Pierre Karl Péladeau avait enfilé un chandail des Nordiques lors du passage à Québec du Grand défi Pierre Lavoie en juin 2010.

PKP: ni bon ni mauvais pour le retour des Nordiques

La question est sur toutes les lèvres depuis dimanche dernier. Le saut en politique de Pierre Karl Péladeau rapproche-t-il ou éloigne-t-il le retour des Nordiques à Québec?
Seul le temps éclairera tous ceux qui s'interrogent et veulent savoir. En attendant, les spéculations font jaser. Il faut en prendre et en laisser, mais on ne peut ignorer des faits, des tendances et des situations encore difficiles à cerner ou à expliquer. On constate cependant que le sport n'a jamais occupé autant de place dans une campagne électorale au Québec.
Pierre Karl Péladeau ou Québecor, c'est du pareil au même pour la Ligue nationale. Le candidat péquiste dans Saint-Jérôme ne veut pas céder ses parts dans l'entreprise fondée par son père. Il a simplement confié le dossier des Nordiques à ses hommes de confiance Pierre Dion et Robert Dépatie.
Qu'il parle lui-même au commissaire Gary Bettman ou que d'autres le fassent à sa place, le résultat sera le même. Québecor veut faire revivre les Nordiques. Toutes les parties dans le dossier gardent le silence.
L'ancien premier ministre du Canada Brian Mulroney en mène également large dans la démarche auprès du plus important circuit de hockey au monde. Ce qui fera encore dire à certains observateurs que Pierre Karl Péladeau n'est peut-être pas aussi bienvenu qu'on le prétend dans les cercles de la Ligue nationale.
Les Nordiques sont entrés dans la Ligue nationale, en 1979, pendant le règne du Parti québécois au Québec. Le contexte n'était pas le même qu'aujourd'hui. La LNH absorbait alors quatre équipes d'un circuit qui lui faisait concurrence depuis sept ans. Les Nordiques étaient alors accompagnés de deux autres villes canadiennes et Me Marcel Aubut, un ardent fédéraliste, était à la tête du mouvement de fusion. L'équipe appartenait à une brasserie qui ne prônait sûrement pas l'indépendance du Québec.
Il faudrait être naïf pour croire que tous les dirigeants ou propriétaires d'équipes de la LNH sont insensibles devant des thèmes ou des options politiques. Je «couvrais» les séries éliminatoires de ce circuit lors du référendum de 1980. J'en ai entendu de toutes sortes.
Club privé
La Ligue nationale, c'est un club privé. Elle admet qui elle veut, quand elle le veut. Pas sûr que des propriétaires canadiens ne regardent pas un peu de travers celui qui cogne à la porte depuis plusieurs années. Un propriétaire en devenir qui aspire à séparer le Québec du reste du Canada.
La LNH compte sept équipes canadiennes. Elles rapportent plus que les 23 autres villes américaines. Et personne ne niera l'influence de quelques-unes des formations canadiennes.
Il y a certainement un juste milieu entre l'optimisme du maire Régis Labeaume, qui voit une équipe dans sa ville dès 2015, et les déclarations pessimistes des chefs du Parti libéral du Québec et de la Coalition avenir Québec. J'oserais affirmer que l'entrée en politique de Pierre Karl Péladeau n'est ni bonne ni mauvaise pour le retour des Nordiques.
Le dossier suit son cours normal, mais on ne sait pas à quelle étape il est rendu. Grand Dieu qu'il serait intéressant d'en connaître davantage. Dans un courriel au Soleil, le commissaire adjoint Bill Daly parle de processus de réflexion. Ça veut dire quoi au juste?
Le retour des Nordiques crée tellement d'attentes que le choix des mots devient très important. Si toutes les rumeurs s'étaient concrétisées, ils seraient installés dans le vieux Colisée depuis au moins deux ans. Le printemps s'en vient et d'autres bruits sortiront en même temps que les bourgeons.
Le retour de la LNH à Québec devra obligatoirement passer par une expansion. Ce circuit est présentement en train de consolider les concessions existantes. Le déménagement d'une équipe semble de plus en plus improbable. La manne du nouveau contrat de télévision canadienne revigorera les plus fragiles.
En fin de compte, une équipe d'expansion nécessitera un investissement beaucoup plus élevé que l'achat et le transfert d'une concession existante.