Pierre Flynn a consacré une grande partie de son spectacle à ses récentes créations, mais il n'a pas pour autant privé ses fans de ses plus vieux succès.

Retrouvailles généreuses avec Pierre Flynn

CRITIQUE / Mine de rien, ça faisait une décennie que Pierre Flynn n'était pas monté sur scène à Québec avec ses propres chansons. C'est lui qui a estimé la longueur de son absence, mercredi, avant de lancer un «il était temps!» bien senti. En effet, M. Flynn!
C'est donc un auteur-compositeur-interprète qui avait du temps perdu à rattraper qui s'est présenté au Grand Théâtre. Et il n'a pas failli à la tâche, pilotant des retrouvailles généreuses, aussi grisantes que nuancées.
S'il s'était fait discret sur scène récemment, c'est beaucoup parce qu'il s'était aussi fait rare sur disque. Pour reprendre ses dires, il n'a été «ni très abondant, ni très rapide» dans sa production de chansons. Quatorze années séparent le très accompli Sur la terre, paru au printemps, de son précédent album de compositions. Truffé de perles chansonnières, le répertoire de Pierre Flynn peut certainement compter sur des assises solides et bien pertinentes. À ceux qui l'auraient oublié, il en a fait l'inébranlable démonstration mercredi. 
Notre homme est arrivé dans la capitale fort bien entouré d'habiles pourvoyeurs de choeurs et de fins créateurs d'ambiances : le complice de toujours Mario Légaré à sa gauche, les jeunes loups Andre Papanicolaou, José Major et Jean-Sébastien Fournier tout autour.
Pierre Flynn a bien sûr consacré une grande partie du spectacle à ses récentes créations, qui ont offert un emballant terrain de jeu aux musiciens : Ariana au ton cohenesque, Sirènes bien lourde où Légaré et Papanicolaou ont rivalisé de mouvements de rock stars, Étoile, étoile lancée en toute intimité avant de se gonfler dans une irrésistible progression instrumentale. 
Succès dépoussiérés
La voix toujours aussi souple, Pierre Flynn n'a pas privé non plus ses fans de ses plus vieux succès, qu'il a toutefois bien dépoussiérés : Croire et En cavale en version acoustique, Possession carrément a cappella (mais pas moins virile), Sur la route bien branchée et bonifiée d'un solo de guitare, L'ennemi qui a mis au défi la voix des fans. 
Ajoutons au tableau un clin d'oeil à Hank Williams enchaîné avec un autre (très solide!) à Octobre avec Le chant du guerrier et un hommage à Miron par les Douze hommes rapaillés (Ma rose éternité). On peut dire que Pierre Flynn a remis les dossiers à jour avec le public de Québec. Faudra maintenant s'assurer de revenir nous voir plus souvent!
Pierre Flynn présentera son nouveau spectacle à L'Anglicane de Lévis le 19 mars.