Les caméras se tourneront vers la commission Charbonneau cette semaine pour le témoignage de Bernard «Rambo» Gauthier, afin de faire la lumière sur ses agissements dans les chantiers de la Côte-Nord.

«Rambo» chez Charbonneau

Sotchi ayant quitté nos petits écrans, c'est vers «Rambo» et la commission Charbonneau que les caméras se tourneront cette semaine. Depuis le temps qu'on en parle, tout le monde serait déçu de ne pas voir et entendre Bernard Gauthier, cet ancien militaire costaud qui fait la pluie et le beau temps pour la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec sur les chantiers de la Côte-Nord.
Ces spectacles en direct ne sont pas sans problème. Vendredi, le match de hockey entre le Canada et les États-Unis a tellement engorgé les réseaux Internet des ministères que les responsables ont dû faire des rappels à l'ordre. Heureusement que le match contre la Suède se tenait dimanche...
Il est douteux que «Rambo» attire un tel auditoire. Mais la commission Charbonneau devra avoir autre chose que de l'intimidation à lui reprocher si elle veut rester dans le cadre de son mandat. On lui a demandé d'enquêter sur la collusion, la corruption dans l'octroi et la gestion de contrats publics dans la construction, «incluant des liens possibles avec le financement des partis politiques». On lui demande également de «dresser le portrait de possibles activités d'infiltration de l'industrie de la construction par le crime organisé». Ce n'est pas ce qu'on reproche à «Rambo».
Il y a un intérêt public évident à faire la lumière sur les agissements des gros bras de la FTQ sur la Côte-Nord, mais pas aux dépens du mandat premier de cette enquête publique. C'est le lien entre le financement des partis politiques et l'octroi des contrats du gouvernement qui a été à l'origine de la mise en place de la commission Charbonneau. Or, il reste si peu de temps aux commissaires Charbonneau et Lachance qu'on peut se demander s'il leur sera possible de faire le point sur cet aspect de leur mandat. Et surtout, si le travail des policiers et de leurs enquêteurs a mis en lumière des comportements douteux ou illicites sur une grande échelle.
C'est la crainte qu'a manifestée la semaine dernière le député Jacques Duchesneau, qui a dirigé l'Unité anticollusion mise sur pied par le gouvernement Charest en 2010, et dont le rapport a mené à la création de la commission Charbonneau. «On a mis beaucoup d'emphase sur le milieu municipal, sur les syndicats, et à raison, d'ailleurs. Est-ce qu'on va voir ce qui se passe au ministère des Transports puis à Hydro-Québec?» a demandé Duchesneau en point de presse. Il a émis l'hypothèse qu'il y ait un goulot d'étranglement chez les procureurs de la commission, «qui empêche» qu'on parle du ministère des Transports. «Ce serait désolant qu'on ait fait un travail pour dénoncer une situation au ministère des Transports et que là, on parle d'à peu près tout, à part du ministère des Transports.»
La médaille d'or
Gérard Deltell s'est scandalisé hier du communiqué de presse publié dimanche par Pauline Marois pour souligner la victoire canadienne au hockey contre la Suède. «Petit, minable et misérable...»
Deltell est allé un peu fort, mais c'est vrai que le bureau de Mme Marois a fait des contorsions littéraires peu ordinaires pour éviter de mettre le mot Canada dans son communiqué. «J'adresse mes plus sincères félicitations à l'équipe masculine de hockey qui a récolté la médaille d'or», a dit Mme Marois, pour féliciter ensuite uniquement les joueurs québécois, dont le gardien Roberto Luongo. Or, ce n'est pas Luongo, mais Carey Price qui était dans les buts, dimanche. Sans aller aussi loin que Deltell, disons que le communiqué de Mme Marois a été mesquin pour les grandes vedettes de ce match, dont Sidney Crosby et Jonathan Toews (un Franco-Manitobain), qui ont compté les deux premiers buts du match, et pour Carey Price, qui évolue tout de même au sein du Tricolore, à Montréal.