefour de théâtre, Danse de garçons sera présenté à six reprises. Il s'agit d'une première collaboration du Périscope dans le monde de la danse avec la Rotonde.

Saison 2014-2015 du Périscope: foisonnant périple

La saison 2014-2015 du théâtre Périscope s'ouvrira sur Le périple, celui de l'Ubus Théâtre d'Agnès Zacharie et son autobus scolaire transformé en scène roulante. Elle se poursuivra avec d'autres histoires d'errances, d'exils, et quelques bombes en réserve.
De l'aveu même de Frédéric Dubois, coordonnateur artistique du théâtre logé au coin de Salaberry et de Crémazie, le terme foisonnant n'a jamais aussi bien collé à la programmation que celle présentée lundi.
En septembre, l'autobus jaune de l'Ubus Théâtre s'arrêtera tout près du Périscope pour embarquer les spectateurs le temps d'un spectacle de micro-marionnettes. Le périple est la toute première création de la compagnie, écrite en 2004 par Agnès Zacharie et mise en scène par Martin Genest. Elle raconte l'histoire du père de l'auteure, «une histoire d'errance, de passage, mais aussi de passation et d'héritage», détaille le coordonnateur artistique.
C'est le Théâtre des Fonds de Tiroirs qui occupera l'intérieur du Périscope le même mois, avec La famille se crée en copulant, une pièce de l'auteur Jacob Wren, codirecteur artistique du groupe interdisciplinaire montréalais PME-ART. «Au fond, ça pose la question : pourquoi, dans ce monde si chaotique, continue-t-on de faire des enfants?» raconte Frédéric Dubois, qui assurera la mise en scène de cette pièce fragmentaire traitée à la manière d'un cabaret.
Après avoir abordé la catastrophe avec Act of God, à l'affiche présentement, le Théâtre Niveau Parking s'attardera en octobre à la surmédication avec Effets secondaires, de la jeune auteure anglaise Lucy Prebble. «C'est un monde qu'on ne touche pas beaucoup, c'est intéressant de le confronter dans l'axe très humain des choses, plutôt que dans l'axe politique ou économique», pense le coordonnateur artistique.
En novembre, le Périscope réalisera une première collaboration dans le monde de la danse avec la Rotonde. Danse de garçons, qui avait ravi lors du dernier Carrefour de théâtre, sera présentée à six reprises. «Ce sont des comédiens qui ont demandé à Karine Ledoyen de faire une chorégraphie avec eux, pour questionner les thématiques masculines, la place de l'homme dans l'art, dans la société, dans le mouvement.» Un spectacle «viril, touchant, étonnant, avec ces corps-là qui ne sont pas habitués de se déployer dans un univers chorégraphique», poursuit Frédéric Dubois.
Pupulus Mordicus
Au retour des Fêtes, ce sera un tout autre univers qui se déploiera au Périscope. Le Théâtre Pupulus Mordicus viendra présenter une nouvelle création de marionnettes pour adultes avec Méphisto Méliès. Inspiré de l'univers de Georges Méliès, grand cinéaste du XXe siècle, le spectacle mélangera marionnettes, illusions, vidéo, jeux d'ombres et machines imaginaires.
Après le succès de la pièce Les trois exils de Christian E., le Théâtre Sortie de Secours reviendra en février pour présenter le deuxième volet de cette trilogie. Christian Essiambre et Philipe Soldevila se sont associés cette fois-ci à Pierre-Guy Blanchard, musicien, compositeur et comédien acadien. Le long voyage de Pierre-Guy B. explore sa vie tumultueuse, bouillonnante et déjantée. «Cet homme-là, d'une manière très simple, très dépouillée, va nous raconter une tranche de vie. C'est une errance, l'histoire d'un garçon qui voyage et qui se perd», raconte Frédéric Dubois.
En mars, le coordonnateur artistique promet l'avènement d'une vraie «bombe», avec Disparaître ici, une création des Écornifleuses et de tectoniK_ basée sur l'oeuvre de l'auteur américain Bret Easton Ellis, derrière American Psycho. «Ce sera notre show coup de poing, qui sera même un spectacle vendu 16 ans et plus», précise Frédéric Dubois. «C'est plus inspiré de l'élan, de la rage, de la sensibilité de l'auteur, pour se questionner sur le monde d'aujourd'hui.» Une démarche foisonnante, où les codes éclateront.
Expérience interactive
En avril, «on arrivera dans les décombres» avec Moi, dans les ruines rouges du siècle, présentée ces dernières années au Théâtre d'Aujourd'hui à Montréal, poursuit Frédéric Dubois. Un texte et une mise en scène d'Olivier Kemeid, qui a accepté de raconter la vie extraordinaire de son ami Sasha Samar, un comédien d'origine ukrainienne établi au Québec. «On suit cette grande marche-là de quelqu'un qui veut se trouver, qui veut trouver mieux, mais qui se rend compte que le mieux n'est parfois pas là où on pense. C'est un voyage formidable, très touchant», détaille le coordonnateur artistique.
La saison du Périscope se terminera avec le NoShow : un show-must-go-on, reprise d'un spectacle du dernier Carrefour de théâtre. Une expérience interactive concoctée par le collectif Nous sommes ici et le théâtre DuBunker qui posent la question suivante : quelle valeur accordez-vous au théâtre?
Frédéric Dubois en a profité pour annoncer le retour du Festival du Jamais lu, en novembre et décembre, qui se concentrera uniquement au Périscope cette année. Le théâtre de la rue Salaberry recevra aussi plusieurs artistes pour des résidences de création, dont Robert Lepage, en novembre. Un retour aux sources pour celui qui a fait partie de la création du Périscope avec le Théâtre Repères.