­­Précieuses listes d'aventures

Tous les amateurs de plein air partagent ce secret plus ou moins bien gardé. Du randonneur du dimanche au montagnard aguerri, du kayakiste de mer en passant par celui d'eau vive, tous ont en commun la tenue de cette petite liste d'aventures qu'ils rêvent d'accomplir.
Des défis qui se font parfois désirer et qui servent entre-temps de carburant au quotidien. Certains aventuriers passent ainsi des mois, voire des années à s'entraîner et à se préparer à l'ascension d'un sommet dans l'Himalaya. D'autres s'enthousiasment plutôt à l'idée plus simple de gravir le mont Sainte-Anne, en famille. À chacun son Everest! La beauté de la chose? En autant qu'elles nous allument et nous poussent à mettre le nez dehors, ces listes de destinations se valent toutes, non?
Jamais bien loin dans ma tête, mon palmarès ultime se dévoile sur mon ordinateur grâce aux signets de mon navigateur et des fichiers informatiques qui regrou­pent notes, images et observations. Des aventures en kayak de mer à l'autre bout de la planète se mélangent ainsi à des expéditions en montagne, skis ou crampons aux pieds. Une liste qui ne finit plus d'allonger...
Mais, si les rivages de la Norvège et les sommets de l'Alaska font rêver, ils devront attendre. Chaque chose en son temps. Car ne trouve-t-on pas qu'une partie du charme de nombre de voyages d'aventure vient du fait que leurs préparatifs longs et complexes ajoutent au défi à surmonter? Alors, en attendant le prochain départ, on fait quoi?
À voir l'attrait généré par les sports d'aventure et de plein air au Québec, force est de constater que vous êtes certainement nombreux à compiler soigneusement votre propre liste de sorties rêvées. À preuve, dans un rapport publié en 2008 par le Conseil québécois du loisir, on dénombrait près de deux millions et demi d'adeptes d'activités de plein air dans la Belle Province. Pas mal! Une statistique qui a assurément poursuivi sa progression depuis, si l'on considère que les destinations se développent de belle façon et que les fournisseurs de services et d'équipements spécialisés n'ont jamais été aussi accessibles et compétents.
C'est donc dans cet esprit que Le Soleil vous présente cette nouvelle chronique. Un rendez-vous bimensuel destiné aux amoureux de l'aventure dans toutes ses formes, qu'elle soit douce ou même parfois extrême. Jeunes et moins jeunes devraient y trouver une fenêtre pertinente sur les multiples facettes du plein air, au fil des saisons. Destinations ou activités pour s'évader, rencontres uniques de passionnés, choix d'équipements, trucs et con­seils, actualités du milieu et grands enjeux... les sujets ne manquent pas! À cela s'ajoute un volet Web, où un blogue permettra une interaction plus directe, histoire de plonger dans l'action.
Parlant d'action, j'en étais à revoir ma liste «locale» il y a quel­ques semaines, tiraillé par l'imminent besoin de bouger et de prendre le large. Coincé entre les obligations professionnelles et familiales, la ronde des garderies et l'horaire tout aussi chargé de ma douce, il fallait trouver vite et bien à défaut de pouvoir partir sur-le-champ pour une longue aventure loin de la maison.
En quête d'inspiration, pourquoi n'allais-je pas simplement m'inspirer du rêve des autres? Suffit alors d'imaginer ce qui attire les touristes sportifs jus­qu'ici pour tout à coup découvrir de petits trésors à proximité de chez soi.
Question de profiter des dernières belles journées d'automne pour rouler à vélo, je me suis dirigé vers Charlevoix, me doutant bien que la région serait à la hauteur. Parmi mes évasions cyclistes à concrétiser dans le coin, une tournée sur l'Île aux Coudres semblait la destination parfaite : j'allais m'offrir ma dose d'air salin les mains sur le guidon, tandis que la timide circulation dictée par le rythme du traversier allait rassurer ma compagne sur la route.
Même si les brioches aux fraises de la boulangerie centenaire Laurentide - achetées au coeur du petit village de Saint-Joseph-de-la-Rive en attendant le bateau, un délice à ne pas manquer - avaient déjà plus que charmé ma douce, je lui répétais que cette journée ensoleillée d'automne serait mémorable. Comme pour me convaincre que cette modeste balade d'à peine 25 km était digne de ma précieuse liste «à domicile».
Le questionnement n'a pas duré bien longtemps. Un groupe d'une bonne vingtaine de cyclistes a défilé devant nous à notre sortie du traversier pour dissiper tout doute. À mon étonnement, c'était un peloton de l'entreprise Backroads qui quittait l'île, un important voyagiste basé en Californie et qui propose depuis une trentaine d'années des périples cyclistes à travers la planète! Ayant fait du Québec l'une de ses destinations canadiennes, Charlevoix était au menu cette année. L'an prochain, ce sera l'Estrie.
Devant un tel regroupement de sportifs en cuissard aussi loin de chez eux, nous n'avons pu que sourire à l'idée de partager le même parcours, le même élément de leur liste. De retour à l'auto après un spectaculaire après-midi à suivre le fleuve, j'en aurais pris encore. Mais bon, on reviendra! Après tout, nous ne sommes qu'à une centaine de kilomètres de la maison...
De l'inspiration pour la saison de ski
Alors que les amateurs de ski anticipent avec bonheur l'arrivée prochaine de l'hiver, la plus récente collection de minidocumentaires rassemblés dans The Season 2,  une série diffusée sur le Web et téléchargeable notamment sur iTunes, fournira de quoi s'inspirer en attendant.
Pour cette suite en 22 épisodes, cinq athlètes de tout horizon et de différents sports d'aventure sont tour à tour mis en vedette. Du nombre, se trouve le skieur et montagnard canadien Greg Hill.
Connu pour son année de deux millions de pieds verticaux d'ascension en ski en 2010 (soit l'équivalent de gravir 69 fois le mont Everest avant de le redescendre à skis, un record du monde), l'aventurier de 35 ans revient sur son épuisant exploit dans l'épisode 12. On peut ensuite le suivre au fil de sa saison, en route vers le sommet du mont Rainier, dans les segments subséquents.
Désormais une véritable légende dans le milieu du ski de randonnée en montagne - il possède même son propre modèle de ski, The Stoke, conçu par Dynafit -, Hill est pourtant né bien loin des hauts sommets enneigés. Natif de Cowansville... il a appris à skier à Sutton!
S'il habite depuis déjà un bon moment à Revelstoke (Colombie-Britannique), où Le Soleil avait passé un moment sur les pentes en sa compagnie en 2009, le sympathique skieur a conservé un excellent français et un bon souvenir de ses racines québécoises.
Pour en savoir plus : www.theseasontv.com et greghill.ca
Participez à l'aventure
Parce que les joies du plein air sont toujours plus agréables en bonne compagnie, n'hésitez pas à nous contacter pour partager votre passion de l'aventure. Que vous soyez à préparer une expédition d'envergure, adepte d'une activité qui mérite qu'on s'y attarde, à la recherche de trucs et conseils ou encore si vous connaissez une destination qui sort de l'ordinaire, n'hésitez pas à nous faire signe.