Jean-François Jacob était accusé par Radio-Nord Communications Media, propriétaire de CHOI Radio X, d'avoir administré au moins trois sites liés à la coalition «Sortons les poubelles», sur lesquels une invitation à boycotter CHOI Radio X et ses annonceurs avait été lancée.

Radio X et Jean-François Jacob concluent une entente à l'amiable

Une entente à l'amiable est survenue in extremis dimanche soir entre CHOI Radio X Québec et Jean-François Jacob. Ce dernier devait se présenter en cour ce matin afin de répondre à une poursuite de 275 000 $ intentée contre lui et un autre internaute, Éric Beaudry, tous deux accusés d'avoir administré des sites dénigrant la station et ses annonceurs.
Les procureurs de Jean-François Jacob et de Radio-Nord Communications Media (RNC), propriétaire de CHOI Radio X, en sont arrivés à une entente longuement négociée dans la journée de dimanche. Le document a été signé à 19h.
M. Jacob, créateur de la page Facebook «Québec s'excuse pour sa radio-poubelle», était dans le collimateur de RNC depuis le mois de mai 2013.
À ce moment, la direction de RNC l'accusait d'administrer au moins trois sites liés à la coalition «Sortons les poubelles», sur lesquels une invitation à boycotter CHOI Radio X et ses annonceurs avait été lancée.
M. Jacob n'a jamais nié avoir créé la page Facebook, mais s'est toujours défendu d'avoir fait pression sur des annonceurs ou d'avoir produit du matériel appelant à boycotter CHOI Radio X et ses clients.
«Je ressors de là avec ma liberté d'expression qui est intacte. Je ne suis pas limité dans mon droit de parole, c'est une victoire», a résumé M. Jacob en entrevue au Soleil dans les minutes ayant suivi la signature du document légal. «Pour le reste, je ne peux pas commenter sur les détails.»
De retour à Montréal
Jean-François Jacob, bien que soulagé que cette histoire soit enfin terminée, y aura malgré tout laissé son emploi au Groupe Desjardins, en plus d'avoir déménagé à Montréal après neuf années passées à Québec. «J'ai vécu beaucoup de conséquences. J'ai déménagé de la région, on a défoncé ma porte et mes fenêtres [avec des boules de billard]», a-t-il rappelé.
De retour à Montréal où il a grandi, M. Jacob n'a toujours pas trouvé d'emploi dans le domaine des assurances. Sans pouvoir lier ses difficultés à dénicher du boulot dans la métropole à sa mésaventure, ce dernier ne voit pas d'autre explication.
Il songe désormais à trouver un nouveau domaine d'études, question «de me faire oublier», a-t-il confié dimanche. Et pas question de revenir à Québec, «à moins que j'aie une très bonne opportunité».
Au final, Jacob s'estime chanceux. «Quand j'ai reçu le document de la poursuite [de 60 pages], je ne savais pas quoi faire. Heureusement que j'ai eu l'aide de Juripop», a-t-il reconnu.
Du côté de CHOI Radio X Québec, «la page est tournée» dans le cas de Jean-François Jacob, a déclaré le directeur général, Philippe Lefebvre, en poste depuis décembre 2013. «C'est une entente qui est satisfaisante pour les deux parties», a-t-il dit, sans commenter davantage.
******************
Éric Beaudry en cour ce matin
Tout n'est pas terminé dans cette affaire. Éric Beaudry doit se présenter en cour à 9h15 lundi matin, puisque aucune entente n'est intervenue dans son cas. Des plaidoiries sont prévues jusqu'à vendredi. En janvier, la Cour supérieure avait tranché que la poursuite de RNC «soulève de sérieuses questions» sur les limites à la liberté d'expression, donnant ainsi le feu vert à un procès. M. Lefebvre prévoit que plusieurs échanges porteront sur ce concept de liberté d'expression, dont CHOI Radio X sont «les plus grands défendeurs», a-t-il dit. Les procureurs de la station sont les mêmes qu'en 2004, alors que CHOI Radio X se trouvait du côté des poursuivis pour des propos tenus en ondes par certains animateurs. «Je suis ici depuis 18 ans. On a flirté avec la ligne dans le passé, on est revenus dans les rangs.» RNC entend utiliser cette expérience lors du procès. Selon la direction, dans les cas de MM. Beaudry et Jacob, la limite de la liberté d'expression a été franchie. «Des propos ont été sortis de leurs contextes, des extraits qui n'ont pas été tenus sur nos ondes nous sont attribués et ont été acheminés à nos annonceurs», a-t-il cité en exemple.