Les citoyens ont vu apparaître depuis deux semaines des pancartes les avisant de ne pas circuler à moins de 250 mètres des structures métalliques en raison du danger de projection de glace.

Privé d'une partie de sa terre à cause des éoliennes

Les citoyens vivant à proximité des éoliennes de l'Érable ont vu apparaître depuis deux semaines des pancartes les avisant de ne pas circuler à moins de 250 mètres des structures métalliques en raison du danger de projection de glace. Le propriétaire forestier Gervais Marcoux dit ne plus pouvoir circuler sur une partie de sa terre en plus de devoir restreindre la circulation de ceux qui louent un de ses deux gîtes forestiers.
La situation a été dénoncée vendredi par Claude Charron, un membre du Regroupement pour le développement durable des Appalaches, qui s'est opposé depuis le début du projet à la construction d'une cinquantaine d'éoliennes sur les territoires de Saint-Ferdinand et Sainte-Sophie.
Tant lui que M. Marcoux déplorent la situation, d'autant plus que le promoteur, la compagnie Enerfin, avait dit que les pales seraient munies de systèmes chauffants et que la situation actuelle ne devait pas se produire.
La ligne de la propriété de M. Marcoux se trouve à 30 mètres d'une éolienne, dit celui-ci, ce qui l'empêche d'avoir accès à une partie de sa terre à bois. Quant aux locataires de ses gîtes, ils sont privés de la moitié des sentiers de raquette et de ski de fond qu'il trace à leur intention.
Propulsion de glace
Selon le porte-parole de la compagnie, Philippe Roy, les pales sont effectivement équipées de systèmes chauffants, mais cela n'empêche pas le danger de propulsion de glace.
Les éoliennes sont munies d'un système permettant de détecter tout débalancement qui indiquerait que de la glace s'est formée sur une ou plusieurs pales. Lorsque c'est le cas, l'éolienne cesse de fonctionner, et le chauffage se met en action, explique-t-il. L'éolienne repart lorsque la glace est tombée au sol et la situation revenue à la normale.
Selon lui, tous les parcs éoliens situés en région nordique sont équipés de tels systèmes. Les normes internationales dictent l'obligation de mettre des avis demandant de ne pas circuler à une distance de moins de 250 mètres, par mesure de sécurité.
«Il n'y a pas de problème au sens où il n'y a pas un parc éolien qui ne fait pas ça au Québec, c'était connu dès le début», dit-il.
Apparemment, cela était loin d'avoir été compris de cette façon par tous les riverains. Claude Charron dit s'attendre à recevoir une augmentation des plaintes lorsque les acériculteurs commenceront à aller travailler dans leurs érablières.
Quant à M. Marcoux, il juge que cet inconvénient s'ajoute à celui du bruit. Il craint d'ailleurs que les chasseurs qui louent ses installations chaque automne depuis une dizaine d'années cessent de fréquenter son site.