Ron ron, petit patapon...

C'est peut-être vrai, ce que nous a appris hier un sondage de la CBC, à savoir que la moitié des anglophones et des allophones du Québec ont envisagé de nous quitter au cours de la dernière année. Mais si la menace d'un troisième référendum crée un tel malaise ici, ce n'est pas le cas ailleurs au pays. À preuve, ce petit renvoi en page 2 du Globe and Mail de mercredi : «Le PQ, qui se dirige vers une autre campagne électorale provinciale, vante encore une fois les avantages de la sécession. S'il vous plaît, réveillez-nous quand ce sera terminé...»
Est-ce révélateur de l'état d'esprit dans le ROC (Rest of Canada)? Ron ron little patapon? Cela n'empêcherait pas The National Post de faire du Quebec bashing pendant la campagne électorale. Mais cela indiquerait aussi que le rapport de force du gouvernement du Québec avec ses partenaires canadiens n'est pas à notre avantage.
Le renvoi du Globe annonçait la chronique de Jeffrey Simpson, un journaliste qui connaît bien le Québec. Son texte illustre à quel point on ne prend plus au sérieux nos intentions souverainistes dans son milieu. Serait-ce qu'à force de crier au loup, on a perdu en crédibilité? Nous serions bien loin de la stratégie du «couteau sous la gorge» évoquée par Léon Dion pour forcer la main du ROC.
Si le sujet se heurte à l'indifférence ailleurs au pays, les Québécois, eux, ne pourront éviter le débat. Philippe Couillard a lancé la question avant même que les partis s'avancent sur la ligne de départ, et il n'est pas seul. Le ministre Yves-François Blanchet a dû se défendre hier d'avoir déclaré devant les jeunes péquistes de l'Université du Québec à Montréal que le Parti québécois tiendrait un référendum au cours de son prochain mandat.
C'est le président du comité des jeunes du PQ, Alexandre Vaillant, qui lui a mis ces mots dans la bouchesur Twitter. L'incident a amenéle ministre et son collègue Jean-François Lisée à inventer une nouvelle ligne de presse : «Il n'y a jamais eu de cycle péquiste sans consultation sur la souveraineté.»
Est-ce que l'élection d'un gouvernement Marois majoritaire inscrirait le Québec dans un «cycle péquiste»? On n'aura certainement pas la réponse à cette question en campagne électorale.
Les Hydro-Québécois
Faut-il croire les spécialistes qui soutiennent que nos surplus d'électricité sont tels que le gouvernement devrait mettre un terme à ses investissements dans l'éolien, et même freiner ses projets hydroélectriques? Le constat vient de la Commission sur les enjeux énergétiques, créée par le gouvernement Marois, mais dont le rapport a vite été tabletté. Il n'est pas question d'arrêter ces projets, surtout pas avant une campagne électorale où l'on promet des emplois aux régions!
Les auteurs de ce rapport ont peut-être raison, mais ils ont peut-être tort. C'est vrai qu'on a trop d'électricité actuellement, mais quelle sera la situation dans 5 ou 10 ans? Le projet de La Romaine, par exemple, a été lancé en 2009 sur un échéancier qui nous amène jusqu'en 2020. Quelle sera la demande en 2020? Difficile à dire.
Lorsqu'on a proposé le projet de la centrale thermique du Suroît, au début des années 2000, on nous affirmait que le Québec serait en déficit énergétique dans une décennie si le projet n'était pas autorisé. C'est le contraire qui s'est produit. Pendant la crise énergétique, au début des années 80, on prédisait une baisse des réserves de pétrole sur la scène mondiale. C'est le contraire qui s'est produit.
Aujourd'hui, le Québec investit une fortune sur les éoliennes et les nouveaux barrages. On mise sur une hausse de la demande. Souhaitons que ce ne soit pas le contraire qui se produise.