Le coporte-parole de Québec solidaire, Andrés Fontecilla, était à Lévis mercredi matin avec le candidat solidaire de cette circonscription, le Dr Yv Bonnier Viger, pour expliquer le programme de revenu minimum garanti que son parti souhaite implanter.

QS: un programme de revenu minimum garanti à moitié prix

Québec solidaire (QS) a diminué de moitié son évaluation des coûts pour implanter un programme de revenu minimum garanti (RMG) qui remplacerait l'aide sociale. La formation politique estime que 1,7 milliard $ suffirait en 2014, alors qu'elle prévoyait avoir besoin de 3,9 milliards $ aux élections de 2012.
C'est à Lévis, mercredi matin, que QS a remis de l'avant une des mesures phares de son programme. Andrés Fontecilla, coporte-parole et candidat dans Laurier-Dorion, a expliqué que ce revenu minimum garanti, établi à 12 600 $ par année pour chaque citoyen de 18 ans et plus, permettrait aux 10 % de ménages pauvres de satisfaire à leurs besoins essentiels.
«Les vieux partis ont toujours manqué de vision en matière de lutte à la pauvreté. Pour eux, ce n'est pas une question importante à laquelle il faut s'attarder et y donner des solutions durables», a dénoncé M. Fontecilla.
Les 12 600 $ proposés par QS équivalent à une augmentation de presque 50 % du montant de la prestation d'un assisté social vivant seul. Ce montant serait remis sans distinction ni condition aux personnes pauvres, qu'elles soient aptes au travail ou pas, et ne serait pas coupé si des revenus d'emploi s'ajoutaient. L'impôt servirait de contrepoids pour récupérer les sommes versées en trop.
Aux élections de 2012, les coûts annuels de ce programme étaient évalués à 3,9 milliards $. Dans le cadre financier présenté mardi, ils ne sont plus que de 1,7 milliard $. Le régime actuel de sécurité du revenu mobilise 3 milliards $ annuellement.
Québec solidaire explique la différence par une mise en place graduelle du RMG sur plusieurs années et l'ajout d'un critère de revenu maximal par ménage. Dans une même maisonnée comptant deux adultes, l'objectif serait donc d'avoir un revenu minimal de 25 200 $. Par exemple, si un conjoint travaille, mais gagne moins que le seuil fixé, l'autre conjoint serait dédommagé jusqu'à concurrence de 25 200 $.
«L'application du calcul du RMG lors du dernier cadre financier donnait l'ensemble du RMG à la personne n'ayant aucun revenu dans un ménage», ce qui avait pour effet de bonifier le revenu familial, précise Stéphanie Guèvremont, attachée de presse de tournée.
Andrés Fontecilla croit également que la mesure stimulerait l'économie car il y aurait plus d'argent dépensé pour le logement, la nourriture, les vêtements, et que les prestataires de l'assistance sociale seraient encouragés à retourner sur le marché du travail, ce qui diminuerait les coûts du programme.
C'est du moins ce que QS retient de projets-pilotes menés au Manitoba et en Alaska, où seuls les étudiants et les jeunes mères de famille ont quitté le marché du travail sous l'effet de la mesure. «Pour toutes les autres catégories de la population, le fait d'avoir cette dignité de base retrouvée les a amenées à se lancer beaucoup plus dans des entreprises et dans la recherche de travail», fait valoir le candidat dans Lévis, le Dr Yv Bonnier Viger.
Celui-ci a d'ailleurs proposé mercredi que sa circonscription «pas très, très riche et pas très, très pauvre» serve de projet pilote - il pourrait y en avoir plus qu'un - pour l'instauration de ce revenu minimum garanti.
Directeur du Département de médecine sociale et préventive de l'Université Laval, président de l'Association des médecins spécialistes en santé communautaire du Québec, l'homme connaît la pauvreté. «Si vous venez vous promener avec moi dans le coin, il y a quand même des endroits où les gens ont des difficultés à vivre assez évidentes. Il y aurait un grand avantage pour les gens et pour l'économie du comté», dit-il.