Prix à la SAQ: l'élastique a ses limites, selon le PQ et le PLQ

Les prix à la Société des alcools du Québec (SAQ) sont un élastique sur lequel il vaudrait mieux ne pas tirer davantage, conviennent les péquistes et les libéraux, mais les deux partis ne s'entendent pas sur la marche à suivre.
Le PLQ propose d'élargir l'offre des bouteilles bon marché et de compenser les pertes de revenus en augmentant les ventes de produits québécois, tandis que le PQ estime que la société d'État fait déjà ce qu'elle peut pour limiter les hausses de prix.
Le Soleil rapportait mardi des chiffres publiés par le site spécialisé vinquebec.com, selon lequel le nombre de vins à moins de 15 $ a chuté de près de 40 % (de 895 à 553) entre janvier 2013 et le 5 mars dernier. De même, il ne restait plus que 24 produits à moins de 10 $ la semaine dernière, contre 67 quinze mois plus tôt. 
Rappelons que les objectifs de profits de la SAQ sont en partie dictés par la sphère politique. Le budget 2013-2014 tablait ainsi sur une hausse du dividende versé par la SAQ de 3 % (à 1,068 milliard $), une cible qui ne sera pas atteinte.
Selon le député libéral de Huntington Stéphane Billette, la disparition graduelle des bouteilles les plus abordables s'explique par le fait que la SAQ fait plus de profits sur les produits plus chers - il est par exemple impensable de faire un profit de 8 $ sur une bouteille qui se détaille à 10 $, mais sur une autre bouteille à 20 ou 25 $, c'est tout à fait possible. «Le premier perdant, là-dedans, c'est le consommateur. [...] Il faut élargir l'offre dans des fourchettes de prix abordables», dit-il.
Cela se traduirait par une baisse des profits de la SAQ, mais le Trésor québécois pourrait récupérer ces sommes si la société d'État vendait davantage de produits québécois, qui représentent à l'heure actuelle moins de 1 % de son chiffre d'affaires. En fin de compte, calcule M. Billette, l'origine exacte des revenus - bénéfices de la SAQ ou taxes et impôts sur la production québécoise et les salaires associés - ne fait pas de différence. Le PLQ avait d'ailleurs présenté une loi en ce sens l'an dernier.
Resterait bien sûr à savoir si la promotion des produits québécois suffirait à compenser...
Mécanisme en place
Pour sa part, l'économiste et député péquiste de Sanguinet, Alain Therrien, rétorque que tout est déjà mis en oeuvre pour limiter les hausses de prix tout en protégeant la marge bénéficiaire de la SAQ. Celle-ci, dit-il, majore chaque année ses prix, mais à des taux inférieurs à l'inflation. Cependant, le cours du dollar canadien peut jouer de vilains tours, et ni la SAQ, ni le gouvernement n'ont de contrôle là-dessus. «En 2010-2011, quand le dollar était particulièrement fort, il y a eu 6200 baisses de prix à la SAQ», fait-il valoir, notant que le huard avait connu une dure année en 2013.
«La SAQ n'a pas intérêt à diminuer son offre de bouteilles à moins de 15 $, parce que ça représente 57 % de ses ventes», argue M. Therrien.
Notons que, contactée par Le Soleil, la Coalition avenir Québec n'a pas voulu intervenir sur cette question, prétextant une «annonce concernant la SAQ» à venir plus tard au cours de la campagne.