La clientèle agricole est plus réticente à consulter un planificateur financier, estime Sylvie Dubé, planificatrice financière à la Caisse Desjardins de Rivière-du-Loup.

Regard sur la retraite en agriculture

Pour un travailleur salarié, ou même pour un travailleur autonome, la retraite va de soi. Vient un temps où on ferme les livres, on se retire de son emploi ou on vend son entreprise. Or, pour les agriculteurs, le travail se dissocie difficilement de la vie personnelle.
<p>Sylvie Dubé, planificatrice financière à la Caisse Desjardins de Rivière-du-Loup, cumule plus de 15 ans d'expérience en planification financière en milieu rural.</p>
Mme Sylvie Dubé, planificatrice financière à la Caisse Desjardins de Rivière-du-Loup, en sait quelque chose. Elle cumule plus de 15 ans d'expérience en planification financière en milieu rural.
La clientèle agricole est plus réticente à consulter un planificateur financier, explique Mme Dubé. «Souvent, les agriculteurs sont des gens qui ont travaillé toute leur vie dans l'entreprise. Ils ont toujours tout réinvesti leurs liquidités, ils achètent des équipements, ils agrandissent, ils forment leurs employés. Ce sont des gens qui prennent beaucoup de risques et se payent peu de salaire», indique-t-elle.
Pour eux, la retraite devient un élément anxiogène. «Quand ils entendent le mot retraite, ils se disent stressés. Certains comparent même cette angoisse avec une visite chez le dentiste», poursuit Mme Dubé, en entrevue au Soleil pour cette série d'articles sur l'épargne et la retraite. «Et lorsqu'on aborde le sujet, ils se sentent pris au dépourvu.» Pourtant, il s'agit souvent de dossiers qui dépassent le million de dollars.
Pour un salarié, la question est plus simple. L'épargnant possède un régime de retraite, à prestations ou à cotisations déterminées, et, s'il a consulté un planificateur financier, il a pu mettre l'argent de côté. Or, les agriculteurs, «ils se demandent souvent : "Qu'est-ce que je vais faire à la retraite? Quels seront mes revenus?"» dit-elle. Surtout que l'entreprise assume une partie des coûts de vie de l'agriculteur. «C'est le cas de la voiture, de l'hébergement et du transport», ajoute-t-elle.
Un plan
Le rôle du planificateur financier est donc d'accompagner l'agriculteur vers la retraite. «On va l'accompagner dans l'établissement d'un budget, pour qu'il puisse voir ses options et prendre une décision», mentionne Sylvie Dubé. Il existe même des ressources spécialisées qui peuvent les aider.
Parmi les solutions possibles, le planificateur financier peut conseiller à l'agriculteur de se verser un salaire «pour qu'il puisse cotiser à la Régie des rentes du Québec. S'il vend son entreprise, il peut également se verser des dividendes».
Il est également important de penser à la succession. «Avec le notaire, on suggère de faire un testament et un mandat en cas d'inaptitude et même une convention d'actionnaires, en cas de séparation ou de difficultés financières», énumère-t-elle. Pour le planificateur financier, il importe de protéger le patrimoine de l'entreprise, qui, au final, aura un impact sur la valeur de l'entreprise, et donc, de la retraite.