Ricardo Trogi à l'institution d'enseignement Les Compagnons de Cartier, où il a étudié

Ricardo Trogi a un attachement indéfectible à Québec

Ricardo Trogi n'y va pas par quatre chemins : il se considère comme un «ambassadeur» de Québec. Son attachement à sa ville natale est tel qu'il n'écarte pas d'y revenir vivre un jour. Il a d'ailleurs un triplex, dans Limoilou, qu'il visite souvent quand un de ses logements est vacant.
«C'est comme une option. Je capote sur ce quartier-là. J'ai comme un souhait de revenir, même si, en ce moment, ce n'est pas réaliste en raison de la job. Peut-être que je vais plus écrire [que réaliser] un jour. Je n'ai jamais mis un X sur la ville pour ça. Je viens dès que je peux - tous les prétextes sont bons», révèle celui qui est fasciné par l'histoire de Québec.
Même s'il dit ne pas être au fait de tous les dossiers et observer les choses à distance, l'homme de 44 ans constate que la Ville a pris «une autre vitesse» depuis l'arrivée de Régis Labeaume. «Je ne sais pas jusqu'à quel point son administration a bénéficié de ce qui a été enclenché avant.» Mais, en bien ou en mal, «on en entend plus parler qu'avant. Et ça devient un exemple».
Il a beau aimer encore Québec, Trogi n'a tourné que quelques séquences de 1987 ici, pour des raisons budgétaires. «Je vais toujours avoir des regrets. C'est plus beau, les gens sont plus gentils», dit-il, sincère. D'ailleurs, il entreprendra le 24 août le tournage de Mirage, sur un scénario de Louis Morissette, qui joue aussi le rôle principal. Le réalisateur s'est arrangé pour tourner deux, trois jours dans sa ville natale.
«J'essaye de tourner plus que ce qui est supposé. Parce que c'est le fun, mais aussi parce que ça permet d'avoir d'autres têtes, surtout pour la figuration. Il y a aussi un enthousiasme plus grand qu'à Montréal», souligne-t-il.
Loyauté
Il n'y a pas qu'à Québec que Ricardo Trogi demeure loyal. Il a gardé des liens d'amitié avec Boivin, Dallaire et Caron, les trois mousquetaires avec qui Ricardo (Jean-Carl Boucher dans 1987) fait ses mauvais coups. D'ailleurs, le lendemain de notre entrevue, il jouait au golf avec eux.
Pour les besoins du film, le réalisateur a éliminé d'autres connaissances plus en périphérie. «J'ai concentré autour des principaux et ceux qui acceptaient que j'emprunte leur identité - il y en a un qui a refusé parce qu'il n'était pas à l'aise. Ce sont des gens que je revois. Au fond, tu décides ou non d'entretenir ce genre d'amitié. On se voit aux six mois. Je fais un peu un devoir de conserver ça. Parce que ça m'amuse. Mais aussi parce que ça me permet de voir autre chose que mon milieu. Ça fait du bien, des fois, d'avoir un autre pouls plus proche de la réalité.»
Il leur a tout de même fait lire le scénario, à sa gang. Le portrait est fidèle aux trois quarts, croit-il, et un autre quart relève de la fiction. La réaction a été positive même si «ça amène des discussions intéressantes : "Ah! c'est comme ça que tu me percevais." Mais c'est moi qui suis le plus écorché.»
Caron et Boivin seront d'ailleurs présents à la première de Québec. Et derrière ce Boivin se cache un autre fils connu de la capitale : le joueur de hockey Claude Boivin, qui a fait une courte carrière dans la LNH avec les Flyers de Philadelphie et les Sénateurs d'Ottawa.
<p>Ricardo Trogi au stationnement de l'école Joseph-François-Perrault</p>
<p>Le restaurant Le Parmesan</p>
Repères de jeunesse
Pour la sortie de 1987, qui relate la jeunesse de Ricardo Trogi à Québec, Le Soleil a demandé au réalisateur de choisir des lieux emblématiques de la capitale. Nous l'avons accompagné dans une amusante tournée de ceux-ci, teintée d'une dose de nostalgie, de bonheur, mais aussi de mauvais souvenirs.
1 - Stationnement de l'école Joseph-François-Perrault
• Ce que ça représente : «Le lieu où on prenait de la bière avant de sortir sur la Grande Allée.»
• Le meilleur souvenir : «Mes amis et les longues discussions.»
• Le pire souvenir : «J'en ai pas.»
2 - Restaurant Le Parmesan
• Ce que ça représente : «Ma première grande responsabilité [comme voiturier (valet parking)].»
• Le meilleur souvenir : «Être assis dans une voiture que t'as pas les moyens de conduire : une Jaguar.»
• Le pire souvenir : «Ne pas avoir assumé cette grande responsabilité : j'ai fait un accident avec une Peugeot 505 turbo importée de France, puis un autre, en une semaine.»
<p>Le 809, boulevard Pie-XII</p>
<p>Ricardo Trogi assouvissant sa curiosité...</p>
3 - Le 809, boulevard Pie-XII
• Ce que ça représente : «L'endroit où j'ai habité pendant mon adolescence.»
• Le meilleur souvenir : «La première fois où j'ai fait l'amour.»
• Le pire souvenir : «Quand j'ai su, à 15 ans, qu'on allait habiter là. C'était affreux.»
4 - Le champ d'exercice de Sainte-Foy (disparu)
• Ce que ça représente : «Un endroit pour distribuer nos radios d'auto volées. J'avais l'impression qu'on était dans la pègre.»
• Le meilleur souvenir : «Une pile de 20 $ qu'on a eue pour trois radios. On se pensait millionnaires.»
• Le pire souvenir : «Le salaire : 4 $ de l'heure, pis on travaillait seulement une heure et quart chaque soir.»
5 - Les Compagnons-de-Cartier
• Ce que ça représente : «La formation de mon moi-même. J'étais impliqué dans une dizaine d'affaires.»
• Le meilleur souvenir : «Plusieurs, mais le Sommet étudiant en 1985-1986. Je me suis rendu compte que prendre la parole, ça peut être intéressant et utile.»
• Le pire souvenir : «Me sauver de ma première blonde que j'ai laissée. Je ne savais pas comment faire, j'ai essayé la fuite.»