Québecor au Delaware: évasion fiscale, accuse QS

Québec solidaire reproche à l'empire médiatique Québecor de détenir des dizaines de filiales dans l'État américain du Delaware, une «échappatoire» fiscale «inacceptable» d'après le parti de gauche.
La formation politique a fourni samedi aux médias une liste de plusieurs dizaines de filiales américaines de Québecor enregistrées au Delaware. «C'est inacceptable. Pendant que des gens ordinaires sont en train de faire leurs impôts, on apprend que des entreprises, des fleurons de la finance et de l'industrie québécoise sont en train de chercher des échappatoires fiscales. Ça, c'est inacceptable, c'est injuste. Et il faut régler ce problème-là», a commenté au Soleil le député sortant de Mercier, Amir Khadir.
Selon le magazine Forbes et le New York Times, le Delaware abrite un très grand nombre d'entreprises en raison de ses politiques fiscales avantageuses. D'après Alain Deneault, auteur du livre Paradis fiscaux : la filière canadienne, cet État est considéré comme un paradis fiscal, particulièrement pour les Limited Liability Companies, des entités pour lesquelles le taux d'imposition est nul dans cet État. «Clairement, on parle du grave problème lié à l'évitement et l'évasion fiscale que représente le Delaware», estime Amir Khadir.
Québec solidaire somme donc Québecor - et une panoplie d'autres entreprises québécoises, dont Power Corporation, propriétaire de Gesca et du Soleil - d'expliquer les raisons de ses enregistrements au Delaware. «Ça serait mieux de nous décrire qu'est-ce qu'ils font, combien d'impôt paient-ils là-bas, ici», exige le candidat solidaire. «Évidemment, ils ne parleront pas de paradis fiscaux. Ils vont parler de telle et telle classe... mais clairement, ce sont des échappatoires», poursuit M. Khadir.
Amir Khadir se défend de vouloir s'en prendre avant tout à Pierre Karl Péladeau, actionnaire de contrôle de Québecor et candidat du Parti québécois dans Saint-Jérôme. «La responsabilité ne relève pas tant de M. Péladeau. Elle relève de Mme Marois, de M. Couillard, de M. Legault de se prononcer clairement, de dire, il faut mener une lutte à l'évasion fiscale.» Avec La Presse Canadienne
Québecor rejette toutes les allégations
Québecor nie toutes les prétentions de Québec solidaire selon lesquelles qu'elle détiendrait des entreprises au Delaware aux fins d'évasion fiscale. L'entreprise reconnaît y détenir des sociétés, mais «prétendre que l'enregistrement de nos entreprises aux États-Unis ait pu servir à éviter de payer de l'impôt est une affirmation qui ne tient pas la route et qui témoigne d'une méconnaissance profonde de la gestion des entreprises», a souligné samedi l'entreprise dans un communiqué.
«L'État du Delaware est une juridiction qui est très souvent utilisée pour la constitution de sociétés aux États-Unis, et ce, tant par les entreprises américaines que les sociétés étrangères, notamment en raison de ses lois corporatives qui sont bien connues des marchés et qui offrent une certitude aux sociétés, à leurs actionnaires et à leurs administrateurs.»