Loin du ton frondeur adopté devant la presse à l'annonce de la résiliation du contrat de Rapaille, Régis Labeaume a plutôt pris le blâme pour l'échec de cette aventure, hier.

Rapaille aura coûté 250 000 $

L'embauche du consultant en marketing Clotaire Rapaille, dont le mandat a été annulé la semaine dernière, coûtera 250 000 $ plutôt que les 300 000 $ prévus. S'il «assume le blâme» pour l'échec de cette aventure, le maire Labeaume n'abandonne pas pour autant l'idée de rajeunir l'image de Québec.
Son mandat interrompu en raison des inexactitudes dans son curriculum vitae, Clotaire Rapaille voit ses honoraires amputés de 50 000 $ pour se chiffrer à 200 000 $. Environ 25 000 $ lui seront également versés pour couvrir ses frais de déplacement et son hébergement au Château Frontenac. Par ailleurs, un peu plus de 23 000 $ ont été versés aux quelque 300 personnes ayant participé aux séances de travail avec le consultant en marketing. Bref, l'aventure aura coûté en tout 250 000 $, une fois toutes ces dépenses additionnées.
Rappelons qu'au lendemain d'une enquête du Soleil, le maire avait annoncé l'annulation du mandat de Clotaire Rapaille. Responsable du contrat, PÔLE Québec Chaudière-Appalaches devait négocier avec le Français d'origine naturalisé américain la somme à lui verser pour régler ses honoraires. Mardi, l'organisme disait toujours être en négociation.
Or, mardi soir, Régis Labeaume a profité de la séance du conseil municipal pour annoncer la conclusion d'une entente avec
M. Rapaille, sans mentionner qui de PÔLE ou de son cabinet avait réglé le dossier. Le maire a surtout profité de son intervention pour «tourner la page». Loin du ton frondeur adopté devant la presse à l'annonce de la résiliation du contrat de Rapaille, il a plutôt pris le blâme pour l'échec de cette aventure. «Cet exercice prometteur est un échec et j'en assume le blâme. J'en suis désolé, dois-je le répéter? Je m'en excuse», a-t-il dit d'entrée de jeu.
Dans son allocution, le maire a précisé que cette malheureuse aventure aura coûté 56 300 $ aux citoyens de Québec. Mais voilà, ce montant n'inclut pas les sommes versées par l'Office de tourisme de Québec et PÔLE Québec Chaudière-Appalaches, organismes financés par la Ville. Le quatrième partenaire de ce contrat, le Bureau de la Capitale-Nationale, relève du gouvernement provincial.
S'il tourne la page sur ce qu'il a appelé «l'affaire Rapaille», M. Labeaume a assuré ne pas abandonner son projet de rajeunir l'image de la «Vieille Capitale». «L'objectif du branding pour Québec est toujours là. Bon, la méthode qu'on avait n'était visiblement pas la meilleure», a-t-il dit. Le maire a toutefois insisté pour dire que les démarches du consultant ont permis de recueillir «du matériel très intéressant» qui sera utilisé pour poursuivre l'aventure.
Ce dernier s'est toutefoismontré discret sur ses futures démarches, disant vouloir «laisser retomber la poussière» sur «l'affaire Rapaille». «C'est quand même pas les compteurs d'eau, il est temps de passer à autre chose», a-t-il dit en faisant référence au
scandale ayant ébranlé l'administration municipale de Montréal en 2009.
Et le message a été compris par les membres de son parti politique, ceux-ci évitant d'aborder le sujet au conseil municipal. En fait, à peine 19 minutes ont été consacrées à «l'affaire Rapaille» mardi soir.
Les deux seuls indépendants ont bien essayé de lancer le débat en dénonçant à nouveau «le fractionnement du contrat entre quatre partenaires», permettant à la Ville d'éviter l'appel d'offres. Leurs attaques sont toutefois restées sans réponse, les élus d'Équipe Labeaume préférant enchaîner sur des questions moins controversées.