Économiser le plus tôt possible constitue une excellente idée.

Préparer sa retraite, 10 dollars à la fois

La retraite, ça se prépare, même à 20 ans, lorsqu'on débute sur le marché du travail. C'est ce que répètent les planificateurs financiers des institutions bancaires et les spécialistes de Retraite Québec.
La première marche à grimper mène à évaluer les sources de revenus à la retraite et à penser au moment où il sera important d'utiliser ces revenus-là. Il faut aussi penser à son espérance de vie en fonction de l'histoire familiale et de son état de santé. Si l'histoire familiale montre des décès autour de 65 ou 70 ans, il peut être intéressant de prendre sa retraite plus tôt. Au contraire, si les parents, grands-parents, oncles et tantes vivent jusqu'à 90 ans, les choix pourront être de prendre sa retraite plus tard.
Il faut déterminer les projets pour cette étape de vie. Si le projet principal est de voyager, il faudra plus de revenus que si l'on fait le choix de demeurer à la maison pour s'occuper de la famille et des petits enfants. En connaissant les sources de revenus, le futur retraité connaît la base sur laquelle reposeront les projets d'avenir.
La retraite étant un grand projet, il faut être habitué à économiser de l'argent tout au ton de sa vie active. Ce vieux principe demeure toujours valable, peu importe l'époque, le style de vie et le type de travail. 
Même avec 5 $ ou 10 $ par semaine en épargne retraite dès l'entrée sur le marché du travail, les résultats peuvent être étonnants au fil des années. Mais, l'important demeure d'apprendre à économiser pendant sa vie active pour savoir aussi économiser au moment de la retraite, affirment les spécialistes rencontrés par Le Soleil.
Le Régime de rentes du Québec a été planifié par les actuaires pour demeure pérenne malgré l'inversion de la pyramide des âges. Tous les trois ans, l'équipe révise ses plans d'action et prend des mesures appropriées pour la durabilité du régime provincial.
Avec la prestation de la pension canadienne, les deux régimes constituent un plancher comme revenu de base, un filet social pour l'ensemble de la population. Pour profiter d'une retraite agréable sans tirer le diable par la queue ou faire la file dans une banque alimentaire ou un comptoir de vêtement, la planification doit faire partie des habitudes budgétaires.
Pour une jeune couple ayant des enfants aux couches, ce n'est pas évident. Pour Rafik Benmoussa et Renaud Bourget, actuaires chez Retraite Québec, dans une situation semblable, le jeune couple pourrait transférer les dépenses des couches et de lait maternisé dans un REER le moment venu puisqu'ils ont acquis une certaine habitude dans leur budget de ce montant.
Commencer tôt
La planification de la retraite ne devrait pas commencer au début de la soixantaine, car c'est plutôt la période pour réviser ses stratégies de placement. Il est toujours temps d'investir dans des REER, CELI et Régime enregistré d'épargne-étude (REEE). Mais si rien n'a été fait avant, les résultats dans l'outil de simulation de retraite en ligne SimulR de Retraite Québec montreront des sommes faramineuses à investir pour les cinq années précédant la retraite lorsque l'on vise le 70 % du revenu disponible pendant la vie active sur le marché du travail.
Chose certaine, l'apport d'un conseiller ou d'un planificateur financier sera nécessaire à plusieurs étapes de la vie sur le marché du travail. Dans la quarantaine, c'est un choix évident, disent les actuaires de Retraite Québec, car c'est une période plus stable quant aux sources de revenus, les enfants sont sur le point de quitter la maison. On peut alors préparer la prochaine étape de vie.
Puis, lorsque la retraite se fera plus proche, sur un horizon de 10 à 15 ans, il faudra revoir sa planification périodiquement et modifier les stratégies en fonction des prévisions ou des nouveaux projets. Préparer sa retraite doit faire partie des habitudes de vie. Il faut y réfléchir tout au long de sa vie et surtout ne pas mettre cette éventualité de côté, soutiennent les actuaires de Retraite Québec. 
La retraite, c'est un peu comme un testament. Ce n'est pas le papier qui fait mourir, mais son absence qui jette un froid. Se préparer longuement à la retraite, ça permet de mieux vivre l'esprit tranquille une fois sorti des obligations du marché du travail.