Les femmes de la Revengeance des duchesses n'ont pas souffert de la résurrection nostalgique du concept par le Carnaval, selon la conceptrice Marjorie Champagne.

Revengeance des duchesses accomplie et fière

Ignorées par le Carnaval de Québec, les duchesses alternatives ont savouré depuis deux semaines une «revengeance» bien assumée. Plus populaires que jamais, les duchesses de l'ombre ont trouvé leur place en marge du Carnaval.
Les représentantes décapantes et pleines de caractère de la Revengeance des duchesses n'ont pas souffert de la résurrection nostalgique du concept par le Carnaval. «Il y a eu une curiosité de voir l'alternative qu'on offrait», se félicitait, vendredi, Marjorie Champagne, grande manitou du concept depuis cinq ans.
Les duchesses de la Revengeance ont été encore plus saluées et interpellées depuis que le Carnaval a repris l'idée, soutenait Marjorie Champagne lors de la soirée de couronnement du Carnaval Off. Pour les curieux, Franie-Éléonore Bernier (duchesse de Saint-Roch) a été sacrée reine de la cinquième présentation de la Revengeance des duchesses vendredi soir.
«Le fait que le Carnaval revenait avec ses duchesses, ça justifiait encore plus notre existence», a ajouté Marjorie Champagne. «Le message est d'autant plus clair quand on compare les deux formules. C'est quoi qu'on veut qu'elle représente, la femme à Québec?»
Marjorie Champagne applaudit certes les duchesses officielles. «Ce sont des femmes qui prennent une place, déjà, c'est bon», dit-elle. Mais les dames du Carnaval ne l'ont pas impressionnée depuis l'ouverture du festival. «On doit présenter des modèles différents aux jeunes filles. Et là, le Carnaval n'a pas proposé de modèle différent.»
Lise Bonenfant a bien sûr jeté un oeil aux sept jeunes femmes recrutées par l'organisation du Carnaval. Pas de quoi la renverser. «Elles sont toutes en rouge, toutes la même grandeur, toutes le même modèle. Et on ne les entend jamais parler d'elles», soutient la duchesse de Montcalm et sage du groupe à 66 ans.
En parallèle, elle se dit encore surprise de toute l'attention reçue depuis quelques jours. «Les gens m'arrêtaient, m'en parlaient. J'étais comme un modèle. Je représentais les femmes de 60 ans et plus. Ça a marché partout !», lance Lise Bonenfant. «L'intergénération, c'est super important. Moi j'écoute leurs préoccupations, et elles écoutent les miennes.»
À l'opposé du spectre, Catherine Bisson, 21 ans. La duchesse de la Revengeance de Vanier s'est fait demander depuis trois semaines pourquoi elle n'avait pas tenté sa chance pour le «vrai» concours. «Parce que ça ne me tente pas. Ce n'est pas un modèle qui me plaît. J'aurais été trop malheureuse d'être duchesse du Carnaval!»
En dépit de l'attention médiatique envers les duchesses de Bonhomme, la jeune femme est encore étonnée de l'intérêt grandissant pour les duchesses de l'ombre. «On ne s'est pas senties de trop, vraiment pas!», insiste Catherine Bisson. «Ça rejoint deux publics différents. Et nous, on satisfait un autre besoin que celui d'avoir du fun.»
Les amateurs du Carnaval Off et des duchesses plus éclatées auront droit à un défilé samedi matin. Dès 9h, rendez-vous au Musée des beaux-arts pour confectionner chars allégoriques et costumes, avant d'y aller pour une balade dans le quartier Montcalm.
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Bonhomme cède son bal à la reine
Le bal de Bonhomme n'est plus, vive le bal de la reine! Après une pause de 17 ans, le bal de la reine (troisième à partir de la gauche) était de retour au Château Frontenac en remplacement du bal de Bonhomme. Pour l'occasion, plus de 400 convives - dont la nouvelle reine et les duchesses - ont troqué les manteaux, les tuques et les mitaines pour les smokings et les robes de soirée.