Lorsque vous retirez des fonds de votre REER, vous perdez l'accroissement de votre capital en franchise d'impôt.

REER: éviter les retraits anticipés

Lorsqu'on cotise à son REER, il faut avoir conscience que dans la majorité des cas, on ne reverra pas la couleur de notre argent avant l'âge de la retraite. Il ne faut pas penser à court terme avec un REER, mais bien à long terme, car tous les retraits anticipés annulent les avantages fiscaux qu'on a pu en tirer.
Cependant, il existe des scénarios où l'on peut retirer son argent sans être lourdement pénalisé du point de vue de l'impôt, notamment lors de l'achat d'une première maison avec le Régime d'accession à la propriété (RAP) et dans le cas d'un retour aux études avec le Régime d'encouragement à l'éducation permanente (REEP).
Les sommes retirées en vertu du RAP et du REEP ne sont pas imposables, à condition qu'elles soient remboursées dans les délais prescrits.
«L'avantage de mettre de l'argent dans les REER est de baisser son imposition immédiatement, de faire croître le capital à l'abri de l'impôt et normalement, lorsqu'on le retire, d'avoir un taux d'imposition plus bas que durant notre vie active», souligne Hélène Paradis, de Gestion de patrimoine TD.
Pour combler un manque de revenus
Les retraits anticipés servent surtout à combler un manque de revenus, par exemple lors d'une préretraite ou en cas de perte d'emploi. Un choix judicieux? Pas toujours, car les retraits hâtifs dissimulent des coûts qui peuvent nuire à votre épargne-retraite à long terme.
Lorsque vous retirez des fonds de votre REER, vous perdez alors l'accroissement de votre capital en franchise d'impôt. Par exemple, si vous retirez 2000 $ de votre REER, et que votre rendement par année est de 5 %, après 20 ans, votre placement aurait cru de 3 300 $.
Toute somme retirée de votre REER fait l'objet d'une retenue d'impôt. Pour un résident du Québec, le montant retenu peut équivaloir à :
1 une retenue fiscale de 21 % pour un retrait égal ou inférieur à 5000 $;
2 une retenue fiscale de 26 % pour les retraits de 5000 $ à 15 000 $;
3 une retenue fiscale de 31 % pour les retraits supérieurs à 15 000 $.
De plus, «il faut garder en tête que si une personne a déjà un revenu de 50 000 $ et retire un montant de 15 000 $ de son REER, elle sera alors imposée sur 65 000 $», explique Mme Paradis. «Et si avec le 31 %, nous n'en avons pas retenu assez, elle devra payer de l'impôt supplémentaire lorsqu'elle fera son rapport d'impôt.»
La dernière conséquence d'un retrait anticipé est que vous perdez à jamais les droits de cotisation que vous avez utilisés. «Vous pourrez continuer à cotiser, mais vous ne pourrez verser à nouveau le montant de la cotisation que vous avez retiré. Le REER est beaucoup moins flexible qu'un CELI au niveau des retraits», conclut Mme Paradis.
-----
Le RAP
Un citoyen qui n'a pas été propriétaire d'une maison au cours des cinq dernières années peut emprunter jusqu'à 25 000 $ de son REER sans intérêt. Si les deux conjoints sont admissibles au programme, il est donc possible de retirer en tout 50 000 $ pour acheter une propriété à deux. À partir de la deuxième année, il faut remettre dans son REER un quinzième pour chaque année suivante.
Le REEP
Il est possible d'emprunter jusqu'à 20 000 $ sans intérêt de son REER, avec un maximum de 10 000 $ par année, pour financer des études supérieures à temps plein ou une formation. Ces retraits peuvent s'effectuer sur une période de quatre ans. Ce prêt doit être remboursé en totalité sur un maximum de 10 ans.
-----
Besoin d'argent
Lorsque vous avez besoin d'argent en cas d'imprévu, avant de songer à retirer vos REER, il est important d'évaluer vos autres possibilités. Une marge de crédit pourrait être une bonne solution afin d'avoir un fonds en cas d'urgence. Vous aurez ainsi les fonds nécessaires sans avoir à faire une nouvelle demande de prêt. Généralement, les taux d'intérêt d'une marge de crédit sont moins élevés que ceux des prêts à échéance fixe.
-----
Investir selon ses convictions
Pour les investisseurs qui souhaitent effectuer des placements dans des fonds socialement responsables, il est possible d'en faire la demande auprès de son conseiller financier. Il s'assurera alors que les investissements tiennent compte de critères environnementaux ou éthiques définis. Par exemple, Desjardins offre les portefeuilles Sociéterre, qui permettent d'allier ses objectifs financiers à ses valeurs personnelles, en contribuant à «faire évoluer les pratiques environnementales, sociales et de gouvernance des entreprises».
Pour Carl Yergeau, analyste en planification financière avancée chez Industrielle Alliance, ces fonds éthiques représentent «une option parmi d'autres», et il conseille d'y investir une partie de son argent seulement. «C'est un choix social avant un choix d'investisseur», nuance M. Yergeau, indiquant qu'il n'offre «pas nécessairement le meilleur rendement». Raphaëlle Plante