Pierre Karl Péladeau a systématiquement refusé de sortir du thème économique du jour.

Pierre Karl Péladeau muet sur la souveraineté

À sa première sortie dans la région, Pierre Karl Péladeau s'est fait muet sur la souveraineté, les réactions du Canada anglais et ses actifs dans Québecor. Sa chef Pauline Marois a souligné que le 7 avril, les Québécois iront aux urnes pour former un gouvernement, et non pas pour se prononcer sur un référendum.
Le candidat vedette dans Saint-Jérôme, au nord de Montréal, a accompagné Mme Marois à Lévis pour dévoiler les promesses du PQ en matière d'économie et d'entrepreneuriat. La présentation a eu lieu sur la Rive-Sud où les souverainistes ont perdu tous leurs combats électoraux depuis le début des années 2000.
Le magnat de la presse n'a répondu à aucune question sortant du thème de la journée. Lorsque l'actionnaire de contrôle de Québecor a été tenté de le faire, Pauline Marois s'est interposée pour l'empêcher de prendre la parole, comme on peut le voir dans la vidéo qui suit cet article.
La leader de la formation souverainiste a été appelée à réagir à la manchette d'un magazine anglophone qui demande si l'homme d'affaires Péladeau sera celui qui «brisera le Canada». Prudente, Mme Marois s'est contentée de rétorquer que «je ne suis pas inquiète des inquiétudes des autres Canadiens».
Pierre Karl Péladeau a fait son entrée dans la campagne par une spectaculaire profession de foi indépendantiste. La première ministre sortante refuse de croire que cela pourra lui nuire en faisant dévier sa campagne sur ce thème.
«Nous sommes en campagne électorale», a-t-elle scandé, en détachant chaque syllabe. «Nous ne sommes pas en campagne référendaire.»
«Lorsque les Québécois iront aux urnes, ce sera pour élire un gouvernement.» Elle a pour la énième fois évité de dire si, au pouvoir, un plébiscite sera tenu pendant un prochain mandat.
Pauline Marois a laissé entendre qu'elle n'a aucun doute que M. Péladeau pourra continuer de détenir ses actions dans Québecor, à la condition qu'il les place dans une fiducie sans droit de regard.
Elle ne voit pas pourquoi le gouvernement, dont ferait partie le dirigeant de l'empire médiatique, ne pourrait pas continuer à accorder des millions de dollars en contrats à la firme Nurun, filiale de Québecor. L'octroi des ententes est régi par un processus administratif, a-t-elle tranché. Elle a poussé du bras M. Péladeau sur la tribune pour fournir la réponse aux médias.
Pierre Karl Péladeau s'est borné à vanter les engagements de sa formation, rendus publics. Il a insisté sur l'importance de mécanismes pour assurer que le contrôle des entreprises québécoises puisse être transmis à une relève d'ici.
Pour raviver le goût de l'entrepreneuriat, il s'est montré nostalgique «de la grande époque des REA», les Régimes d'épargne actions, inventés sous Jacques Parizeau, alors ministre de René Lévesque.
<p>Pauline Marois a pris la parole devant quelque 200 militants réunis au Centre des Congrès de Lévis, jeudi soir.</p>
<p>Le candidat péquiste Pierre Karl Péladeau a pris un bain de foule lors du rassemblement partisan tenu au Centre des Congrès de Lévis, jeudi soir.</p>
La constitution et les référendums, l'obsession de Couillard
En soirée, devant environ 200 militants au Centre des Congrès de Lévis, Pauline Marois a soutenu que ce n'est pas elle, mais bien son adversaire libéral Philippe Couillard qui est obsédé par la Constitution et les référendums» alors «qu'il nous a répété pendant des mois qu'il voulait faire campagne sur l'économie».
Même devant une foule partisane, la chef de la formation politique, dont le but premier est de faire l'indépendance du Québec, a continué d'être évasive sur la tenue d'un plébiscite. «Il y aura un référendum lorsque les Québécois seront rendus là. Quand nous y serons, a-t-elle ajouté, ce n'est pas le Parti québécois, ce n'est pas Pauline Marois, ce sont les Québécois qui décideront.»