Qui veut la rondelle?

Henri Richard, gagnant de 11 Coupes Stanley avec le Canadien de Montréal, se plaisait à dire que tu n'accordes pas de but à l'adversaire si tu gardes possession de la rondelle. Ce principe vieux comme le sport du hockey lui-même a perdu de sa signification au fil des ans. Le «garrochage» de rondelles dans le fond de la zone ennemie est le jeu le plus pratiqué de nos jours.
Les entraîneurs demandent aux bons joueurs offensifs d'être responsables en défensive. Ils ne demandent pas aux attaquants spécialistes de la défensive de marquer des buts. Ce n'est pas leur rôle, dit-on. Éclairez-moi! Depuis quand un joueur de hockey ne doit pas tenter de mettre la rondelle dans le filet adverse?
Jamais un joueur de troisième ou quatrième trio ne réchauffera le banc après avoir raté un but. Le membre du premier ou du deuxième trio subira à l'occasion cette humiliation s'il se rend coupable d'un revirement néfaste à son équipe ou s'il fait preuve de négligence dans la couverture de son opposant.
C'est comme ça que ça se passe dans le hockey moderne. La défensive, toujours la défensive, rien que la défensive! On ne peut plus dire que l'attaque constitue la meilleure défensive. On prêche plutôt le contraire.
La statistique des plus et des moins prend de plus en plus d'importance. Sans oublier les tirs bloqués ou le va-et-vient dans les coins en territoire offensif. Le fameux cycling que je ne parviens toujours pas à traduire en français.
Heureusement, l'attaque prime encore chez certaines équipes. Les Blackhawks de Chicago dominent la Ligue nationale pour les buts marqués. Ils ne viennent qu'au 16e rang dans les buts alloués. Ils se maintiennent néanmoins dans l'élite.
Sept porte-couleurs des Blackhawks se retrouvent parmi les 60 meilleurs pointeurs du circuit Bettman. Six - mêmes sept - de ces joueurs trônent parmi les 25 premiers dans la colonne des plus et des moins. Comme quoi des joueurs offensifs peuvent s'exprimer sans faire souffrir leur équipe en défensive.
À l'exception des Penguins de Pittsburgh, les puissances offensives de la Ligue nationale évoluent dans l'association de l'Ouest. Les Blues de St. Louis serviront d'exemple pour tous ceux qui affirment qu'une formation consciente de sa défensive peut également marquer beaucoup de buts.
Subban: un bon choix
Il n'y aura pas de révolution à Montréal, puisque P.K. Subban fera partie de l'équipe canadienne aux Jeux olympiques de Sotchi. Et c'est un bon choix! Le défenseur du Canadien méritait de défendre les couleurs canadiennes en Russie.
La sélection canadienne comporte quelques surprises, mais rien pour crier au scandale. Personnellement, je suis très déçu de l'absence de Brent Seabrook, des Blackhawks de Chicago. Plus fiable que lui à la ligne bleue, c'est assez rare. Il peut également s'inscrire à la feuille de pointage. Il a probablement été victime d'un surplus de défenseurs droitiers. Les choix de Patrick Marleau et de Dan Hamhuis me laissent de glace et l'exclusion de Martin Saint-Louis est difficile à expliquer.
Les amateurs de hockey de la région de Québec se réjouissent des sélections de Patrice Bergeron, un gars du coin, et de Marc-Édouard Vlasic, un ancien défenseur des Remparts.
Retour de Grigo?
Que feront les Sabres de Buffalo avec Mikhail Grigorenko? On dit qu'un retour à Québec n'est pas impossible. Ce qui aiderait grandement la cause des Remparts, qui n'auraient pas à se départir d'un autre Européen pour l'accueillir.
Le même scénario se répète depuis deux ans avec Grigorenko. Il ne parvient pas à faire sa place chez les Sabres. Si ces derniers n'ont pas toujours pris les bonnes décisions pour favoriser son développement, l'attaquant russe doit également se regarder dans le miroir. Ce n'est jamais un bon signe de se faire reprocher un manque d'intensité à un aussi jeune âge.
La nouvelle direction des Sabres repart à zéro avec Grigorenko et Pat LaFontaine ne veut certainement pas répéter les erreurs du passé dans ce dossier.