Patrick Roy sera honoré pour l'ensemble de son oeuvre chez les Remparts, mardi soir, avant la présentation du match entre Kelowna et Oshawa.

Quand Patrick Roy décide de s'investir

Louis Painchaud ne savait pas trop à quoi s'attendre lorsque Patrick Roy est débarqué au deuxième étage du Colisée Pepsi en mai 2003. Sur le point d'annoncer sa retraite après sa carrière étoilée, le 33 revenait s'établir à Québec. Avec l'idée bien arrêtée de s'impliquer à fond chez les Remparts. Restait à définir ses tâches exactes.
C'est mardi soir, tout juste avant la présentation du match entre Kelowna et Oshawa, que Roy sera honoré pour l'ensemble de son oeuvre chez les Remparts qui sont devenus l'équipe la plus populaire de toute la Ligue canadienne de hockey. Une bannière à son nom sera hissée dans les hauteurs, rejoignant entre autres celles d'Alexander Radulov, de Simon Gagné et de la Coupe Memorial 2006.
Painchaud, directeur général aux opérations des Diables rouges depuis leur renaissance au PEPS de l'Université Laval en 1997, ne connaissait pas vraiment Roy, qui était copropriétaire avec les hommes d'affaires Jacques Tanguay et Michel Cadrin. «Je savais qu'il s'intéressait au département de hockey, qu'il communiquait avec notre entraîneur-chef [Guy Chouinard] et qu'il visionnait les bandes vidéo de nos matchs, a-t-il raconté. Mais je n'étais pas dans son cercle d'amis intimes. Ce n'est donc que lors de son arrivée chez nous que j'ai appris à cerner qui il était vraiment.»
Et il a vite été conquis par la personnalité de son «nouveau» patron. «Je me souviens encore de notre premier lunch ensemble, a-t-il raconté. Il m'a vite mis à l'aise. Patrick est un gars simple, pas compliqué pour deux sous. Facile d'approche pour tout le monde dans le bureau, il m'a rapidement fait comprendre qu'il était là pour être traité comme tout le monde.»
Fallait juste lui trouver quelque chose avec lequel il serait à l'aise. «C'est vrai qu'au début, on ne savait pas trop ce qui l'intéresserait, a continué Painchaud. Mais c'était inévitable qu'il se retrouve à la tête du département hockey. À un moment donné, il avait voulu donner un coup de main dans le processus de renouvellement des abonnements saisonniers. Je me souviens cependant qu'il m'avait vite redonné le dossier en me disant qu'il serait bien mieux que je m'en occupe. Nous avions bien ri.»
Hausse de popularité
Les Remparts ont connu une hausse de popularité lorsque les Citadelles de la Ligue américaine ont cessé leurs activités et aussi lorsqu'ils ont entrepris le volet familial avec une tarification fort avantageuse pour la combinaison parents-enfants. Les ventes d'abonnements grimpaient d'année en année, de 4000 à 6000 à 7000.
«Mais c'est l'impact de l'arrivée de Patrick avec comme point culminant la conquête de la Coupe Memorial en 2006 qui nous a vraiment propulsés vers les plus hauts sommets, a analysé Painchaud. C'est comme si Patrick avait pu transmettre sa passion à tout le monde, à commencer par nous autres dans les bureaux et ensuite à la population en général. Il adorait ce qu'il faisait chez nous et se faisait un point d'honneur de faire rejaillir le succès sur la ville. Et il l'a très bien fait.»
Évidemment, le départ de Roy pour le Colorado il y a deux ans a laissé un vide dans l'organigramme. Puis, la vente du club à Québecor a officialisé la séparation. «De bonnes personnes ont pris la relève dans le département hockey, a noté Painchaud. Philippe [Boucher] a abattu de la belle besogne dans des conditions pas toujours faciles. Il y a eu le jeu des comparaisons. Mais les succès de l'équipe ce printemps ont su dissiper tous les doutes.»
Il y a eu comme une baisse d'intérêt pour le hockey junior à Québec au cours des dernières campagnes. Est-ce un hasard que ça coïncide avec le départ de Roy? «Difficile à dire, a analysé Painchaud. Il s'est produit beaucoup de choses. Conjoncture économique, construction du nouvel amphithéâtre tout juste à côté et l'espoir de voir renaître la Ligue nationale, tout ça ensemble a amené beaucoup de distractions.»
Mais Painchaud, qui vient d'hériter du titre de directeur général du Centre Vidéotron en plus de ses fonctions avec les Remparts, croit que le déménagement de l'équipe dans le nouvel édifice va amener un regain d'intérêt. «Les prix des abonnements et des billets demeurent sensiblement les mêmes, ils sont donc très accessibles. Avec en prime l'environnement convivial de l'amphithéâtre. L'expérience pour un amateur de hockey junior va être pas mal extraordinaire.»
Une générosité sans égal
Ce qui impressionne le plus Louis Painchaud , c'est la générosité de Patrick Roy envers son public. «Ceux qui le critiquent sont ceux qui ne le connaissent pas, a-t-il déclaré. Jamais je n'ai vu Patrick refuser de signer un autographe. Même quand il était occupé à regarder un match, il demandait aux gens d'être patients, de revenir pendant l'entracte.»
Si Roy a été bon pour les Remparts et pour le hockey junior dans la Vieille Capitale, il l'a été tout autant pour la Ligue de hockey junior majeur au grand complet, de l'ouest du Québec jusqu'à l'est des provinces maritimes. Il n'était pas rare de le voir retarder le départ de l'autocar de la formation québécoise après les matchs à l'étranger en raison de la grande demande des chasseurs d'autographes. C'est à Moncton et à Halifax qu'il avait le plus d'inconditionnels. Malgré la rivalité qui marquait les rencontres face aux Wildcats et aux Mooseheads.
«Nous avons été privilégiés de pouvoir compter sur Patrick pendant 10 magnifiques saisons, a dit Painchaud. Ce qu'il nous a laissé comme héritage est tout à fait incroyable. C'est à nous de bâtir là-dessus. De toute manière, il sera toujours des nôtres.»