Roch Voisine : «Des fois, il n'y a aucune raison que ça ne marche pas, mais ça ne marche pas. Et puis la roue tourne et à un moment donné, on s'accorde et c'est à notre tour avec le public...»

Roch Voisine: le succès qui fait du bien

C'est sous le signe du succès que Roch Voisine célèbre 25 ans de carrière cette année. Son album country Americana a été certifié platine peu de temps après sa sortie l'automne dernier, et le chanteur s'offre le Centre Bell en juin, après une tournée de 25 dates qui l'amènera à la salle Albert-Rousseau, dimanche et lundi.
Le beau chanteur au regard noisette était de passage à Québec à la fin janvier pour parler de sa tournée. Détendu et souriant, il semblait savourer avec grand plaisir ses retrouvailles avec le public québécois.
«Les gens me demandaient, les dernières années, si j'avais pris ma retraite. Là, je me suis dit que quelque chose ne marchait pas dans ma façon de travailler... Sans être prophète dans son pays, c'est l'fun que les gens de chez nous sachent au moins ce qu'on fait ailleurs... Y a des cartes postales qui ne se sont pas rendues!»
Vu du Québec, Roch Voisine a eu l'air d'avoir sombré dans l'oubli après un départ fulgurant à l'époque d'Hélène. Pourtant, il a continué de faire courir les foules au Canada, où il a surfé sur le succès de Kissing Rain pendant quelques années, et en France, où ses projets ont continué d'attirer un public consistant au fil des ans.
«J'ai été chanceux parce que je n'ai pas vécu de traversée du désert en travaillant à trois places. Mais une traversée du désert doit être épouvantable...»
Feu de paille?
Le chanteur n'emploierait jamais le mot revanche pour évoquer son retour dans les grâces du public québécois, des années après avoir été considéré par certains comme un feu de paille ou une idole pour adolescentes.
«On ne dit jamais notre dernier mot, mais est-ce que les gens sont prêts à écouter? J'ai écrit une chanson là-dessus, que j'espère faire un jour. Tu continues de parler, mais on ne t'écoute plus. Des fois, il n'y a aucune raison que ça ne marche pas, mais ça ne mar­che pas. Et puis la roue tourne et à un mo­ment donné, on s'accorde et c'est à notre tour avec le public... Quand les gens achètent tes dis­ques, ça ne change pas le monde, sauf que... D'un coup, tu fais le Centre Bell et c'est plus gros, plus glamour
Le succès fait du bien; Roch Voisine ne s'en cache pas. Il dit même qu'il embellit, comme l'amour. Le succès permet de rêver et de réaliser ses belles idées aussi. Les gens ouvrent les bras, le chanteur en redonne. Ainsi, sur scène, il sera entouré de sept musiciens, ce qui permettra de rendre toutes les subtilités des succès américains qu'il reprend. Car son spectacle est consacré uniquement au répertoire Americana, dont le deuxième disque sera lancé en avril. Roy Orbison, Bob Dylan, Johnny Cash et John Denver seront à l'honneur.
«La vie va tellement vite que les gens ont besoin d'être rassurés par des airs familiers. Moi, cette musique me fait penser à mon père le dimanche. Pour beaucoup de gens, la musique country fait référence à leurs parents. Mais ce n'est pas la caricature du country qu'on fait. On arrive avec un petit côté hybride et c'est très accessible», explique le chanteur.
«Kid Rock disait que la musique country, c'est trois accords et la vérité... Les gens ont peut-être besoin de ça : la vérité.»
Roch Voisine a surtout consacré ses efforts au marché québécois ces derniers mois, mais ça ne l'a pas empêché, avant Noël, de lancer en France Confidences, un album de compositions originales en fran­çais que nous finirons bien par entendre un jour, d'autant qu'il y a des collaborations avec Nelson Minville, Jean-François Breau et Steve Marin.
Vous voulez y aller?
QUI : Roch Voisine
QUAND : dimanche et lundi, 20h
: salle Albert-Rousseau
BILLETS : 47,50 $ (étudiant 25,50 $)
TÉL. : 418 659-6710