David Morland IV fait un retour après s'être éloigné du golf pendant trois ans et demi, à la suite d'un accident de voiture.

Revenir de loin... et en force

David Morland IV revient de loin. Victime d'un accident de voiture en 2011, cet ancien joueur de la PGA s'est éloigné du golf pendant trois ans et demi. Des moments pénibles, au cours desquels il a souffert de dépression.
Il revient de loin, mais il revient en force. La preuve : le golfeur canadien a joué une solide 65 (- 5) à l'Omnium du Québec, jeudi, ce qui le place à égalité au troisième rang après la première des quatre rondes du tournoi disputé au Club Saint-Georges.
Après l'accident, Morland a tenté de poursuivre sa carrière sur le circuit Web.com, l'antichambre de la PGA. Mais c'était trop demander à son corps. «Je me suis retiré de 14 tournois en un an et demi, raconte-t-il. Quand je suis parti, c'était un peu comme Tiger [Woods]. À essayer de revenir, à se battre avec un corps qui ne te laisse pas faire ce que tu avais l'habitude de faire. C'était très frustrant.» Il a dû subir des opérations pour corriger des problèmes au dos et à l'épaule.
La chute a été brutale. Pendant son absence, il a coupé les ponts avec le golf tant il trouvait ardu d'y être éloigné. «Ça faisait mal à ce point-là», laisse-t-il tomber d'une voix calme. 
D'autant plus difficile que Morland a goûté aux joies du plus grand circuit de golf au monde. Il a participé à 120 tournois de la PGA en carrière, réussissant trois top 10, dont une cinquième place à l'Omnium Canadien disputé au Royal Montréal, en 2001.
Petite renaissance
Il y a deux ans, il a décidé de replonger. Dès ses premiers élans, la qualité de ses coups le surprend. Soudainement, il se sent lui-même à nouveau. Une petite renaissance.
Morland est loin d'en avoir fini avec le golf. Sa présence à Saint-Georges et sur le Circuit Canada Pro Tour lui sert de préparation pour le Tour des Champions, où s'affronte l'élite des seniors. Il y sera éligible à l'automne 2018, à l'approche de ses 50 ans. Un pari loin d'être gagné : cinq nouvelles places sont accordées chaque année. Beaucoup d'appelés, peu d'élus.
Atteindre le Tour des Champions sera aussi difficile qu'atteindre la PGA, croit d'ailleurs Morland. S'il échoue, il pourra se rabattre sur les qualifications du lundi. Et retenter sa chance l'année suivante. «Mais il y a assez d'argent en jeu pour rendre l'idée attrayante», ajoute-t-il.
Pour l'instant, le simple fait d'être dans la course est une victoire en soi. «Si tu m'avais demandé, il y a deux ans, si je pensais que le Tour des Champions était une possibilité, la réponse aurait été non», dit-il.
Natif de North Bay, Morland passe ses étés à Innisfil, au nord de Toronto. Il possède aussi une académie de golf en Floride, où il transmet son savoir-faire aux jeunes. «Mais je m'enligne pour jouer plus et enseigner moins», lance-t-il avec le sourire. «Je veux une deuxième chance. Je n'ai pas quitté le golf selon mes termes.»
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L'oiselet d'Austin Powers
Incapable de conserver sa place dans la PGA, David Morland IV est devenu un régulier du Nationwide (aujourd'hui Web.com) à partir de 2003. Il y a fait parler de lui pour ses deux victoires, mais aussi pour son déguisement d'Austin Powers sur le dernier trou du Championnat du circuit, le 31 octobre de cette année-là. «J'ai frappé mon deuxième coup à 15 pieds de la coupe, puis je suis allé derrière la colline pour enfiler le costume. Les manches étaient très longues, je devais les relever. Mais j'ai fait le roulé pour l'oiselet», raconte Morland, qui s'est transformé en Elvis l'année suivante, avec moins de succès. «L'idée, c'est d'avoir du plaisir.» Lorsqu'on lui demande s'il a une personnalité de bouffon, il transfère la question à sa femme, qui nous fait oui de la tête. «Certaines personnes me traitent d'idiot!» ajoute Morland en rigolant.
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Derek Gillespie et Raoul Ménard en tête
Derek Gillespie a continué de briller à l'Omnium du Québec, jeudi, un an après avoir gagné le prestigieux tournoi du Circuit Canada Pro Tour. Lors de la première ronde du rendez-vous 2017, à Saint-Georges. le champion en titre a ramené une carte de 62 (- 8) en matinée. Il a toutefois été rejoint en tête par Raoul Ménard en après-midi. «Notre groupe a vraiment bien joué. Ça aide, on se nourrit l'un l'autre», a expliqué Gillespie, qui a partagé le terrain avec Stéphane Dubois (- 3) et Beon Yeong Lee (- 3). L'an dernier, au Club de golf La Faune de Charlesbourg, il avait remporté l'Omnium du Québec avec un pointage combiné de 268 (- 20).
Derek Gillespie
De son côté, Ménard (Ange-Gardien) a réussi un spectaculaire 28 (- 7) sur le deuxième neuf pour se placer au plus fort de la course. «Quand j'ai vu que Derek avait joué 62, je savais que c'était du gros golf. Mais je savais que c'était possible. Les conditions étaient presque parfaites, il n'y avait pas beaucoup de vent», a réagi Ménard, qui utilisait un nouveau putter. «Il a l'air de bien aller. Et je sais que quand je putte, je suis capable de très bien jouer. C'est là que ça se passe. [...] Vraiment content de mon achat», a ajouté en riant le frère aîné d'Émile Ménard, champion du dernier Duc de Kent.
Avec leur 62, les deux hommes ont égalé le record du parcours établi l'an dernier par Zachary Edmondson lors de l'Omnium Manac.
Derrière Gillespie et Ménard, quelques joueurs de la région de Québec se sont démarqués, en particulier les amis Pierre-Alexandre Bédard (Cap-Rouge) et Sonny Michaud (La Tempête), tous les deux à -5.
Dave Lévesque (Golf Château Bromont) a quant à lui joué la normale, tandis que le favori local Max Gilbert a présenté une carte de 68 (- 2).
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Tableau des meneurs (normale 70)
1. Derek Gillespie (Oshawa) 62
  . Raoul Ménard (Ange-Gardien) 62
3. Pierre-Alexandre Bédard (Cap-Rouge) 65
  . Marc-Étienne Bussières (Longchamp) 65
  . Sonny Michaud (La Tempête) 65
  . David Morland IV (Innisfil) 65
  . Vaita Guillaume (Fuquay, États-Unis) 65
  . David Sanders (Mt. Laurel, États-Unis) 65
9. Zachary Edmondson (Morrisville, É.-U.) 66