Le président du Conseil du trésor, Sam Hamad, peut en dire long sur le RVER, puisque c'est lui qui a lancé l'idée de ce régime dès 2010, avant l'élection du Parti québécois à la tête du gouvernement.

RVER: 2016, année charnière, selon le ministre Hamad

L'implantation du nouveau régime volontaire d'épargne-retraite (RVER) connaît en 2016 une «année charnière», selon le président du Conseil du trésor, Sam Hamad.
Celui qui était jusqu'à tout récemment ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale peut en dire long sur le RVER, puisque c'est lui qui a lancé l'idée de ce régime dès 2010, avant l'élection du Parti québécois à la tête du gouvernement.
M. Hamad signale qu'au Québec, «30 % des travailleurs n'ont aucun régime de retraite». Le RVER doit donc permettre à quelque deux millions de travailleurs québécois qui n'ont aucun régime complémentaire de retraite - communément appelé «fonds de pension» - d'adhérer à un régime d'épargne par l'entremise de leur employeur.
Quelque 90 000 entreprises comptant cinq employés et plus sont visées par la Loi sur les régimes volontaires d'épargne-retraite, adoptée en juillet 2014. Les entreprises comptant 20 employés et plus doivent se conformer à cette nouvelle loi d'ici le 31 décembre 2016 (voir tableau plus bas). Voilà pourquoi il s'agit d'une «année charnière» aux yeux de Sam Hamad.
Lors de l'entrevue avec Le Soleil, M. Hamad, qui était toujours ministre de l'Emploi, signalait que «la RRQ [Régie des rentes du Québec] prévoit des campagnes de sensibilisation cette année» afin de mieux faire connaître le RVER et les obligations des employeurs. S'il convient qu'il reste encore de nombreuses entreprises qui doivent se conformer en cours d'année, M. Hamad se réjouit que déjà 1375 employeurs offrent un RVER à leurs employés, selon les chiffres fournis par la RRQ au 31 décembre 2015.
Un «incitatif» pour les employés
Mais quel est l'avantage pour les entreprises d'offrir un RVER plutôt qu'un «fonds de pension» conventionnel? Essentiellement, «les frais de gestion sont très faibles», indique le ministre Hamad. De plus, l'employeur n'a pas l'obligation de cotiser au régime.
Toutefois, dans le contexte actuel de rareté de la main-d'oeuvre, le fait que des PME cotisent au RVER de leurs employés représente un incitatif de rétention intéressant, soulève M. Hamad.
Adhésion volontaire
Du côté des employés, l'adhésion au RVER est, comme son nom l'indique, «volontaire». Ou plutôt, l'adhésion est automatique, mais l'employé peut ensuite y renoncer en le signifiant simplement à son employeur.
À ce sujet, Sam Hamad met en garde contre la «pensée à court terme», soit la tentation de dépenser plutôt que de mettre de l'argent systématiquement de côté. «L'endettement, c'est le pire ennemi des citoyens et aussi le pire ennemi du régime. Il faut penser qu'on vit maintenant aussi longtemps à la retraite que sur le marché du travail. On veut éviter que les gens se retrouvent en situation de pauvreté à la retraite.»
Pour plus de détails sur le RVER, consultez le site de Retraite Québec: goo.gl/TA50YA
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EN CHIFFRES
1375 entreprises offrent un RVER au 31 décembre 2015, comparativement à 355 au 31 décembre 2014
10 000 employés ont adhéré à un RVER au 31 décembre 2015, comparativement à près de 900 au 31 décembre 2014
Source: Régie des rentes du Québec
Date limite pour instaurer un RVER
Entreprises de 20 employés visés ou plus: 31 décembre 2016
Entreprises de 10 à 19 employés visés: 31 décembre 2017
Entreprises de 5 à 9 employés visés: date ultérieure au 31 décembre 2017 (à déterminer par le gouvernement)
Entreprises de 4 employés et moins: pas d'obligation d'offrir le régime
Note: On entend par «employé visé» les travailleurs âgés d'au moins 18 ans et qui comptent un an de service continu au sens de la Loi sur les normes du travail.