L'affrontement tant attendu ne s'est pas conclu par un K.-O. d'un des chefs. Certains échanges ont été émotifs, mais l'exercice s'est conclu sans prise de bec acrimonieuse.

Réactions des chefs après le débat

Philippe Couillard n'a pas été convaincu du tout par la «clarification» que juge avoir apporté Pauline Marois sur l'enjeu de l'élection.
Philippe Couillard estime avoir livré une performance correcte lors du débat des chefs, jeudi soir.
Philippe Couillard: : une «expérience intense»
«Je constate que la question de l'élection reste la même. Mme Marois est incapable de dire qu'il n'y aura pas de référendum», a commenté le chef du Parti libéral quelques minutes après sa première participation à ce premier débat qu'il a qualifié «d'expérience intense».
En point de presse quelque minutes après le débat, M. Couillard s'est défendu de mener «une campagne de peur» comme l'a accusé François Legault pendant le débat.
Le chef libéral estime plutôt avoir réussi à passer son message à l'effet qu'il mise sur l'économie, la santé, l'éducation et par sur «la séparation». Après des derniers jours marqués par un ton parfois corrosif, il a salué le ton des échanges.
«Je pense que ç'a été en général correct. J'ai été moi-même respectueux. Je crois que c'est comme ça que les Québécois veulent voir les hommes et les femmes politiques débattre.» 
<p>Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, s'est dit «très content» du débat même s'il a trouvé la formule «un peu rigide».</p>
François Legault «très content» de son débat
Le chef de la Coalition avenir Québec s'est dit «très content» du débat même s'il a trouvé la formule «un peu rigide».
Au final, il juge avoir atteint ses deux objectifs : montrer que son parti est le seul prêt à faire le ménage et à réduire les taxes.
Le chef caquiste voulait aussi mettre en valeur son passé d'homme d'affaires. «Je suis le seul dans la salle qui avait déjà créer des emplois pour de vrai, dans une vraie entreprise. Je pense que le message est passé», a commenté M. Legault.
Un référendum ou non?
Sur la question nationale, il a noté que la chef du Parti québécois n'a pas répondu à sa question lorsque, pendant le débat, il lui a explicitement demandé si «oui ou non» il y aurait un référendum dans un prochain mandat péquiste.
«Ce que Mme Marois dit c'est qu'elle ne le sait pas. Mme Marois a choisi de ne pas répondre à ma question. Je pense que Mme Marois est un peu dans le trouble ce soir.»
<p>Alors qu'elle a bénéficié d'un effet de surprise lors de son passage salué de tous à son premier débat à l'automne 2012, Françoise David croit avoir fait davantage passer son contenu jeudi soir.</p>
Françoise David : en avant le contenu
Alors qu'elle a bénéficié d'un effet de surprise lors de son passage salué de tous à son premier débat à l'automne 2012, Françoise David croit avoir fait davantage passer son contenu jeudi soir.
«C'est vrai que la première fois, il y avait une sorte d'effet de surprise. Ce que j'espère ce soir est que les gens ont écouté ce que j'ai dit», a lancé la co-porte-parole de Québec solidaire en point de presse.
Position souverainiste
«J'ai pu ce soir apporter les positions et les propositions de Québec solidaire. C'est ce qui était pour moi le plus important», a-t-elle dit en évoquant notamment la position souverainiste de son parti, son opposition au Plan Nord et sa volonté de réduire la dépendance du Québec au pétrole.
Fait cocasse, Mme David a été surprise lors du point de presse d'après-débat lorsque la première question lui a été posée en anglais. «À cette heure-ci, je suis désolée, mais mon anglais n'est pas suffisant», a-t-elle candidement admis.
Ciblée par les trois autres chefs, la première Pauline Marois est souvent apparue sur la défensive.
Pauline Marois a «clarifié la situation»
La première ministre sortante et chef du Parti québécois (PQ), Pauline Marois, estime avoir «réussi à clarifier la situation» alors qu'elle a été pressée de questions sur la possibilité d'un référendum dans un prochain mandat si le PQ est élu le 7 avril.
«J'ai parlé aux Québécois avec mon coeur. Je leur ai expliqué ce qu'on voulait faire», a-t-elle dit espérant avoir exprimé «clairement» que l'enjeu de la campagne est «l'élection d'un gouvernement et non un référendum». Elle a aussi martelé qu'il y aura un référendum «lorsque les Québécois seront prêts». Lorsqu'un journaliste lui a signifié que François David avait livré un vibrant témoignage sur le Québec, notamment en citant Gilles Vigneault, Mme Marois a assuré qu'on ne pouvait douter de ses propres convictions. «Est-ce que quelqu'un pense que je ne suis pas souverainiste? Je pense qu'il n'y a aucun doute là-dessus.»