Stéphane Bédard

Quatre ministres péquistes ont mis des avoirs en fiducie

Quatre ministres du gouvernement péquiste, dont la chef Pauline Marois, ont dû mettre une partie de leurs avoirs dans une fiducie sans droit de regard après avoir accédé au pouvoir en 2012.
Le Code d'éthique et de déontologie des membres de l'Assemblée nationale du Québec, adopté unanimement en 2010, interdit aux membres du Conseil exécutif de posséder des actions de compagnies cotées en Bourse. Ce serait le cas pour Pierre Karl Péladeau, actionnaire de contrôle de Québecor, s'il était élu et fait ministre dans un gouvernement du Parti québécois.
La première ministre Pauline Marois, Stéphane Bédard (Trésor), Bernard Drainville (Institutions démocratiques) et Jean-François Lisée (Relations internationales) ont dû eux-mêmes confier leurs placements litigieux à un mandataire qui en assume la gestion de façon indépendante, sans directives ni reddition de comptes. Les élus ont procédé au transfert dans les mois suivant leur nomination.
L'étude des derniers résumés des déclarations d'intérêts personnels des députés, qui couvrent l'année 2012, révèle que des libéraux ont aussi eu recours à ce véhicule. Il s'agit d'anciens ministres, comme Pierre Arcand, Sam Hamad, Yves Bolduc et Robert Dutil.
Le chef du Parti libéral du Québec, Philippe Couillard, et le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, qui rapportent tous deux des «revenus de placements», ne sont toutefois pas allés aussi loin.
Le Code d'éthique autorise en effet la possession d'actions pour les simples députés, souligne le commissaire à l'éthique, Jacques Saint-Laurent.
M. Saint-Laurent assure qu'il révise toutes les déclarations qu'il reçoit dans l'année et rencontre chaque député pour en discuter. Environ cinq dossiers désignés de façon aléatoire sont également soumis à des contre-vérifications chaque année.
Legault revient à la charge
Interrogé sur ses avoirs, mardi, le caquiste François Legault a indiqué que «95 % sinon 99 % de mon argent est dans des obligations du Québec. Donc, il n'y a pas trop de surprise là».
M. Legault a répété que Pierre Karl Péladeau devrait vendre ses actions de Québecor. «Une fiducie sans droit de regard, c'est quand quelqu'un détient 20, 30, 40 titres dans des entreprises différentes, de laisser quelqu'un d'autre décider s'il achète ou s'il vend. Ce n'est pas le cas quand tu as un bloc de contrôle dans Québecor et que tu dis à ton fiduciaire, il n'est pas question de vendre ce bloc-là, fiducie ou pas, ça ne change absolument rien», a-t-il expliqué. 
Avec Simon Boivin