La candidature de Pierre Karl Péladeau dans Saint-Jérôme ne nuira pas à la gestion du futur amphithéâtre, confiée à Québecor, assure Agnès Maltais, ministre responsable de la Capitale-Nationale.

Retour des Nordiques: Péladeau encore plus confiant

La carrière politique que se donne Pierre Karl Péladeau ne nuira nullement au projet que pilote Québecor en vue d'amener un club de la Ligue nationale de hockey (LNH) à Québec - et de ressusciter les Nordiques.
Dimanche, en point de presse pour son baptême de feu politique, à Saint-Jérôme, dans les Laurentides, M. Péladeau a soutenu que le «modèle d'affaires» mis de l'avant est «bien maîtrisé par l'ensemble de Québecor» et «que la Ligue comprend le modèle d'affaires».
«Je suis confiant encore davantage», a-t-il poursuivi. Il s'est dit persuadé que le plan sur la table «permettra à la Ligue nationale et à toutes les parties prenantes de faire en sorte de s'enrichir et, en conséquence, de faire que la candidature de la ville de Québec demeure une excellente et très bonne candidature».
Plus tôt, l'ex-grand patron de presse a rappelé la signature d'une mégaentente avec la LNH. Elle garantit notamment à TVA, filiale de Québecor, les droits de diffusion des matchs de la LNH pendant 10 ans. «Clairement, il s'agit d'un rapprochement» entre la direction de la Ligue et celle de l'entreprise.
M. Péladeau a glissé que ce dossier est un de ceux dont il aura un peu plus de difficulté à faire son deuil. Il a souligné «que cela fait plusieurs années que Québecor discute avec la LNH».
Le vice-président aux affaires publiques de Québecor, Martin Tremblay, a assuré que l'entreprise médiatique reprenait le flambeau. «Bien que Pierre Karl ait joué un rôle important, c'est un dossier d'entreprise. C'est pas le dossier d'un seul homme chez Québecor», a-t-il soutenu. «C'est un dossier d'affaires stratégique pour nous, et on est toujours aussi déterminés à obtenir une franchise de la Ligue nationale de hockey. Et ça adonne bien, parce qu'on a des bonnes relations avec la Ligue.»
Mulroney dans le coup
Le président et chef de la direction de Québecor, Robert Dépatie, a déjà pris le relais depuis un certain temps dans le dossier des Nordiques, avec le président de TVA, Pierre Dion. «J'ajouterais aussi Brian Mulroney», précise Martin Tremblay. «Il est vice-président de notre conseil d'administration, et M. Mulroney est depuis de nombreux mois dans ce dossier-là. C'est quelqu'un qui a de la stature, un ancien premier ministre du Canada. C'est une équipe qui mène ce dossier-là.»
La ministre responsable de la Capitale-Nationale, Agnès Maltais, n'a pas voulu commenter le dossier des Nordiques. Elle n'est toutefois pas inquiète quant à la gestion de l'amphithéâtre, confiée à Québecor. «Tout ça fait l'objet d'ententes qui ont été longuement négociées avec des avocats. C'est tout inscrit déjà dans des ententes, qui ont été signées avec la ville de Québec pour la gestion de l'amphithéâtre.»
Les amateurs de hockey de la région y perdent au change, estime quant à lui le libéral Sam Hamad. «Au lieu de négocier une équipe de la LNH, il se négocie une place avec le club du PQ.» Selon le candidat libéral, si M. Péladeau parvient à se faire élire, le code d'éthique des élus l'empêchera formellement de faire des affaires avec la LNH.
«Ce que les gens de Québec attendent de M. Péladeau, ce n'est pas qu'il s'amène à l'Assemblée nationale, mais qu'il ramène une équipe de la Ligue nationale à Québec», a-t-il tranché. «C'est une mauvaise nouvelle pour tous ceux qui avaient espoir de revoir les Nordiques à Québec, c'est une mauvaise nouvelle pour Régis, c'est une mauvaise nouvelle pour les amateurs de hockey.»
Le caquiste Gérard Deltell, député sortant dans Chauveau, évalue que cela «envoie un mauvais signal à Gary Bettman», commissaire de la LNH.
M. Deltell ne doute pas du sérieux de Québecor et des dirigeants qui prendront le relais dans les négociations pour ramener une équipe à Québec. «On comprend très bien que les gens de Québecor, ce sont des gens sérieux et rigoureux.» Mais Pierre Karl Péladeau était selon lui «l'âme dirigeante» derrière la tentative de ramener les Nordiques.
Avec Samuel Auger et David Rémillard