PKP pour Québec?

Des péquistes de Québec proches de Pauline Marois souhaitaient que Pierre Karl Péladeau se présente dans Montmorency.
Ils estimaient que son impact aurait été plus fort à Québec, dans le château fort de la Coalition avenir Québec (CAQ).
Outre l'argument de la «droite économique», ils notent le rôle de M. Péladeau dans l'amphithéâtre et le retour des Nordiques.
L'entourage de M. Péladeau a été informé de ce scénario bien avant que celui-ci annonce sa venue en politique.
Les militants du Parti québécois (PQ) conviennent cependant qu'une candidature dans le 450, c'est «bon aussi».
Leur fébrilité se sentait même à travers la vitre lundi matin, devant le local d'Agnès Maltais, boulevard Charest. Une décharge d'adrénaline.
L'idée d'une candidature à Québec a germé il y a quelques mois, lorsque les signes de sa venue en politique se sont multipliés : départ de la direction de Québecor, nomination à Hydro-Québec puis au groupe sur l'électrification des transports, présence au Conseil des ministres, etc.
La rumeur voulant que le couple Péladeau-Snyder allait acheter une maison à Québec a nourri le scénario.
La circonscription de Montmorency avait été ciblée parce qu'elle était disponible et prenable pour le PQ. Il n'aurait pas été question de déloger Agnès Maltais (Taschereau) ou Pierre Châteauvert (Jean-Lesage). La circonscription de Lévis, détenue par la CAQ, a aussi été évoquée.
Le projet a été refroidi par l'annonce de la séparation du couple Péladeau-Snyder. La logistique devenait compliquée.
Cela n'a pas empêché le PQ de boire le discours de «nationalisme économique» de M. Péladeau devant la Chambre de commerce de Lévis et de rêver.
Ils avaient cependant conclu qu'il n'irait pas en politique. Du moins pas maintenant.
C'est Michel Guimond, ex-député du Bloc, qui a été choisi candidat du PQ dans Montmorency.
À défaut d'un PKP candidat à temps plein, le PQ songeait hier à l'amener faire campagne à Québec, peut-être même dès vendredi.
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Le débat sur l'irruption de PKP dans la campagne s'est engagé sur tous les fronts. Un formidable bordel : éthique, indépendance de la presse, relations de travail, impacts sur les affaires de Québecor ici et au Canada, impacts sur la gauche et la droite politique, sur l'appui à la souveraineté, sur le leadership du PQ, sur le retour des Nordiques.
On peut difficilement imaginer candidature bouleverser autant le paysage et soulever autant de questions. Il en sera ainsi pendant toute la campagne et au-delà.
Le Parti québécois a la tradition des débats internes animés, parfois déchirants, à l'occasion funestes. Rien comparativement à ce qui s'en vient.
Tant que l'espoir d'un gouvernement majoritaire va tenir, le PQ va serrer les rangs derrière M. Péladeau, comme on l'a vu depuis dimanche.
C'est la seule explication possible à la solidarité soudaine (et factice) du turbulent PQ. Si l'espoir de majorité devait fléchir, on reverra sa vraie nature et les langues vont se délier.
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Faut-il en pleurer? C'est le plus anecdotique des débats soulevés par la candidature de M. Péladeau, celui sur le retour des Nordiques, qui semble par moments avoir le plus attiré l'attention.
Presque tout le point de presse du maire Régis Labeaume lundi après-midi. Si ça se trouve, celui-ci a été plus déterminé que l'avait été M. Péladeau lui-même pour convaincre que le projet n'est pas compromis.
C'est de l'«angélisme» de penser le contraire, dit-il. La LNH ne fonctionne pas sur l'émotion, mais sur les perspectives de profits. Le maire a vanté à cet égard «l'équipe formidable» de Québecor et son «trio de choc» pivoté par l'ex-premier ministre Brian Mulroney.
La veille encore, on ignorait que M. Mulroney avait même été repêché pour apprendre le lendemain qu'il était là depuis la première mise au jeu. Le hockey est décidément une religion qui demande des actes de foi.