La pièce maîtresse de l'exposition, le bronze d'Esther Blondin, fondatrice des Soeurs de Sainte-Anne.

Raoul Hunter, l'artiste du quotidien de Québec

Entre 1956 et 1989, le caricaturiste Raoul Hunter a animé les pages de ce journal : en 33 ans, quelque 10 000 dessins ont été produits pour Le Soleil. En parallèle, sa prolifique carrière de sculpteur a semé des bronzes devenus familiers aux quatre coins de la capitale. Quand on parle d'un créateur qui a su toucher le quotidien de sa ville...
Raoul Hunter et les sculptures de plâtre qui ont servi à la création des monuments des Voltigeurs de Québec, à la place George-V, et de la marine marchande, à Pointe-à-Carcy.
Une caricature de Raoul Hunter
Jusqu'au 22 août, la Maison Hamel-Bruneau présente l'exposition Raoul Hunter: sculpteur d'identité, qui rend hommage à ce créateur bien de chez nous. Pour une rare occasion, les deux volets de sa production se voisinent: caricatures et sculptures se partagent l'espace, les personnages historiques cohabitent en deux ou en trois dimensions.
«Pour moi, c'est une exposition pleine de souvenirs», a résumé mercredi l'artiste, qui fêtera son 84e anniversaire le mois prochain. Pour les plus jeunes, c'est plutôt une leçon d'histoire qui se cache dans l'établissement du chemin Saint-Louis. Un cours dans lequel un René Lévesque dessiné en défenseur des Nordiques en côtoie un autre sculpté dans le plâtre, avant de devenir un buste de bronze. Tout près, Ronald Reagan prend la forme d'un cactus sous la même plume qui a dissimulé Jimmy Carter dans une cacahuète. «Les politiciens se suivent sous mon crayon d'une façon si particulière qu'il m'est maintenant impossible de les prendre au sérieux», rappelle une inscription sur le mur.
Pour l'exposition, la commissaire Claude Corriveau a plongé dans les Archives nationales, où est conservée la production de l'ancien caricaturiste. Celui-ci s'est impliqué à toutes les étapes du projet, même s'il a avoué n'avoir «pas été trop chaud à l'idée» au début.
«Mais aujourd'hui, je suis content», a-t-il assuré, au milieu des oeuvres qu'il a créées des années 50 aux années 90 : dessins originaux et reproduits, sculptures, maquettes et médailles commémoratives.
La pièce maîtresse : l'imposant bronze d'Esther Blondin, fondatrice des soeurs de Sainte-Anne, qui trône dans la salle du fond. «Il n'y a de figuratif que le visage et les mains», a expliqué mercredi M. Hunter. «Le reste est un système d'abstractions qui s'enchaînent et ça finit par ressembler à un costume.»
L'exposition, divisée par décennies, met notamment en valeur les plâtres qui ont servi à la création des monuments de la marine marchande, à Pointe-à-Carcy, et des Voltigeurs de Québec, sur la place George-V. Une référence est aussi faite à la statue d'Émilie Gamelin, qui accueille si bien les voyageurs de la station de métro Berri-UQAM, à Montréal, que le bronze de sa main s'est usé à force d'avoir été touché.
Vous voulez y aller?
QUOI : Raoul Hunter : sculpteur d'identité
QUAND : jusqu'au 22 août, entrée libre
OÙ : Maison Hamel-Bruneau, 2608, chemin Saint-Louis
INFO : 418 641-6280, www.paricilavisite.qc.ca