De la variété et de l'inédit attendent les festivaliers sur Saint-Joseph.

Rue Saint-Joseph: deux carnavals en un

Pour sa 60e présentation, le Carnaval de Québec retourne à la rue. Au passage, il joint ses forces à celles de son pendant alternatif, le Off Carnaval, et ce, pour la première fois. De la variété et de l'inédit attendent donc les festivaliers qui emprunteront la rue Saint-Joseph et visiteront Le Cercle, maître d'oeuvre du Off Carnaval, jusqu'au 16 février.
<p>Un tournoi de hockey-bottines est organisé le 8 février sur le parvis de l'église Saint-Roch.</p>
«On vous offre notre emblème pour porter ça un peu plus loin.» C'est ce qu'a proposé le Carnaval à l'organisation du Cercle pour l'inciter à embarquer dans l'aventure carnavalesque. «Ils nous ont ouvert des portes. On trouvait ça gentil de leur part», indique Édouard Garneau, responsable des communications au Cercle. «De savoir qu'ils nous offraient une porte d'entrée dans leur programmation alternative, ça cadrait avec nous. [...] On voit ça comme une opportunité plus que comme une menace.»
Et selon lui, cette association bénéficiera également au Carnaval de Québec. «On bonifie ce que le Carnaval offre en matière de musique, en matière d'événements.»
Sur la scène du Off
Parmi les musiciens qui se produiront sur la scène du Cercle durant le cinquième Off Carnaval, mentionnons Random Recipe, Dance Laury Dance et Alex Nevsky. Tim Hecker, une sommité mondiale en musique électronique-ambient, sera également de la partie. «On est vraiment fiers de recevoir Tim Hecker, un des plus gros artistes dans l'électronique-ambient au Canada, même au monde. Pour ceux qui connaissent ce genre de musique là, c'est vraiment big», assure Édouard Garneau.
Revengeance et bottines
Le Off Carnaval propose également des activités qui sortent du cadre musical, dont sa désormais notoire Revengeance des duchesses. La soirée de lancement de cette nouvelle tradition a eu lieu hier soir, alors que le couronnement se tiendra le 14 février au Cercle. Entre ces dates, huit duchesses alimenteront un blogue dans le but d'être élues Reine de la Revengeance.
Pour sa part, la Société de développement commercial (SDC) du centre-ville de Québec organise un tournoi de hockey-bottines sur le parvis de l'église Saint-Roch le samedi 8 février. Seize équipes devront s'affronter sur une des trois patinoires qui y seront installées.
Et dans ces 16 équipes, «on vise d'abord les gens des bureaux», explique Éric Courtemanche, président de la SDC du centre-ville. «L'objectif est que les gens des bureaux, avant de retourner à leur banlieue le soir, s'approprient encore plus la rue Saint-Joseph. C'est déjà fait un peu, mais on veut les embarquer de plus en plus.»
Et c'est confirmé : le maire Régis Labeaume enfilera ses bottines le 8 février pour faire gagner son équipe, nommée en son honneur.
Les matchs de hockey seront suivis d'un 5 à 7 au Boudoir, durant lequel sera remise la coupe Nouvo Saint-Roch. Et les ambitions sont grandes pour l'avenir du tournoi. «Notre souhait, c'est que ça devienne un événement annuel. Dans notre rêve le plus fou, j'imagine très bien la rue Saint-Joseph pleine de patinoires. Dans quelques années, on aimerait ça que la rue Saint-Joseph soit une longue patinoire de hockey bottine», imagine M. Courtemanche
***
Vous voulez y aller?
• Spectacle de Random Recipe:  le 31 janvier à 21h au Cercle
• Tournoi de hockey-bottines: le 8 février de 8h à 17h sur le parvis de l'église Saint-Roch
• Spectacle de Tim Hecker: le 13 février à 21h au Cercle
• Soirée de couronnement de la Revengeance des duchesses: le 14 février de 20h à 3h au Cercle
<p>La vocation commerciale de la rue Saint-Joseph ne date pas d'hier.</p>
Un secret bien gardé
125 boutiques en 1900
La vocation commerciale de la rue Saint-Joseph ne date pas d'hier. Dès la fin du XIXe siècle, elle était considérée comme l'artère commerciale principale de la ville de Québec. En 1900, 125 boutiques y ont d'ailleurs pignon sur rue. L'avènement de l'automobile crée toutefois son lot de problèmes, avec entre autres les embouteillages qui deviennent nombreux. Pour remédier à la situation, le conseil municipal approuve l'élargissement, en 1928, des rues Fossés et Charest pour créer le boulevard Charest.
***
<p>Édouard Garneau: responsable des communications au Cercle</p>
<p>Marjorie Champagne</p>
Ce qu'ils en disent...
> Édouard Garneau: responsable des communications au Cercle
«Pour nous, les Rues carnavalesques étaient le retour du Carnaval à la rue. En voulant souligner ce move-là, on a décidé d'embarquer. [...] On ne voit pas de guerre là-dedans, contrairement à ce que les gens peuvent penser. On n'a jamais axé notre promotion là-dessus. Ça fait cinq ans qu'on ne parle pas du Carnaval dans le Off Carnaval.»
> Marjorie Champagne: reine mère et porte-parole de la Revengeance des duchesses
«Il y a une bonne différence entre les duchesses du Carnaval et nous. Eux, elles font des projets entrepreneuriaux. Nous, on fait de l'art, de la poésie, de la photo, de la vidéo. Mais c'est parfait! Notre existence est encore justifiée. On propose un modèle différent de femmes. [...] Nos duchesses ne représentent pas un événement. Ce ne sont pas les duchesses DU Carnaval. C'est la Revengeance des duchesses. S'il n'y a pas de duchesses, il n'y a pas d'événement. Se servir de la femme pour une représentation pour un événement, c'est facile. Mais on ne veut pas que les duchesses du Carnaval se trouvent attaquées par nous. On les trouve courageuses de prendre la place publique. On ne veut pas qu'elles se sentent persécutées.»
<p>Éric Courtemanche</p>
> Éric Courtemanche: président de la Société de développement commercial du centre-ville de Québec
«Je pense que c'est important que le Carnaval soit un événement qui réussisse à Québec. Il y a plusieurs événements qui font que Québec est sur la map. Mais dans les dernières années, on a senti que le Carnaval était plus tiède, pour rester poli. Nous, ça fait longtemps qu'on veut que le Carnaval se réapproprie ses rues principales. Je ne pense pas qu'on serait bons joueurs de ne pas embarquer, même si tout n'est pas parfait cette année. [...] L'année prochaine, on travaillera pour que ce soit bonifié, mais cette année, c'est ça. C'est loin d'être parfait, mais on va être là.»