L'ex-ministre péquiste Jean Garon estime que Pierre Karl Péladeau «apporte une crédibilité au PQ» et qu'il saura «regrouper les milieux» sous la bannière souverainiste.

Pierre Karl Péladeau: «l'homme de la situation» selon Jean Garon

L'ex-ministre péquiste et cofondateur du Parti québécois (PQ) Jean Garon est convaincu qu'à l'image de René Lévesque, Pierre Karl Péladeau saura rallier les forces souverainistes nécessaires afin de faire du Québec un pays.
«Je pense que M. Péladeau, à 52 ans, c'est un jeune homme qui a une expérience importante dans les affaires et qui apporte une crédibilité au PQ. À mon avis, il va être rapidement l'homme de la situation pour jouer un rôle afin de regrouper les milieux», affirme M. Garon, qui est l'une des 12 personnalités souverainistes ayant signé cette semaine une lettre d'appui à la candidature de l'homme d'affaires dans Saint-Jérôme.
À la sortie de son livre Pour tout vous dire il y a près d'un an, celui qui a contribué à la fondation du PQ avait confié au Soleil avoir des doutes que Pauline Marois soit celle qui réussirait à unifier les partisans d'un Québec indépendant. Selon lui, cette unité est une condition essentielle pour obtenir un appui majoritaire des Québécois au Oui lors d'un référendum.
M. Garon se dit ainsi d'accord avec l'ex-premier ministre Bernard Landry, qui a soutenu sur toutes les tribunes dans les derniers jours que l'indépendance se fait par une coalition arc-en-ciel et qu'elle ne devait pas être à gauche ou à droite. «Je suis un de ceux qui est allé voir René Lévesque pour lui dire qu'il était l'homme qu'il fallait pour réunir les forces indépendantistes», rappelle celui qui a été ministre de l'Agriculture dans le premier gouvernement péquiste.
L'indépendance en premier
Il juge que la venue de Pierre Karl Péladeau au sein du PQ lui permettra de revenir à cette vision. Mais cette fois, plutôt que le Mouvement Souveraineté-Association et le Ralliement national, c'est Québec solidaire et Option nationale qui doivent se ranger derrière la formation de Pauline Marois. Puisque pour Jean Garon, il est clair qu'un seul parti doit porter le projet. «Réglons d'abord la question de l'indépendance et après on fera les autres batailles. C'est évident que l'égalité homme-femme, ça va être dans la constitution», illustre-t-il.
Si M. Péladeau est l'ingrédient qui manquait, la première ministre sortante doit-elle laisser la place au nouveau venu en politique? «L'avenir nous le dira», répond M. Garon après un long silence. Il s'empresse d'ajouter que M. Péladeau n'est pas candidat à la direction, mais bien pour devenir député. «Il faut voir les choses une à la fois», soutient celui qui n'a jamais caché ses nombreux désaccords à l'égard de Lucien Bouchard, qui l'a mis à la porte du Conseil des ministres.
Il n'est pas tendre non plus lorsqu'il évoque le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, qui est un opportuniste de la pire espèce, selon lui. Il juge d'ailleurs que les jours du parti sont comptés puisque «la CAQ, c'était temporaire». «Ça va revenir à une opposition entre fédéralistes et indépendantistes», calcule-t-il. Dans la région de Québec, M. Garon reconnaît cependant que certains députés caquistes pourraient être réélus en raison de leur personnalité, mais il croit que Pierre Karl Péladeau aura une influence sur le vote «puisque c'est quelqu'un de bien vu».
S'il estime que les gens de Québec boudent le Parti québécois depuis qu'il a fusionné les municipalités, celui qui a été maire de Lévis n'y voit pas une fatalité. «Je pense que l'indépendance, avec l'objectif de faire de Québec la capitale nationale d'un pays, je pense que ça peut revenir», analyse celui qui ne s'avance cependant pas sur le nombre de sièges que le PQ pourrait ravir dans la région.