Nathalie Madore, vice-présidente question retraite et directrice de la statistique et de l'analyse quantitative à la Régie des rentes du Québec.

REER: les mentalités changent

Le monde du travail évolue, les mentalités changent, l'âge de la retraite tend à être repoussé et certains envisagent même de demeurer sur le marché du travail pour combler les lacunes de leur épargne pour leurs vieux jours.
«Ce que l'on aperçoit, c'est que les gens commencent à voir le fait de travailler plus longtemps comme étant une solution monétaire», soutient d'entrée de jeu Nathalie Madore, vice-présidente Question Retraite et directrice de la statistique et de l'analyse quantitative à la Régie des rentes du Québec. «Ce n'était pas le cas il y a quelques années, alors qu'ils voyaient le travail à la retraite essentiellement comme une façon de continuer à s'occuper et non comme un revenu supplémentaire.»
Selon des données fournies par Question Retraite, en 2003, 2 % des travailleurs prévoyaient demeurer sur le marché du travail tant et aussi longtemps qu'ils en avaient les capacités physiques. Aujourd'hui, ce sont 5 % des travailleurs qui n'envisagent pas la retraite complète. Aussi, il y a 11 ans, 25 % de la population songeait à la retraite hâtive (avant 55 ans), comparativement à seulement 7 % en 2013.
Retraite progressive
Certains travailleront à temps plein, d'autres opteront pour une retraite progressive, un phénomène en croissance, qui permet aux travailleurs de réduire leur semaine de travail et d'amorcer graduellement leur départ du marché du travail. Une option de plus en plus offerte par les employeurs et davantage considérée par les travailleurs. En 2013, selon les réponses recueillies par Question Retraite, 62 % des gens se sont dits intéressés par la retraite progressive, contrairement à 54 % en 2003.
«En 2003, 43 % des répondants qui voulaient prendre une retraite progressive soulignaient vouloir le faire pour s'habituer lentement à l'idée de la retraite, souligne Mme Madore. Ce pourcentage-là est rendu à 35 %. C'est plutôt pour avoir des revenus de travail plus longtemps ou augmenter ses revenus de retraite» qui a gagné en popularité, 11 % en 2013 comparativement à 5 % en 2003. La pénurie de main-d'oeuvre est certainement la raison première qui explique pourquoi l'employeur offre la retraite progressive.
«[Pour] la majorité des gens, ça reste encore pour s'habituer à la retraite, mais on voit que les mentalités changent», ajoute la vice-présidente.
La situation actuelle, les changements dans les régimes de retraite, la pension de la sécurité de la vieillesse qui passe de 65 à 67 ans expliquent en partie les changements de mentalité chez les gens qui se résignent au fait qu'ils n'auront pas d'autre choix que de travailler plus longtemps, estime Mme Madore.
En 2003, la moyenne d'âge de la retraite prévue était de 60,1 ans. En 2013, cette moyenne est passée à 62,7 ans, selon les données issues du sondage de Question Retraite