Plus de la moitié des résidences privées pour aînés ne sont toujours pas protégées par des gicleurs : 1041 établissements sur un total de 1905 (55 %), révélait La Presse en janvier.

Plus de 1100 résidences privées pour aînés sans gicleur

Pour la première fois depuis le drame de L'Isle-Verte, le gouvernement du Québec a dévoilé les chiffres complets concernant la présence de gicleurs dans les résidences privées pour aînés, à la suite d'une compilation réalisée dans toutes les agences de santé régionales à la demande du ministre Réjean Hébert. Seul le tiers de ces 1953 établissements sont dotés d'un tel système de protection qui couvre la totalité de la superficie des édifices.
Si on tient compte des 205 résidences qui sont protégées partiellement par un tel système, on atteint le pointage de 41 % d'établissements où on trouve des gicleurs. Un total de 1152 résidences n'ont aucun gicleur pour protéger leurs aînés.
Le lendemain du drame, La Presse avait réalisé une compilation qui démontrait qu'un peu plus d'une résidence sur deux était dépourvue de gicleurs. Les statistiques avaient été glanées sur les fiches de toutes les résidences privées sur le site du ministère de la Santé, mais une centaine de ces fiches étaient incomplètes.
En entrevue avec Le Soleil, l'attachée de presse du ministre de la Santé, Ariane Lareau, a indiqué qu'il fallait prendre ces statistiques fraîches dans leur contexte. La grande majorité des résidences dotées de gicleurs, que ce soit à la grandeur de l'édifice ou à certains endroits ciblés, peuvent souvent accueillir des dizaines ou même des centaines de personnes âgées. Selon le Regroupement des résidences privées pour aînés, environ 700 des 2000 établissements de la province comptent moins de 10 unités, où il n'y a pratiquement jamais de gicleurs.
Ainsi, 80 % des aînés vivraient dans des bâtisses où il y a des gicleurs, selon Mme Lareau. La femme reconnaît que ces statistiques ont leurs limites, car à la Résidence du Havre, l'édifice était doté d'un système partiel de gicleurs, mais pas dans l'ancienne partie, où une trentaine de personnes ont perdu la vie à la suite de l'incendie.
Mieux dans les CHSLD
Mme Lareau, a aussi confirmé que plus de 86 % des quelque 425 CHSLD de la province sont protégés par gicleurs, contre 6 % qui n'en sont pas équipés. Un autre 7,5 % des CHSLD peut compter sur la présence partielle de gicleurs. Ces données ont aussi été obtenues à la suite de la compilation exigée par le ministre Hébert.
«Dans les CHSLD, nous avons affaire à une clientèle plus malade et plus fragilisée», a indiqué Mme Lareau. Depuis septembre 2000, la présence de gicleurs est obligatoire quand des nouveaux établissements doivent être construits. Alors, dès qu'on doit faire des travaux majeurs dans un CHSLD, un système de gicleurs est automatiquement installé. C'est pour cette raison que la grande majorité des CHSLD en sont déjà dotés.»