Jean-Guy Sylvain affirme que la Ville de Québec lui met des bâtons dans les roues dans son projet de relance du Concorde, ce qui explique qu'il ait décidé d'amener l'affaire devant les tribunaux.

Relance du Concorde: Sylvain traîne la Ville devant les tribunaux

La Ville de Québec met en péril la relance du Concorde selon son nouvel opérateur, Jean-Guy Sylvain, qui traîne l'administration Labeaume devant les tribunaux pour qu'elle casse le règlement de contrôle visant à maintenir uniquement la vocation hôtelière de l'édifice.
Dans une requête déposée à la Cour supérieure le 27 juin dont Le Soleil a obtenu copie, les avocats de Jean-Guy Sylvain affirment que le règlement adopté une première fois le 8 avril puis reconduit le 16 juin comprend des mesures «illégales», «abusives» et «discriminatoires». Elles «restreignent de manière indue les usages autorisés» aux hôteliers en temps normal, poursuivent-ils.
Les procureurs déplorent que les modifications de zonage imposées dans le règlement «ne visent qu'un seul terrain, soit celui du Concorde». Selon eux, il est impossible pour Jean-Guy Sylvain d'exploiter ses installations à son plein potentiel, ce qui met en péril la relance de l'hôtel. «C'est donc la Ville qui, en quelque sorte, compromet sérieusement la relance à long terme de la vocation hôtelière du Concorde», accusent les procureurs.
En vertu du règlement, qui ne touche effectivement que le Concorde, M. Sylvain ne pourrait pas convertir ses chambres vacantes en logements ou en résidences pour touristes.
Le groupe de Sylvain dit avoir mis la main sur l'immeuble en se basant sur les règlements d'aménagement prévus par le Plan particulier d'urbanisme (PPU) de la colline parlementaire avant les modifications. Il souligne qu'un changement d'utilisation des chambres permettrait de soutenir la relance, si jamais la vocation hôtelière ne s'avérait pas suffisante pour garder le Concorde à flots.
Les avocats soulignent au passage que l'hôtel Château Laurier, pourtant situé dans le même secteur et soumis au même PPU que le Concorde, peut malgré tout exploiter ses installations comme bon lui semble. Ils citent également l'hôtel Hilton, bien qu'il soit situé dans un autre PPU.
Le groupe d'avocats en ajoute contre le maire de Québec, Régis Labeaume, qu'ils accusent de s'être adonné à un «détournement de pouvoir afin d'atteindre» ses objectifs.
«Les principaux motifs du règlement [...] sont étrangers aux préoccupations urbanistiques», tranchent-ils. Le contentieux fait ainsi référence au groupe d'acheteurs piloté par Michel Deslisle, longtemps resté anonyme, qui avait un projet de condos-hôtel lorsqu'il lorgnait le Concorde au printemps. Des allégations selon lesquelles un membre de ce groupe entretenait des liens avec Tony Magi, un proche de la mafia, auraient été la source du règlement, selon les avocats, et non pas des enjeux d'urbanisme. Ils rappellent d'ailleurs qu'Eddy Savoie avait acquis le Concorde pour en faire des résidences pour personnes âgées.
Jean-Guy Sylvain a mentionné il y a deux semaines qu'il ne pouvait poursuivre la Ville de Québec car le règlement de contrôle était temporaire. Le 16 juin, le conseil municipal l'a toutefois reconduit et maintenu. Une situation qui a poussé M. Sylvain à envoyer une mise en demeure à la Ville de Québec. Missive restée sans réponse par l'administration Labeaume.
Selon l'hôtelier, il est maintenant clair que la Ville a dans ses cartons le projet de rendre les mesures permanentes en modifiant le PPU de la colline parlementaire.