Le président du Comité olympique canadien, Marcel Aubut.

Quand Marcel Aubut croise Vladimir Poutine

À la tête du Comité olympique canadien (COC), il s'amuse autant qu'à l'époque où il était un personnage influent dans le quotidien de la LNH. Tout compte fait, ses rôles de président des Nordiques et du COC se ressemblent étrangement.
«C'est un peu la même chose, tout se passe dans les relations avec les athlètes, les employés et les partenaires. Je suis content d'avoir eu la chance de m'impliquer au plus haut niveau dans le hockey, ça m'aide dans mon rôle de président du COC», admet-il.
Avant son arrivée, le COC commençait à peine à changer de philosophie. Depuis qu'il est là, le COC se comporte telle une entreprise et ne néglige pas sa mise en valeur. Depuis le début de la semaine, on ne compte plus les conférences de presse de l'équipe canadienne, déjà médaillée d'or sur ce point.
L'avocat de Québec multiplie les heures depuis qu'il occupe ce poste de bénévole. Pendant qu'il motive les troupes à Sotchi, le cabinet Heenan Blaikie, où il est associé, vit une période sombre. «Nous sommes aux Jeux olympiques, je ne ferai aucune déclaration à ce sujet», confiait-il après la remise à titre posthume de la médaille Pierre-de-Coubertin au journaliste sportif Richard Garneau. À la limite, il nous invitait à «surveiller les nouvelles».
Poutine gentil et drôle
Pour l'instant, Marcel Aubut s'amuse avec les grands de ce monde. Jeudi, il parlait du président du comité organisateur comme d'un ami. À la même période, l'an passé, il discutait avec Vladimir Poutine, le président russe au visage froid. Une autre photo qui s'ajoutera à sa collection.
La rencontre avait eu lieu à Sotchi à l'occasion d'une activité de transfert des pouvoirs entre Vancouver et la ville hôtesse. Par l'entremise de René Fasel, de la Fédération internationale de hockey sur glace, ils avaient échangé pendant quelques minutes. Traduite par ce dernier, la conversation s'était tenue en allemand, une langue maîtrisée par celui qui a déjà été directeur du KGB en Allemagne.
«Nous étions à l'aréna Bolchoï, où les matchs de hockey auront lieu. J'avais croisé un homme très gentil et vraiment drôle. Il m'expliquait avoir voulu développer une région touristique à Sotchi, sur le bord de la mer Noire, pour que les gens de son pays n'aient pas besoin d'aller en vacances dans d'autres pays. J'ai croisé beaucoup de monde impressionnant dans ma vie, M. Poutine vient certainement très haut dans la liste.»
Il n'en était pas à ses premières armes avec les camarades. Dans le cadre du Rendez-Vous 87 - une série de deux matchs entre l'URSS et la LNH - à Québec, l'ex-président des Nordiques avait négocié avec les autorités soviétiques pour mettre sur pied un événement historique.
«Je parlais avec M. Chevardnadze, qui était le numéro 2 à l'époque et qui est devenu le président de la Géorgie après le démantèlement de l'URSS. À l'époque, le rideau de fer avait une double épaisseur, la perestroïka n'était pas encore en place. On a sorti le choeur de l'Armée rouge, le ballet, un groupe rock, c'était un projet ambitieux et j'en suis encore assez fier. Je connais un peu de monde en Russie, ils ne m'aimaient pas beaucoup lorsqu'on sortait leurs joueurs pour les amener chez nous», se souvenait-il.
Si le passé est garant de l'avenir, on doute bien que l'heure de la retraite n'a pas encore sonné. À son agenda, reste les Jeux olympiques de la jeunesse (2016), les Jeux du Commonwealth de Toronto (2015) et les Jeux olympiques de Rio (2016). Un poste de membre du Comité international olympique pourrait-il l'intéresser?
«On peut y penser, y rêver, mais on n'a pas le droit d'en parler. Ça reste une nomination, on t'invite à être membre du CIO, tu ne peux pas décider toi-même d'y accéder. C'est un peu comme devenir juge...»
Outre les réunions d'usage, les Jeux restent un événement sportif. Où verra-t-on le plus Marcel Aubut? «Je serai souvent à la cérémonie des médailles», répond-il, confiant.@CHRONIQUE-texte 1er para Sports:D'entrée de jeu, il a félicité le président de la Russie, celui du comité organisateur, du CIO et son prédécesseur. À ne pas en douter, Marcel Aubut est dans son élément aux Jeux olympiques!