François Legault  a fait part de ses impressions après le deuxième débat des chefs, jeudi soir.

Réactions des chefs après le deuxième débat

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, sort de ce débat qu'il a qualifié de «vif, vigoureux et bien animé» avec l'impression d'avoir fait comprendre aux électeurs québécois qu'il y a vraiment une troisième voie politique.
Se disant «très content» et visiblement enthousiaste en point de presse après le débat, M. Legault a même parlé d'un «tournant» pour sa formation qui est en troisième place dans les sondages avec environ 15 % de la faveur populaire.
«On est à un tournant historique. Ça fait 40 ans qu'on est dans le vieux débat. Ce soir, on a pu parler de comment on peut défendre les familles et l'identité québécoise sans avoir besoin d'un référendum», a souligné celui qui a parlé de charte des valeurs et de défense de la langue française pendant le débat. 
M. Legault estime aussi avoir eu davantage le temps ce soir que lors du premier débat de la semaine dernière pour parler de ce qu'il a à proposer pour le Québec. «J'ai travaillé fort depuis un an pour proposer un plan. Je pense que ce soir, le choix est clair», a-t-il estimé.
Pendant la période de questions postdébat, M. Legault s'est même permis de citer le président américain Barack Obama en disant qu'il sent ce soir que tout est encore «possible». «Yes we can», a-t-il lancé avec le sourire.
<p>La co-porte-parole de Québec solidaire Françoise David parle aux médias après le débat des chefs, jeudi soir.</p>
Pas des «pelleteux de nuages», dit David
Après une semaine de «garrochage de bouette», la solidaire Françoise David s'attendait à un débat plus «cacophonique» et juge que les chefs se sont retenus un peu.
«Je suis très fière de ce débat», a-t-elle lancé dans les minutes qui ont suivi la fin des échanges. Elle estime avoir fait des interventions posées, nuancées, mais aussi être parvenue à passer à l'offensive. 
Mme David s'est particulièrement réjouie de l'appui unanime des chefs à sa proposition d'une loi pour contrer l'expulsion des aînés de leur logement. «Je crois avoir démontré l'importance d'avoir une grosse équipe solidaire à l'Assemblée nationale», a-t-elle dit. 
La co-porte-parole s'est par ailleurs défendue de verser dans la pensée magique lorsqu'il est question de ses propositions électorales. «Nous ne sommes pas des pelleteux de nuages, a-t-elle affirmé. Nous savons que l'argent ne pousse pas dans les arbres. Nous avons un plan pour aller chercher de nouveaux revenus.» Son parti propose notamment d'aller chercher des revenus auprès des banques, des contribuables aux revenus plus élevés, des grandes entreprises et en haussant les redevances minières. 
«Tant qu'à mettre 40 milliards $ sur un barrage comme La Romaine qui n'a pas de bon sens, pourquoi on ne pourrait pas mettre 20 milliards $ sur le développement et l'électrification des transports? a déclaré Mme David. C'est une autre vision du développement du Québec.» 
<p>Pauline Marois rencontre les médias après le deuxième débat des chefs.</p>
Plus de contenu, se réjouit Pauline Marois
La chef du Parti québécois Pauline Marois s'est réjouie d'avoir pu «aborder davantage de fond et de contenu» dans le débat jeudi soir. Pour elle, comme pour ses adversaires.
Chaque chef, a-t-elle soutenu, voulait parler de ses orientations. «Et je pense que ç'a été globalement le cas», a-t-elle estimé en point de presse après le débat qui a largement porté sur l'intégrité.
Même si ce thème a comme prévu fait quelques flammèches, la chef péquiste juge que le ton est resté raisonnable. Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, a parfois été particulièrement coriace à son endroit.
«C'était un peu difficile de pouvoir parler par-dessus lui, a-t-elle reconnu. J'ai essayé de garder le bon ton.»
Au cours des deux heures d'échanges, Mme Marois a d'ailleurs régulièrement passé des commentaires laissant entendre qu'elle aurait souhaité parler davantage. À un moment, l'animateur Pierre Bruneau a même dû lancer qu'il faudra lui «couper le micro» puisqu'elle continuait à parler après avoir été ramenée à l'ordre.
«J'avais tellement de choses à dire que j'avais l'impression qu'il me manquait de temps pour tout dire», s'est justifiée Mme Marois.
A-t-elle eu l'impression d'avoir convaincu les Québécois qu'elle ne tiendra pas de référendum? «Ce que j'ai dit est que j'allais les écouter», a-t-elle martelé.
<p>Le chef du PLQ, Philippe Couillard, prévoyait se retrouver au coeur de la mitraille lors du débat et estime être parvenu à répondre aux attaques sur l'intégrité.</p>
«J'ai choisi de garder ma dignité», dit Couillard
Le chef du PLQ prévoyait se retrouver au coeur de la mitraille lors du débat et estime être parvenu à répondre aux attaques sur l'intégrité.
Philippe Couillard soutient qu'il aurait pu choisir de salir aussi les autres chefs, mais qu'il a préféré «garder [sa] dignité» et faire des propositions. «C'est la politique, a déclaré le leader libéral. Ça fonctionne comme ça. Chacun choisit son style. J'aurais pu embarquer sur le même terrain qu'eux. J'ai choisi de ne pas le faire.»
Ceci étant, il a l'impression d'avoir dissipé les doutes à son endroit. «Je me suis tenu debout, a dit M. Couillard. J'ai répondu avec fermeté. Je ne crois pas que les Québécois voulaient assister à du lançage de boue. C'est comme ça que je fais de la politique. Je veux faire avancer le Québec, pas les concours de salissage.»
Le meneur dans les sondages d'opinion soutient que sa «campagne va dans le bon sens» parce qu'elle ne porte pas sur «des enjeux imaginaires». «Sans présumer du résultat, je sens un ralliement sur le terrain, a-t-il indiqué. Les gens veulent entendre parler d'économie et d'emploi pour soutenir l'économie et la santé.»
Au terme de ce débat, il s'est dit plus convaincu que jamais de la volonté de Pauline Marois de tenir un référendum si elle est reportée au pouvoir.