Enemy de Denis Villeneuve a dominé le volet cinématographique du gala Écrans canadiens avec une récolte de cinq trophées sur une possibilité de 10.

Prix Écrans canadiens: Gabrielle et Enemy dominent

Pour une deuxième année consécutive, les artisans du cinéma québécois ont volé la vedette de la soirée des Écrans canadiens, présentée dimanche soir à Toronto.
Sans répéter l'exploit de Kim Nguyen, qui avait raflé 10 statuettes sur une possibilité de 12 l'an dernier grâce à Rebelle, Enemy de Denis Villeneuve a dominé le volet cinématographique du gala avec une récolte de cinq trophées sur une possibilité de 10.
Denis Villeneuve a notamment obtenu le prix du meilleur réalisateur, devant Sébastien Pilote (Le démantèlement), Xavier Dolan (Tom à la ferme), ainsi que Robert Lepage et Pedro Pires (Triptyque).
«En premier lieu, je dois m'excuser auprès de David Cronenberg pour être allé dans sa cour sans sa permission!» a lancé le réalisateur québécois, avant de se lancer dans une série de remerciements aux autres artisans du film, à ses proches et à ses parents.
En point de presse à l'issue du gala, Denis Villeneuve a admis s'être demandé si le fait que le film ne soit toujours pas en salle jouerait contre lui.
«C'est étrange d'être en nomination quand votre film n'est pas encore en salle. J'avais peur que personne n'ait vu le film. Je suis très heureux, mais je n'étais pas nerveux, parce que je n'avais pas l'impression que j'étais en compétition; j'étais avec des amis. Louise Archambault (Gabrielle) est une amie proche, Sébastien Pilote est un réalisateur que j'aime beaucoup et Xavier Dolan est un ami», a mentionné le cinéaste québécois.
Enemy a aussi mérité les prix de la meilleure photographie, du meilleur montage, de la meilleure musique originale tandis que Sarah Gadon recevait le trophée remis pour la meilleure interprétation féminine dans un rôle de soutien.
«J'étais très, très heureux des prix techniques, parce que c'est un film d'équipe. C'est un film qui a vraiment été fait par des amis, une gang d'amis ensemble et qui ont tous contribué, chacun leur tour, de manière importante», a aussi déclaré Denis Villeneuve, en réponse à une question posée en français.
«Je suis tellement contente!»
L'honneur du meilleur film est allé à un autre long métrage québécois, Gabrielle, de Louise Archambault, tandis que sa vedette principale, Gabrielle Marion-Rivard, mettait la main sur le trophée présenté à la meilleure interprétation féminine dans un premier rôle.
Son discours de remerciement a fait rire les convives et suscité leurs généreux applaudissements.
«Merci beaucoup! Wow! Une petite minute s'il vous plaît!», a-t-elle lancé tout en ramassant son bracelet, qui était tombé sur le plancher de la scène.
«Oh mon Dieu! Je suis tellement contente! Merci beaucoup à l'Académie. Je voudrais remercier Microscope, Kim, Luc, Louise, Alexandre. Merci à ma famille, et je vous aime, Canada!», a-t-elle ensuite crié en anglais.
Lors de la conférence de presse suivant la soirée, la jeune a dit avoir concrétisé un rêve.
«J'en rêvais, et que je gagne ce trophée ça me fait vraiment plaisir. Je dis merci à tout le monde. Je me sens très heureuse et très émue.»
Par ailleurs, Gabrielle Marion-Rivard est convaincue que l'oeuvre de Louise Archambault a eu un impact significatif et touché beaucoup de gens.
«Beaucoup de gens regardent les gens avec une déficience intellectuelle, qui se posent vraiment des questions et qui se demandent pourquoi tu as une déficience. Mais depuis que j'ai fait le film Gabrielle, je peux vous avouer que ça a vraiment changé beaucoup et que ça ouvert beaucoup de portes. Et comme dirait Robert Charlebois, je suis un gars "ben ordinaire" et nous, nous sommes des gens bien ordinaires.»
Son compatriote Gabriel Arcand a quant à lui damé le pion à des vedettes internationales - dont Jake Gyllenhaal (Enemy) et Daniel Radcliffe (The F Word)  -, dans la catégorie du meilleur acteur dans un premier rôle pour sa performance dans Le démantèlement.
Dans son discours, prononcé presque exclusivement en français, Gabriel Arcand a rendu hommage à Sébastien Pilote, «sans lequel, a-t-il dit, le film Le démantèlement n'aurait pas existé ni sur papier, ni sur l'écran».
Louis Cyr, l'homme le plus fort du monde a également connu une bonne soirée, avec une récolte de deux prix, ceux de la meilleure direction artistique et des meilleurs costumes.
The Mortal Instruments: City of Bones a par ailleurs dominé les catégories dites techniques, méritant les statuettes pour le meilleur maquillage, le meilleur son d'ensemble, le meilleur montage sonore et les meilleurs effets visuels.
Les prix Écrans canadiens, animés par le comédien Martin Short, récompensaient aussi la production télévisuelle et numérique de langue anglaise.