Pauline Marois et Pierre-Karl Péladeau

PKP, une arme potentielle pour s'attaquer au «mystère Québec»

Pauline Marois entend faire rayonner la notoriété de Pierre Karl Péladeau bien au-delà de Saint-Jérôme, où il se présente. Il fera campagne à Québec probablement jeudi.
Lundi matin, les stratèges du Parti québécois (PQ) ont commencé à utiliser le nom du très connu bâtisseur de l'empire médiatique Québecor. M. Péladeau n'a pas entamé sa première journée à Saint-Jérôme pour devenir député de l'endroit.
Il a plutôt accompagné sa chef à Montarville, dans la couronne sud de Montréal, pour le dévoilement des aspirants députés qui constituent les piliers de l'équipe économique du PQ.
Dimanche, un proche de Mme Marois se frottait les mains de satisfaction devant «l'effet PKP», tiré des initiales de celui dont la candidature a balayé la une de tous les médias. «Ça va irradier partout», avait-il laissé tomber en pensant à la capitale, où le PQ est en butte à des stations radiophoniques hostiles.
Dans un impromptu de presse lundi, Pierre Karl Péladeau n'a pas voulu confirmer sa visite à Québec. «Je veux me faire élire à Saint-Jérôme, a-t-il répondu avec un léger sourire. Je vais commencer par cela. On verra bien, au fur et à mesure.»
Les organisateurs de Mme Marois ont cependant confirmé la présence prochaine dans la capitale de l'influent homme d'affaires. M. Péladeau y jouit d'une grande popularité en raison de ses démarches pour doter la ville d'une équipe de la Ligue nationale de hockey.
Pauline Marois, elle, s'est fait demander si elle croyait avoir résolu avec cette candidature le «mystère Québec» qui fait que sa formation a subi plus que son lot de malheurs dans la région, depuis le référendum de 1995. M. Péladeau vous ralliera-t-il plus d'électeurs dans la capitale?
La première ministre sortante a eu une réponse diplomatique. «C'est toute l'équipe du Parti québécois que nous mettons de l'avant» pour convaincre tous les citoyens du Québec, a-t-elle mentionné. «Nous avons fait beaucoup pour la capitale», a-t-elle avancé. Mme Marois a signalé que la région bat des records en ce qui concerne le faible taux de chômage. Cette situation existe depuis des années.
Autre prise économique
Pauline Marois a profité de son passage en Montérégie pour confirmer la candidature de l'économiste Simon Prévost dans Montarville. La circonscription est actuellement détenue par Nathalie Roy, pour la Coalition avenir Québec.
Si des convictions souverainistes sont prêtées depuis longtemps à Pierre Karl Péladeau, ce n'est pas le cas pour M. Prévost. Il a notamment été vice-président de la branche québécoise de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante, dont le siège social se trouve à Toronto.
Depuis 2009, M. Prévost a présidé aux destinées des Manufacturiers et exportateurs du Québec. À ce titre, il a présenté un mémoire, lors de la commission parlementaire examinant le projet pour renforcer la loi 101. Il a alors plaidé pour que la proposition législative du PQ soit assouplie.
Devant les médias, il s'est défendu d'avoir retourné sa veste sur le sujet. La position qu'il a exprimée était celle de son organisation. Elle ne reflétait pas ses convictions, a-t-il soutenu.
Cinq autres candidats au profil économique ont accompagné Pauline Marois. Deux sont ministres, Élaine Zakaïb et Nicolas Marceau. À titre de titulaire du portefeuille des Finances, ce dernier est l'auteur du budget qui a permis à Pauline Marois de déclencher l'élection.
Pierre Paquette, qui tente de battre le chef caquiste dans L'Assomption, a aussi été présent. M. Paquette, un économiste, a longtemps été député, mais à Ottawa, pour le Bloc québécois.
Le renforcement de la protection des sièges sociaux établis au Québec, déjà annoncé dans le budget, apparaît tout en haut des engagements économiques du PQ. Selon les organisateurs, le Québec abritait 578 sièges sociaux, en 2011, qui employaient 70 000 personnes.