Quebecor au Delaware: «Un coup bas», dit le PQ

Il n'y avait pas d'avantages particuliers pour Québecor à s'incorporer au Delaware autre que de pouvoir faire des affaires à l'international, affirme le candidat péquiste Pierre Karl Péladeau.
Les insinuations d'évasion fiscale faite par Québec solidaire en raison l'incorporation d'une soixantaine d'entreprises de Québecor dans l'État de l'Est américain ont fait bondir le Parti québécois, samedi. Le candidat dans L'Assomption, Pierre Paquette, a parlé d'un «coup en bas de la ceinture» et d'un «pétard mouillé» qui commandent des excuses.
«Il n'y a pas d'avantages particuliers», a affirmé M. Péladeau, en soirée, juste avant le grand rassemblement militant du Parti québécois au Théâtre TELUS. «C'est au Delaware que la grande majorité des entreprises sont constituées, et c'est simplement pour cette raison que les entreprises de Québecor sont incorporées au Delaware», dit-il.
Auparavant, le candidat Paquette a soutenu que l'État offre des «lois corporatives facilitantes», sans être en mesure d'en expliquer les bénéfices.
«Les entreprises, si elles font des affaires à l'étranger, elles ont des incorporations, elles ont des comptes de banque, a déclaré M. Péladeau. Ce sont les administrateurs, les actionnaires, les clients qui exigent de telles modalités. Par définition, comme Québecor est une entreprise qui a une envergure internationale, ce sont les règles du jeu qui fonctionnent.»
L'homme d'affaires et baron des médias a souligné que les propos de Québec solidaire témoignent de sa «grande méconnaissance» des milieux financiers. Il a par ailleurs juré n'avoir jamais détenu de compte dans un paradis fiscal.
Son collègue Paquette, un ex-député bloquiste, qui se décrit comme un «pourfendeur des paradis fiscaux», soutient que le Delaware ne peut être associé à une zone franche. «L'impôt fédéral s'y applique comme dans tous les États américains, alors on ne peut pas parler d'un paradis fiscal», a-t-il affirmé.
Plusieurs dizaines d'entreprises québécoises sont incorporées au Delaware, dont le Cirque du Soleil, Domtar et Desjardins, a énuméré M. Paquette. «Encore une fois, Québec solidaire a tout simplement tenté de salir un candidat du PQ pour lui nuire», a-t-il poursuivi.
«Conséquences» possibles, selon Marois
En début de journée, la chef péquiste Pauline Marois a admis ne pas avoir vérifié si l'un ou l'autre de ses candidats a déjà eu un compte dans un paradis fiscal. Si c'était le cas, «il devrait s'amender», a dit Mme Marois. Mais elle ne démettrait pas un candidat pour cette raison. «Ce ne serait pas un motif d'exclusion, mais il en assumerait les conséquences auprès des gens qui jugeront son comportement», a affirmé la chef péquiste.
Le chef de la Coalition avenir Québec et ancien homme d'affaires François Legault n'a pas voulu capitaliser sur les questionnements de Québec solidaire samedi. Cet État américain, dit-il, attire plusieurs entreprises quant à la flexibilité des conseils d'administration, notamment au moment d'offres d'achat hostiles. «Il y a des avantages à être au Delaware, mais je ne ferai pas de petite politique avec ça», a-t-il tranché de passage à Contrecoeur. Les entreprises peuvent-elles s'y enregistrer pour épargner de l'impôt? «Non, je ne pense pas que ce soit l'avantage du Delaware. Pas à ma connaissance. Il y a d'autres avantages, mais pas des avantages fiscaux», a dit M. Legault. Il a aussi affirmé qu'à sa connaissance, l'entreprise aérienne Air Transat, qu'il a fondée en 1987, n'a jamais été enregistrée au Delaware. Avec Valérie Gaudreau