Le directeur général des élections du Québec, Jacques Drouin.

Référendum: le DGE se dissocie des propos de son porte-parole

Le directeur général des élections du Québec (DGEQ), Jacques Drouin, se dissocie des propos «regrettables» de son porte-parole, qui a affirmé au Soleil que l'institution se préparera à un éventuel référendum si le Parti québécois (PQ) est élu majoritaire.
«Il n'est aucunement question de préparer un référendum dans le moment, peu importe le résultat de l'élection. On n'en est vraiment pas là. Ce n'est carrément pas dans nos cartons», tranche Jacques Drouin en entrevue avec Le Soleil.
«On a des rencontres quotidiennes dans le cadre du déroulement des élections, et ça n'a jamais été abordé au niveau du comité de direction. De toute façon, avant même qu'on puisse parler de faire un référendum, il va falloir modifier la Loi [sur la consultation populaire]. Elle est trop vieille. Elle se réfère beaucoup à la Loi électorale, qui a été modifiée à six, sept reprises depuis les dernières années. C'est quelque chose qui est connu des parlementaires. Ça reste à faire», détaille-t-il.
Un feu à éteindre
Le DGEQ admet que son porte-parole «a fait une erreur» en avançant que l'organisme indépendant se préparera à un référendum si le PQ est élu majoritaire le 7 avril.
«Quelqu'un lui a demandé : "Allez-vous vous préparer à un référendum?" Quand on aura un signal, on s'y préparera. Mais, pour l'instant, on n'en a pas», précise Jacques Drouin.
Questionné par Le Soleil jeudi, le porte-parole Denis Dion avait affirmé : «Soyez sûrs d'une chose : si le Parti québécois est élu majoritaire, on part. C'est clair, clair, clair qu'il va y avoir des plans parce que ça [un référendum], c'est un exercice immense.»
«Il va y avoir des plans très rapidement, le patron va se diriger très rapidement vers une préparation de cette affaire-là», ajoutait M. Dion.
Le DGEQ espère que ces propos ne porteront pas ombrage à la campagne électorale. «Tout ce que je souhaite, c'est que la déclaration de M. Dion ne prenne pas plus de place que la mienne. Je trouve ça regrettable, ce qu'il a fait, je suis obligé de le dédire parce qu'on n'est clairement pas en préparation d'un référendum. Je ne vous dis pas qu'il n'y a pas quelques personnes qui s'en parlent entre eux autres, mais au niveau de la direction, il n'y a absolument rien d'entrepris», insiste Jacques Drouin.
Le directeur des élections se montre rassuré par le fait que la première ministre sortante, Pauline Marois, a accepté ses excuses auprès des électeurs pour la «confusion» engendrée par les propos de son porte-parole.
Lorsqu'un journaliste l'a interpellée hier sur la neutralité que devrait avoir le DGEQ en campagne électorale, la chef péquiste a glissé : «Vous avez raison, mais à sa décharge, il s'en est excusé ce matin.»
Jacques Drouin a aussi eu l'assurance du Parti libéral du Québec qu'il retirerait les publicités qu'il a fait circuler sur Internet et qui citaient le porte-parole Denis Dion, en annonçant que «le DGEQ planifiera un référendum si le PQ est élu majoritaire».
M. Drouin précise par ailleurs que son organisation «est toujours en train de se préparer à une élection». «Quand cette élection-ci va être finie, en fonction des différents résultats possibles, majoritaire ou minoritaire j'entends, on va devoir se préparer à une élection», rappelle-t-il.
Quant à savoir si son porte-parole sera sanctionné, le DGEQ dit ne pas avoir «encore regardé ce qu'on allait faire». «Honnêtement, je n'ai pas travaillé sur le pourquoi Denis [Dion] s'est avancé tant que ça [jeudi], j'ai plutôt travaillé à essayer de démentir et d'éteindre ce feu-là», explique Jacques Drouin, en indiquant que «si jamais on faisait quelque chose, ce ne sera pas dans les médias».