Alain Painchaud, au palais de justice de Québec, lundi

Procès du «citoyen souverain»: Painchaud veut prouver qu'il a été victime d'«acharnement»

Alain Painchaud, cet ingénieur de Québec qui s'est autoproclamé «citoyen souverain», entend se disculper des accusations qui pèsent contre lui en prouvant l'acharnement des autorités à son endroit. Son procès débuté lundi mobilisera une vingtaine de témoins venant autant de Montréal que de Vancouver.
L'ingénieur électrique de 45 ans a été arrêté en avril à l'aéroport de Québec puisqu'il ne s'était jamais présenté à la cour pour répondre aux accusations déposées auparavant contre lui.
Painchaud est accusé d'avoir importé illégalement au Canada des médicaments et des armes prohibées de type pistolet électrique ainsi que d'avoir mal entreposé des armes légales. On lui reproche aussi d'avoir entravé le travail des agents transfrontaliers lors de son arrestation à l'aéroport, alors qu'il a dû être maîtrisé par six agents.
En 2013, après des années de démêlés avec la justice, Painchaud s'est autoproclamé citoyen souverain, de sorte qu'il rejette les lois canadiennes et refuse de payer les impôts. Il reconnaît un seul pays, celui constitué de son domicile de Sainte-Foy.
Plus tôt cette année, il avait mis en demeure tous les juges et les politiciens du pays par l'entremise de son propre «Tribunal du peuple». Ce qui ne l'a pas empêché de se présenter au palais de justice de Québec, lundi, pour se défendre de 17 accusations criminelles.
Moyen de pression
Questionné par Le Soleil, il a tenu à préciser que sa déclaration de souveraineté était pour lui une «façon de mettre de la pression sur les autorités». «C'est pour faire réfléchir les procureurs et les policiers, qui ont des énormes pouvoirs discrétionnaires. Quand ils s'en servent d'une manière inappropriée, c'est une bonne façon de leur rappeler qu'ils travaillent pour nous, les citoyens.»
«C'est un moyen de pression qui peut sembler énorme mais qui est approprié», a-t-il affirmé. «Je prétends que ça va les faire réfléchir un moment donné.»
Sans avocat
L'homme qui se défend sans l'aide d'un avocat tente de démontrer qu'il est victime de l'«acharnement» des autorités.
Muni de ses épais cahiers de notes et de photographies, Painchaud fait face à deux procureurs de la Couronne, l'un travaillant pour le ministère fédéral de la Justice, l'autre pour le provincial. De sa voix faible, il contre-interroge les témoins de la poursuite et parle de lui comme de «l'accusé» et «M. Painchaud».
Le procès qui doit durer cinq jours a nécessité le déplacement d'une vingtaine de témoins, certains venant d'aussi loin que Vancouver et Ottawa.
Au premier jour du procès, il a été question de la perquisition faite à l'été 2013 par l'Agence des services frontaliers à la résidence d'Alain Painchaud. Les agents ont alors trouvé deux cellulaires à impulsion électrique (stunt-gun) ainsi que deux armes légales mal entreposées.
Trois agents de la douane d'Armstrong, en Beauce, ont aussi fait état des circonstances ayant mené à la découverte de 870 comprimés de tadalafil et de finastéride (commercialisés respectivement sous le nom de Cialis et de Propecia) dans la voiture d'Alain Painchaud, à son retour d'un bref voyage aux États-Unis.
Le procès se poursuit toute la semaine.