François Legault serait dans le camp du Non si un référendum avait lieu demain matin, mais refuse de se décrire comme un fédéraliste.

«Sacrez-moi patience» avec le référendum, dit François Legault

François Legault en a soupé d'être cuisiné sur sa position constitutionnelle à cheval entre le Oui et le Non. «Les deux options se valent», soutient le chef «nationaliste» que le débat référendaire commence à exaspérer.
«Je vais tout faire pour ne pas qu'il y ait un référendum», a-t-il juré à nouveau, lundi, après que son opposant libéral, Philippe Couillard, ait évoqué son «fond» souverainiste.
«S'il y en a un [référendum], a-t-il poursuivi, je vais voter Non. Mais sacrez-moi patience avec ce sujet-là. Les Québécois ne veulent pas en entendre parler.»
Le chef caquiste refuse de se décrire comme un fédéraliste même s'il se réclame du camp du Non. «Ce n'est pas le temps pour un référendum, dit M. Legault. [...] Si demain matin, il y a un référendum, je voterai Non parce que ce n'est pas le bon moment.»
À son avis, le chef du Parti libéral du Québec (PLQ) tire dans toutes les directions en désespoir de cause comme si «sa dernière bouée de sauvetage était de faire peur aux Québécois avec un référendum».
La Coalition avenir Québec (CAQ) veut garder toutes les options ouvertes pour le Québec sur le plan constitutionnel, plaide-t-il. Elle veut accroître le pouvoir de négociation du Québec en améliorant sa situation économique. Une façon d'avoir «le gros bout du bâton». Le parti rassemble des souverainistes et des fédéralistes qui acceptent de mettre la question nationale de côté pour une dizaine d'années, le temps de rattraper le niveau de richesse de nos voisins. «Actuellement, il faut se concentrer sur l'économie», martèle M. Legault.
La CAQ entend toutefois réclamer des «pouvoirs additionnels» d'Ottawa, notamment en matière de culture, de langue et d'environnement.
Couillard en ajoute
Mais le chef libéral Philippe Couillard, dont le parti fait le plein d'électeurs caquistes selon les sondages, exploite «l'ambivalence» de la position caquiste. «Je pense qu'il est souverainiste, M. Legault, dans le fond», a affirmé Philippe Couillard, lundi.
«M. Legault n'est pas capable de nous dire ce qu'il veut», a lancé M. Couillard lors d'un point de presse une fois de plus monopolisé par des questions sur la place du Québec dans le Canada.
«M. Legault est toujours assis sur la clôture. Ça peut être piquant des fois rester assis longtemps sur une clôture», a illustré le chef du Parti libéral.
M. Couillard s'est bien défendu d'adopter la même position que la CAQ sur la question constitutionnelle. Dimanche à Montréal, il avait dit que la position de son parti «c'est la même chose» que celle de M. Legault.
Lundi, le chef libéral a dit avoir probablement «mal compris la question». Il partage, reconnaît-il, la position de M. Legault sur le fait qu'il n'y a pas d'urgence à rouvrir le dossier constitutionnel. Mais là s'arrête la comparaison, a-t-il assuré.
«Ce que j'ai dit, c'est qu'on a dit tous les deux que la question constitutionnelle n'est pas une priorité, a-t-il rectifié. Cependant M. Legault, à ce que je sache, n'a pas de position sur le statut du Québec. Je ne l'ai jamais entendu se prononcer de façon positive et ferme sur le fait que pour le Québec, l'appartenance à la fédération canadienne est le meilleur levier de développement. Nous, on le dit», a tranché M. Couillard.