René Tremblay a ouvert une route dans l'investissement immobilier à l'international pour la Caisse de dépôt.

René Tremblay: une longue route dans l'immobilier

Diplômé en administration des affaires, René Tremblay a ouvert de nombreuses voies au Québec et à l'international dans le secteur de l'immobilier et des centres commerciaux. «Je me considère comme un généraliste dans le domaine de l'immobilier et des investissements», affirme-t-il en entrevue.
Ses études et son expérience professionnelle lui ont appris à savoir s'entourer de gens de talent pour créer des équipes fortes en misant sur les résultats et non sur les processus. «L'idée était de faire travailler ensemble des gens forts différents et des personnalités fortes dans une même direction pour arriver au but fixé. J'ai eu la chance d'être entouré de gens dédiés à leur travail et plus fort que moi dans leur domaine respectif pour m'appuyer dans les défis à relever», estime-t-il. 
Jugement, gros bon sens et respect des gens lui ont permis de tracer sa longue feuille de route.
Dès la fin de ses études au baccalauréat en administration des affaires et en management en 1975, il commence sa carrière dans la vente au détail chez Sears pour devenir un peu plus tard gérant de service.
Une opportunité s'offre à lui en 1980 lorsque le groupe Campeau Corporation cherche un administrateur de centre commercial à Alma. Natif de Saint-Félicien, il saute sur l'occasion de faire un retour au Saguenay-Lac-Saint-Jean. C'est alors que s'enclenche sa longue carrière dans l'immobilier.
Il travaille pour la SITQ, la filiale immobilière de la Caisse de dépôt, pour y développer le secteur des investissements dans les centres commerciaux. «À cette époque, j'avais acheté un petit centre commercial en Gaspésie avec un partenaire. Les autres partenaires investisseurs à ce moment-là étaient la SITQ (45 %) et j'avais convaincu le Fonds de pension de l'Université Laval d'investir aussi à hauteur de 45 %. Mon partenaire et moi avions 10 % des parts et nous gérions le centre d'achat. C'est comme cela qu'en 1985 j'ai joint le groupe de la Caisse de dépôt pour lancer la division d'investissement dans des centres commerciaux.»
En achetant des petits centres ici et là en province, le réseau s'agrandit. Et il devient premier vice-président de la SITQ dans une entreprise de plus en plus diversifiée dans les placements immobiliers.
«La Caisse de dépôt donnait la chance à de jeunes francophones de progresser dans l'immobilier. Ce n'était pas évident, il y a 30 ans, de pouvoir progresser dans les entreprises immobilières parce que le contrôle» était hors Québec, se souvient-il. En1993, une autre filiale voyait le jour pour le développement à l'international. La Caisse de dépôt cherchait quelqu'un pour diversifier les investissements en dehors du Canada et des États-Unis. 
«J'ai levé la main. Je suis parti avec un adjoint et un analyste pour commencer à choisir ce qui serait intéressant dans divers pays, comme les centres d'achats en Angleterre, des bureaux en Belgique, et d'autres recherches en France. Après, il fallait trouver un partenaire financier pour conclure l'entente. Puis, je repartais à la recherche de nouvelles occasions d'affaires au Mexique ou ailleurs. Ce fut un tournant dans ma carrière», expose-t-il.
L'achat de Cambridge
Ayant de l'expérience à l'international et dans différents produits immobiliers, la Caisse de dépôt l'approche pour devenir président d'Ivanhoé, en 1995. Il fait croître la filiale au Québec et pour diversifier plus encore les investissements, avec son équipe, il fait une offre publique d'achat de Cambridge qui oeuvrait partout au Canada pour fusionner les deux compagnies. 
«Je suis devenu président de la nouvelle entité Ivanhoé-Cambridge en 2001, continue M. Tremblay. Nous avons acheté des immeubles aux États-Unis, en Europe, en Russie, en Chine et en Amérique du Sud. Avec des investissements dans 14 pays, la filiale immobilière de la Caisse de dépôt est devenue une des grandes compagnies immobilières au monde dans le domaine des centres commerciaux.»
En 2009, on lui offre le poste de président du conseil d'administration des filiales immobilières de la Caisse de dépôt et de premier vice-président du secteur immobilier sous la présidence de Michael Sabia qui venait d'arriver.
Moins de deux ans plus tard, René Tremblay songe à faire autre chose et à se lancer dans l'entrepreneuriat. Comme ancien président du Conseil international des centres commerciaux présent dans 100 pays et comptant 70 000 membres, il avait des contacts partout dans le monde. Bobby Taubman, président du groupe Taubman, compagnie basée aux États-Unis, lui demande de l'aide et des conseils pour percer le marché asiatique. Il devient alors président de la division Taubman Asie et prend une participation minoritaire dans les investissements en Asie.
«Taubman avait essayé depuis cinq ans, mais aucun projet n'avait vu le jour. En 2010, nous avons réorganisé les affaires pour mettre l'accent sur la Chine. Nous avons créé des centres commerciaux de A à Z, dont un qui a été inauguré il y a deux semaines. Et nous avons aussi construit le plus grand centre commercial de la Corée en injectant 950 millions US $. Et il y a eu plusieurs autres projets à Macao et à Séoul.»
Après six ans en Asie, il est revenu à Montréal en janvier tout en demeurant président du conseil d'administration de Taubman Asie.