L'incendie a éclaté vers minuit trente à la Résidence du Havre, au 25, rue du Quai, à L'Isle-Verte.

Résidence du Havre à L'Isle-Verte: «un très bon propriétaire»

L'incendie qui a fait plusieurs victimes à L'Isle-Verte ne serait pas dû à la négligence du propriétaire de la Résidence du Havre.
<p>Le propriétaire de la Résidence du Havre, Roch Bernier </p>
«Je vous assure que c'est un très bon propriétaire. Il [Roch Bernier] aimait ses aînés. C'était une excellente résidence. C'était impeccable. Il n'y avait pas de plaintes», a commenté, jeudi, le président du Regroupement québécois des résidences pour aînés, Yves Desjardins.
«C'est extrêmement tragique ce qui s'est passé à L'Isle-Verte. C'est épouvantable. Je suis bouleversé», a ajouté M. Desjardins, qui a été directeur de l'école nationale des pompiers du Québec.
Il est persuadé que le propriétaire a vu à ce que les mesures de protection contre les incendies soient bien appliquées. «Je ne doute même pas qu'il prenait ces dispositions. Je le connais. Il était très alerte, mais un feu, c'est un feu. On n'est pas à l'abri de cela malheureusement», a-t-il dit.
Selon la fiche descriptive de la Résidence du Havre, l'immeuble était muni de détecteurs de fumée, d'avertisseurs de fumée dans les chambres et les logements et d'un système d'alarme incendie.
Du côté de l'Agence de la santé du Bas-Saint-Laurent, on avait que de bons mots pour la Résidence du Havre et son propriétaire. «C'est une résidence qui a une excellente réputation. Qu'est-ce qui a pu se passer dans la nuit de mercredi à jeudi pour provoquer l'incendie, on n'en sait rien», a commenté René Dumont, un représentant de l'Agence.
«Le propriétaire est collaborateur avec l'Agence pour la certification, avec le réseau de la santé. Dans son édifice, il y avait un point de service du CLSC de Rivière-du-Loup. Il y avait une pharmacie aussi», a-t-il ajouté.
De plus, M. Dumont a indiqué que la résidence avait obtenu sa première certification en 2009 et qu'elle avait été renouvelée en 2011 jusqu'au mois de juin prochain. «Il n'y avait pas de points majeurs lors de l'inspection pour la certification», a-t-il précisé. Une nouvelle visite d'évaluation était prévue au cours des prochaines semaines par le Conseil d'agrément en vue de renouveler la certification de la résidence.
Par ailleurs, un exercice d'évacuation en cas d'incendie a eu lieu dernièrement à la Résidence du Havre. «L'exercice a été concluant. En plus, il y a deux personnes qui y travaillent la nuit selon nos informations» a indiqué M. Dumont. La norme est d'avoir au moins une personne la nuit.
Selon la fiche descriptive de la Résidence, 37 personnes de 85 ans et plus y logeaient; 13 étaient âgées de 75 à 84 ans; une avait entre 65 et 74 ans; et une autre avait moins de 65 ans.
Treize personnes vivaient dans des chambres pour une personne et trente-neuf dans des logements. Dix-huit étaient considérées comme autonomes et trente-quatre comme semi-autonomes.
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L'architecte radié pendant six mois
L'architecte qui a travaillé sur l'agrandissement de la Résidence du Havre, Camil Fontaine, a été radié durant une période de six mois par le comité de discipline de son ordre professionnel pour avoir approuvé les plans de construction sans en avoir évalué la conformité, rapportait jeudi le Journal de Montréal sur son site Web.
L'architecte aurait approuvé les plans d'agrandissement ou de construction de 36 projets en y apposant sa signature, sans les avoir lui-même conçus. La suspension a été imposée en 2007 et elle demeure aujourd'hui une des plus sévères à avoir été infligée à un architecte.
La nouvelle partie du bâtiment ne serait pas celle qui a été complètement détruite par les flammes, dans la nuit de mercredi à jeudi, a indiqué le directeur général et secrétaire de l'Ordre des architectes du Québec, Jean-Pierre Dumont, en entrevue avec le Journal de Montréal.
Avec Matthieu Boivin