L'an dernier, en février, le Shogun était victime des flammes. L'équipe s'est retroussé les manches pour rouvrir en juin. Nouvelle façade zen qui marque son identité nippone, nouvelle cuisine (qu'on ne voit pas!) et une aire d'accueil réaménagée au bénéfice des clients.

Restaurant ShogunTao, second début!

Moins mille. C'était la température estimée par mes orteils au fond de mes toutes-puissantes bottes Sorel lorsque je me suis pointée, un vendredi midi, au Shogun. Des sushis par un jour de vortex? Non, merci. Tant mieux, car il y a plus que du cru au Shogun. Qui plus est, le lait de coco brûlant est lui aussi source de réconfort. Mais commençons par le début.
L'an dernier, en février, le Shogun était victime des flammes. L'équipe s'est retroussé les manches pour rouvrir en juin. Quatre mois loin des sirènes du coup de feu, c'est une vie de chat en restauration. Mais le Shogun, comme le phénix, a eu la capacité de renaître de ses cendres, non sans les fameux «tant qu'à y être» qu'impliquent les rénos forcées ou pas. Nouvelle façade zen qui marque son identité nippone, nouvelle cuisine (qu'on ne voit pas!) et une aire d'accueil réaménagée au bénéfice des clients : le Shogun est l'équivalent d'un nouvel homme après l'entraînement.
Lorsque j'y ai invité mon ami Pierrot le fou, ce dernier m'a confié qu'il avait rompu à jamais avec le poulet général Tao du Shogun. Trop de déceptions. «Les liens insoudables n'existent pas», je lui dis en croyant qu'il prendrait le boeuf thaïlandais. Eh ben, non, l'ami laisse une dernière chance au poulet le plus populaire hors des frontières de l'Asie. «La dernière», insiste-t-il. Ouais. Ouais. Qui veut-il convaincre? J'y vais donc pour le boeuf.
Avant de débattre de la volaille, nous nous réchauffons d'un bol de soupe thaï et de la reprise au piano de Where Is my Mind des Pixies. Dès lors, tous les miracles sont permis. Le soleil filtre à travers le jardin tropical de plantes vertes devant la baie vitrée. Le froid, on l'oublie une cuillère à la fois grâce au riche bouillon lacté au coco. J'y repêche du vermicelle de la taille de spaghetti (!) et une mirepoix (carotte et céleri) digne d'une poulet et nouilles d'ici. C'est bon.
Rouleaux impériaux
Un repas sans rouleaux, n'y pensez pas. Aussi, ceux qui suivent, bien qu'ils soient tièdes selon mon critique d'ami, croustillent sous la canine. Je note une dominante de chou. En prime, ils ne sont ni trop gras, ni pâteux. Voilà le prototype d'un rouleau référence. Comme ceux de l'épicerie Lao-Indochine.
Je sens que Pierre est sur le point de faire la paix! Arrive son général Tao. Très chaud. C'est l'un des secrets de ce poulet, la chaleur. Froid, il fige et se recroqueville dans son armure de panure «mouilleuse». Ici, la friture est fine et la taille des morceaux de volaille proportionnelle à l'enrobage. On ne mange pas que de la pâte. De plus, ces «pépites» se glacent d'une sauce caramélisée - sucrée sans exagération - avec une finale au parfum d'huile de sésame. Avec le riz vapeur, l'équilibre est atteint et Pierre lui dit à nouveau «oui».
Deux raisons justifient la satisfaction tirée de mon boeuf thaï : les légumes croquants et variés - pas uniquement des carottes dentelées - qui composent ce sauté ainsi que la nature énergique du cari en assaisonnement. Par contre, le boeuf en question aurait pu témoigner de plus de tendreté s'il avait été saisi à feu plus vif.
En buvant ma dernière gorgée de thé et lui de Petit, un chenin blanc de Ken Forrester (code SAQ 10702997), j'ai l'intuition que Pierre reprendra le poulet à sa prochaine visite... Moi, j'y retournerai en soirée pour le tofu sauté, qui ne m'a jamais déçue.
<p>L'assiette de poulet Général Tao</p>
Au menu
Shogun, 98, rue Saint-Vallier Ouest, Québec; Tél. : 418 524-3274
- Cuisine asiatique
- Ouvert tous les jours
- Apportez votre vin
- Menu du jour (lundi au vendredi) de 12 $ à 16 $
- Table d'hôte du soir de 23 $ à 33 $
- Entrée de 4 $ à 20 $
- Grillades, sautés et teriyaki de 11 $ à 28 $
- Sushis (assiette) à partir de 20 $
- Coût de l'addition pour deux avant taxes et service : 29 $ (incluant deux tables d'hôte du midi avec soupe, rouleaux et plat, un dessert partagé et les boissons chaudes)
- Stationnement : dans la rue
- On aime : un service rapide le midi de notre visite. Ce n'est pas toujours le cas en soirée. Tout dépend de l'affluence.
- On n'aime pas : le gâteau aux carottes (en supplément), dont la pâte goûtait le réfrigérateur.