Le père rédemptoriste Raymond-Marie Lavoie purge actuellement une peine de cinq ans de prison pour des agressions commises sur 13 étudiants. Il devrait témoigner cette semaine.

Raymond-Marie Lavoie ira en maison de transition

Le Rédemptoriste Raymond-Marie Lavoie, qui a agressé sexuellement 13 anciens étudiants du Séminaire Saint-Alphonse, a obtenu sa semi-liberté. Il quittera la prison pour habiter dans une maison de transition pour délinquants sexuels.
L'homme de 74 ans avait été condamné en février 2012 à purger cinq ans de pénitencier.
Il est admissible à une semi-liberté depuis l'automne, moment où le recours collectif contre les Rédemptoristes défrayait la manchette.
Les commissaires de la Commission des libérations conditionnelles ont entendu mardi sa requête, au pénitencier à sécurité minimale de Montée Saint-François à Laval.
Les commissaires ont jugé que, présentant un risque «faible à modéré» de récidive, Raymond-Marie Lavoie pouvait bénéficier d'une semi-liberté et quitter la prison pour une maison spécialisée dans le traitement des pédophiles.
Il sera interdit à Lavoie de communiquer avec ses victimes, de se trouver dans un parc ou autre lieu fréquenté par les enfants et de fréquenter des garçons mineurs sans un adulte au courant de son passé.
Car si le risque de récidive est faible, «tout contexte opportuniste pourrait contribuer à son augmentation, d'autant plus si vous aviez accès à un bassin de potentielles victimes», écrivent les commissaires dans leur décision.
L'ancien prêtre devra aussi se tenir loin de tout matériel pornographique ou sexuellement explicite.
Aux yeux des commissaires, les gestes posés par Lavoie sont sérieux et ont entraîné d'importantes séquelles pour les nombreuses victimes. «Les infractions à l'origine de la peine actuelle rencontrent la notion de dommage grave», écrivent les commissaires.
En avril 2012, Raymond-Marie Lavoie a reçu un diagnostic de pédophilie de type exclusif orienté vers les garçons. «Durant de nombreuses années, vous avez sexualisé vos frustrations et vos colères», résument les commissaires, en décrivant les facteurs à la base de la délinquance de Lavoie.
Au début de son incarcération, le Rédemptoriste adoptait un discours «quelque peu déresponsabilisant, truffé de distorsion et peu empathique», peut-on lire dans la décision.
Mais au fil du temps et des thérapies, Raymond-Marie Lavoie aurait été en mesure de reconnaître ses délits et sa culpabilité.
Raymond-Marie Lavoie a été battu à plusieurs reprises dans les prisons qu'il a fréquentées depuis deux ans, au point d'en avoir la mâchoire fracturée, et a vécu dans un «climat hostile», note la Commission.
Maintenant considéré comme un laïc par sa communauté religieuse, Lavoie a dit vouloir éventuellement aller vivre dans une résidence pour personnes âgées.
Sans remords
Requérant au recours collectif, Frank Tremblay a pris la parole pour tenter de convaincre les commissaires qu'à son avis, Lavoie n'avait jamais exprimé de remords ni même fait une prise de conscience.
«J'espérais qu'il reste en dedans parce que je le sais pas repenti», a commenté M. Tremblay, en entrevue téléphonique au Soleil.
Frank Tremblay a raconté aux commissaires à quel point il avait été dégoûté de voir Raymond-Marie Lavoie venir nier à la cour civile certains éléments des versions des victimes, tout ça pour «protéger l'organisation», a insisté M. Tremblay.