Avec Venir au monde, l'auteure, comédienne et directrice artistique du Trident, Anne-Marie Olivier, présentera un collage de récits véridiques sur les naissances.

Quatre questions à Anne-Marie Olivier

Collectionneuse d'histoires vraies, qui nourrissent depuis un moment sa plume dramaturgique, Anne-Marie Olivier ne manque pas de suite dans les idées. Trois ans après Faire l'amour, l'auteure, comédienne et directrice artistique du Trident revient avec Venir au monde, nouveau collage de récits véridiques qui s'intéressent cette fois aux naissances. Dans une mise en scène de Véronique Côté, une «rafale d'accouchements» sélectionnée au fil d'une centaine de témoignages se déploiera sur les planches de la salle Octave-Crémazie dans ce que leur auteure décrit comme une nouvelle célébration de la vie.
Comment s'est passée votre cueillette d'histoires vraies, cette fois?
Il y a plein de monde qui sont venus vers moi. Plus d'une centaine de personnes. Il y en a que j'ai rencontrés et d'autres non. Le fil rouge de mon oeuvre, je pense, c'est la chance qu'on a d'être en vie. J'étais aussi intéressée par comment les vies sont transformées, altérées. Par ce que ça donne d'avoir des enfants ou de ne pas en avoir. À un moment donné, on avait beaucoup d'histoires positives. Malheureusement, le miel des dramaturges, ce n'est pas nécessairement ce qui va bien. Donc on est allés faire des cueillettes chez des obstétriciens, des gynécologues, des sages-femmes, des médecins de brousse... On a aussi fait une cueillette ciblée chez des gars parce qu'on voulait des points de vue masculins aussi.
Quel est le fil conducteur de ce spectacle?
On a reçu une histoire abracadabrante : celle d'une femme en Ontario qui, parce que son chum était à la mine, a pris son auto en pleine nuit pour aller accoucher et qui a frappé un orignal. On a décidé que toutes les personnes qui allaient intervenir sur les lieux de l'accident, on allait voir leur propre naissance. Ce sont toutes des histoires vraies qu'on prête aux personnages. On a changé un peu certaines choses, mais quand on remplace des éléments, c'est par d'autres histoires vraies. C'est une sorte de collage. C'est quand même une épreuve, accoucher. C'est capoté parce que cette femme-là était prise dans une sorte de carcasse. Il y avait des similitudes avec la naissance. Cette métaphore nous apparaissait intéressante. La prémisse, c'est donc ça : la vie comme un accident fabuleux et improbable. 
3 Votre récit est ancré dans le concret : un accident, des accouchements, etc. Quel est le défi de transposer le tout sur scène?
On se donne la permission de faire les choses autrement. On a eu une période de laboratoire où on cherchait des images. Juste pour travailler l'écriture scénique de tout ça. Le grand défi qu'on a, c'est de montrer un accident d'auto sur scène. Ça ne sera pas réaliste, donc il faut trouver le bon niveau d'abstraction pour comprendre sans tout dire. Moi, je voulais qu'il y ait de la poésie dans le spectacle, mais on se demande quelle forme ça prend. Ça fonctionne beaucoup en essais et erreurs. 
Après ce projet, comptez-vous continuer à vous abreuver aux histoires vraies?
Je suis au milieu d'une trilogie, en fait. Après Faire l'amour et Venir au monde, je vais faire un spectacle sur la mort. Sans être une thanatonaute comme dans le roman de Bernard Werber, je vais essayer de m'approcher le plus possible de ce milieu. De façon respectueuse, je voudrais accompagner des gens. Et je veux faire un spectacle léger comme une plume. Mais je ne suis pas encore là-dedans. J'ai deux autres spectacles à faire avant. Je vais préparer une pièce qui parle d'aphasie, une autre qui parle de science. La pièce sur l'aphasie, je pense que ça va être la pièce la plus documentaire que j'ai faite. J'ai rencontré quelqu'un qui m'a jetée à terre. Je n'ai rien à faire, je vais juste raconter son histoire. J'ai rarement vu quelqu'un dans la vie qui est aussi intéressant. Je n'avais pas prévu faire un spectacle sur cette personne-là, mais elle est juste trop incroyable.
Vous voulez y aller?
Quoi: Venir au monde
Quand: du 25 avril au 20 mai
: Grand Théâtre, salle Octave-Crémazie
Billets: 45 $
Info.: www.letrident.com
Le retour du bus d'Ubus
Pour une troisième année, Ubus Théâtre stationnera son autobus scolaire aux abords du Périscope le temps d'une douzaine de rencontres intimistes. Théâtre d'images, de marionnettes et d'objets miniatures, la compagnie a au fil du temps utilisé le sable, le papier, le fil et la photographie pour faire de la magie à petite échelle. Au menu cette fois, une cinquième création portée par la musique et intitulée Le piano à voile. Agnès Zacharie signe le texte et cosigne avec Amélie Bergeron la mise en scène de cette pièce dédiée à un public de sept ans et plus et décrite comme une «ode à la joie remplie de compassion devant les moments difficiles de la vie». Avis aux intéressés, plusieurs représentations affichent déjà complet... Réservations à la billetterie du Périscope. 
Du 19 avril au 6 mai dans le stationnement du Périscope
Préoccupations environnementales aux Gros Becs
Avec Rosépine, la compagnie saguenéenne Les amis de chiffon propose aux jeunes amateurs de théâtre âgés de quatre ans et plus un conte ancré dans les préoccupations environnementales. Dans un texte Daniel Danis et mise en scène de Marthe Adam, ce théâtre de marionnettes convie les spectateurs au Japon, où une fillette entreprendra un périple pour découvrir la cause d'un phénomène qui menace la récolte de melons de son grand-père. Au fil de rencontres, son courage et sa détermination seront semble-t-il mis à l'épreuve... 
Du 3 au 14 mai aux Gros Becs 
Du pain et des jeux à Premier Acte
La saison théâtrale prend fin de sportive manière à Premier Acte avec la présentation de la pièce Pan to Gému, qui propose, nous dit-on, une rencontre entre les arts et le sport. Le texte de Nicolas Jobin, qui signe également la mise en scène, amène son public sur la trace d'un ex-hockeyeur semi-professionnel québécois devenu acteur de kabuki au Japon et qui s'apprête à vivre ses débuts comme onnagata. En somme, c'est «Billy Elliot rencontre Youngblood», précise de colorée manière la présentation de la pièce publiée par Premier Acte. De la nourriture et des boissons seront offertes pendant toutes les représentations de ce spectacle, qui a fait l'objet d'un laboratoire aux Chantiers du Carrefour international de théâtre en 2015. 
Du 2 au 6 mai à Premier Acte.